DEUXIÈME PARTIE
composés serait en raison inverse des cubes, et non des carrés des distances. Je ne vois pas qu'on ait répondu à cela, surtout dans la supposition de la gravité inhérente à la matière, qui est celle que je combats uniquement (1). » La réponse n'est pourtant pas fort difficile, et Ton s'étonne que Montucla ne croie pouvoir la trouver que dans « la volonté immédiate du Créateur (2) . »
La loi de l'attraction renferme deux parties, l'une relative à la masse et l'autre à la distance. Chacune d'elle a son fondement propre, et l'on ne peut conclure de la première à la seconde. C'est néanmoins ce que font Bernoulli et Gerdil, et l'on est tout surpris de les voir proposer, avec une sorte de solennité, une objection qui s'évanouit devant une distinction aussi simple. Qu'importe que le corps attirant et le corps attiré soient solides, que les solides soient comme les. cubes, et que les rayons de l'attraction pénètrent l'intérieur de ces solides? L'intensité réciproque au carré de la distance, qui est celle de toutes les émanations d'un centre, en est complètement indépendante. Cela ne peut affecter que l'intensité qui provient de la masse. Quoi qu'en dise Montucla, l'attraction doit être considérée par sa nature comme émanation d'un centre, puisqu'elle vient de l'activité de chaque point matériel et qu'elle se manifeste dans tous les sens.
Voilà comment, de l'âme du monde et de l'âme de chaque corps, nous avons été conduits, par les tourbillons,
(1) Dissert, sur V attraction, p. 127, année 1752. {% Ilist» det malhém^y (. 11, p. 611.
à l'activité de la matière, à Tattraclion qui en naît, au calcul de Tattraction dans les phénomènes célestes et à leur explication mathématique.
L'effet de la pesanteur de Tair dans les pompes et dans d'autres phénomènes analogues, tient tellement à l'essence des tourbillons, que ce serait un prodige que Descartes l'eût ignoré. Pour l'ordinaire cependant, la découverte en est attribuée à Torricelli, et surtout à Pascal, à cause du retentissement qu'il sut donner à l'expérience du Puy-de-Dôme. Bossu t ne nomme pas même Descartes sur cette matière, dans son histoire des mathématiques (1). S'il parle de lui dans son discours sur la vie et les ouvrages de Pascal, c'est pour chercher à justifier celui-ci d'avoir méprisé la réclamation suivante de Descartes ou de n'y avoir fait aucune réponse, c Je me promets que vous n'aurez pas désagréable, écrit-il à Carcavi, que je vous prie de m' apprendre le succès d'une expérience qu'on m'a dit que M. Pascal avait faite ou fait faire sur les montagnes d'Auvergne, pour savoir si le vifargent monte plus haut dans le tuyau étant au pied de la montagne, et de combien il monte plus haut qu'au-dessus. J'aurais droit d'attendre cela de lui plutôt que de vous, parce que c'est moi qui l'ai avisé, il y a deux ans, de faire cette expérience, et qui l'ai assuré que, bien que je ne l'eusse pas faite^ je ne doutais point du succès. Mais, parce qu'il est ami de M. R***, qui fait profession de n'être pas le mien, et que j'ai déjà vu qu*il a tâché d'at-
d) Hist, des mathém.f t. II, p. 341.