‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 102 sur 230 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Ce qui T avait d'abord empêché d*étradre aux astres la pesanteur des corps sur la terre, c'est, nous a-t-il dit en jugeant le livre des Principes^ que les tourbillons de Descartes venaient à la traverse. Là^lessus Delambre s'applaudit de la sagacité avec laquelle il a découvert que les chimères de Descartes n'ont fait que nuire aux progrès de l'astronomie physique (1). Il semble néanmoins que les tourbillons, loin d'arrêter la pensée de Huyghens à la surface de notre globe, devaient l'élever à la lune, qu'ils poussent vers la terre, aux planètes, qu'ils poussent vers le soleil, à tous les satellites, qu'ils poussait vers leurs planètes, p^ la même force centrifuge qu'ils produisent la chute des corps ici-bas. Son hypothèse, conciliable avec l'inclinaison des orbites, l'ellipticité, l'excentricité et les autres phénomènes célestes que choquent les tourbillons, s'offre, je le veux, libre des inconvénients attachés à ceux-ci ; mais elle en a deux plus grands, l'arbitraire et l'impossibilité. A quelle cause naturelle rapporter les mouvements de cette infinité de surfaces ou couches sphériques qui tournent à la fois dans une infinité de sens? Visiblement elles ne le font et ne peuvent le faire que parce qu'il plait à l'auteur. Il est ridicule d'en donner pour preuve les agitations circulaires d'une goutte de suif suspendue à la pointe des mouchettes, qu'on approche de la flamme (2), et autres exemples aussi concluants ; il l'est encore davantage de dire, en parlant des tourbillons : « Toute cette explica-

(i) HUU de VÀtironomU moderne, t. Il, p. 560. (S) DUc. de la pesant., p. 135.

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tion chimérique de Torigine des comètes, des planètes et du monde, est appuyée chez Descartes sur des raisons si légères, que je me suis étonné souvent qu*il ait pu con. sacrer tant de peine à ajuster ensemble de pareilles fictions (1). » Au moins, cette explication chimérique chez Descartes, enferme une conception puissante et féconde. Huyghens fut plus heureux lorsque, pour expliquer la lumière, il transforma en vibrations ou ondes les simples pressions de Descartes.

Les nouvelles conjectures sur la pesanteur de Yarignon, qui TexpUque par des colonnes d'air animées en tous sens de mouvements quelconques rectilignes ou curvilignes, semblent inspirées par le discours de Huyghens, quoique publiées la même année, et peut-être avant. Yarignon a pu en avoir connaissance, la partie de ce discours, où Huyghens expose sa manière d'entendre la gravitation, ayant été insérée depuis longtemps dans les registres de T Académie des Sciences. Au surplus, ces nouvelles conjectures sont trop insignifiantes pour mériter qu'on s'y arrête.

Bûiffinger (2) réduit l'hypothèse de Huyghens à deux

(1) i Toia de cometarum atqae etiim pUnetarum et mundi origine commentatio, apud carteaum tam leribus rationibus ccmtexta est, ot sspe mirer tantin opene in talibns ooncinnandls flgmentiseum impendere potuisse. • Cêsmotiuont, p. 143.

(2) f Quid si duplex rotatio eodem tempore fieret drca axes dnos, ad se invioem perpendicolares, altenim horixontakm, altemm vertiealem? Certam est, per actio* nem uniiis Tortieis pdH corpnsciila cedentia ad axem horizontalem, per acIioDein atterins pelli ad verticalem. » De eau$a ffravitatU pki/slea ditqmsUio experimen' ialiê^ 17S8, p. 13, art 9%. Recueil des pièces qui ont remporté les prix do PAcademie des Sdenoes, t. II.

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