DEUXIÈME PARTIE. S
gères k notre système. Laplace, qui anathématise les hypothèses dans Descartes, Leibnitz et Malebranche (1), montre, par son exemple, qu'il est plus aisé de déclamer contre, que d'en faire qui se soutiennent et qui offrent Tapparence de la vérité. Au reste, dans la dernière édition du Système du mondes il a supprimé la preuve tirée de la mécanique céleste, et même les phrases où il dit que Tattraction explique tous les mouvements de l'univers. Il a de plus rejeté son hypothèse en note, au lieu de Tinsérer dans le texte.
Malgré leurs vices manifestes, les tourbillons furent accueillis dès le principe avec transport; ils virent le petit nombre de leurs adversaires rapidement disparaître, et ils régnaient sans contestation, non qu'ils satisfissent tous les esprits, mais parce que ceux qui n'en étaient pas contents ne voyaient rien de mieux pour les remplacer. Aussitôt que les Principes mathématiques de laphitasophie naturelle et Y Essai sur 4es causes des mouvements célestes ont paru, l'opposition éclate. Les tourbillons sont sommés d'expliquer ceux des phénomènes quMIs heurtent plus ou moins violemment, et de se plier aux lois de Kepler, avec lesquelles Newton prétend dé* montrer leur incompatibilité. Clairaut remarque qu'il a écrit le second livre contre Descartes, quoiqu'il ne l'attaque directement qu'à la fin (2). On sait que ce livre roule sur les fluides. Si l'attraction ne rendait pas raison
(1) Sy9t. du Monde, t. H, ch. v.
(9) Abrégé de9prinelpe$ nmlh, de lapML natureUe, trt. 16.
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de rincUnaison des oii)e8 planétaires, ni de leur ellipticité, elle n*y était pas, du moins, contraire.
Huygbens engage Faction. • Je n^aî rien, dit-il, contre la vis centripeta^ comme M. Newton l'appelle, par laquelle il fait peser les planètes vers le soleil, et la lune vers la terre, mais f en demeure d'accord sans difficulté, parce que non-seulement on sait par expérience quMl y a une telle manière d'attraction ou d'impulsion dan s la nature, mais qu'aussi elle s'explique par les lois du mouvement^ comme on a vu par ce que j'ai écrit ci-dessus de la pesanteur. Car rien n'empêche que la cause de cette vis centripeta vers le soleil, ne soit semblable à celle qui pousse les corps qu'on appelle pesants, à descendre vers la terre. Il y avait longtemps que je m'étais imaginé que la figure sphérique du soleil pouvait être produite de même que celle qui, selon moi, produit la sphéricité de la terre ; mais je n'avais point étendu l'action de la pesanteur à de si grandes distances, comme du soleil aux planètes, ni de la terre à la lune, parce que les tourbillons de M. Descartes, qui m'avaient aufarefois paru fort vraisemblables, et que j'avais encore dans l'esprit, venaient à la traverse. Je n'avais pas pensé non plus à celte diminution réglée de la pesanteur, savoir qu'elle est en raison réciproque des carrés des distances au centre, qui est une nouvelle et fort reniiarquable propriété de la pesanteur, dont il vaut bien la peine de chercher la raison. Mais voyant maintenant, par les démons* trations de M. Newton, qu'en supposant une telle pesan* teur vers le soleil, et qui diminue suivant ladite