‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 100 sur 230 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

proportion, elle contre-balance si bien les forces centrifuges des planètes, et produit justement Teffet du mouvement elliptique que Kepler avait deviné et vérifié par les observations, je ne puis guère douter que ces hypothèses touchant la pesanteur ne soient vraies, ni que le système de M. Newton, autant quMI est fondé là-dessus, ne le soit de même : qui doit paraître d'autant plus probable, qu'on y trouve la solution de plusieurs difficultés qui faisaient de la peine dans les tourbillons supposés de M. Descartes. On voit maintenant comment les excentricités des planètes peuvent demeurer constamment les mêmes ; pourquoi les plans de leurs orbites ne s'unissent point, mais gardent leurs différentes inclinaisons à l'égard du plan de Técliptique, et pourquoi les plans de tous ces orbes passent nécessairement par le soleil. Comment les mouvements des planètes peuvent s'accélérer et se ralentir par les degrés qu'on y observe; qui malaisément pouvaient être tels, si elles nageaient dans un tourbillon autour du soleil. On y voit enfin comment les comètes peuvent traverser notre système. Car depuis qu'on sait qu'elles entrent souvent dans la région des planètes, on avait de la peine à concevoir comment elles pouvaient quelquefois aller d'un mouvement contraire à celui du tourbillon, qui avait assez de force pour emporter les planètes. Mais, par la doctrine de M. Newton, ce scrupule est encore ôté, puisque rien n'y empêche que les comètes ne parcourent des chemins elliptiques autour du soleil, comme les planètes, mais des chemins plus étendus, et de figure plus diffé-

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rente de la circulaire ; et qu'ainsi ces corps n'uent leurs retours périodiques, comme quelques philosophes et astronomes anciens et modernes se l'étaient ima*

giné (1). 2>

Huyghens soulève encore ces difficultés des tourbillons, c Si la gravité des corps qui tombent était due à la force centrifuge, c on devrait conclure : l"" que ceux « qui contiennent le moins de matière sont ceux qui c pèsent le plus (2), » comme dans Teau les corps qui montent, font d'autant plus d'efforts qu'ils sont plus denses; S'^que pour déterminer en général leur chute ou les rendre pesants, il faudrait que le tourbillon tournât au moins dix-sept fois plus vite que la terre, puisque, sous l'équateur, l'effet de la pesanteur surpasse dix-sept fois celui de la force centrifuge (â). » Or, c cette rapic dite d'une matière qui se mouvrait continuellem^t et c toute d'un même côté, se ferait sentir, et elle emporc terait avec elle les corps qui sont sur la terre (&) ; c â"" qu'en outre, ce mouvement circulaire, autour de c l'axe de la terre, ne pourrait en tous cas chasser les c corps qu'il n'entraînerait pas, que vers ce même c axe : » triple conséquence démentie par l'expérience (5).

£n 4669, année où Huyghens écrivit la promit partie de son discours de la cause de la pesanteur, il

(1) Diicourê de la eauH de la pesanteur, p. 160. Leyde, 1690. (t) IM., p. \9S.

(3) iUd., p. iU.

(4) /Wd., p. 134.

(5) iM., p. 134.

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