‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 118 sur 230 · DEUXIÈME Partie · texte numérisé non relu

DEUXIÈME Partie

Mais les dénominateurs sont égaux, puisque ce sont les rayons du niême cercle. Ainsi My=N {h — y); donc y : h — y : : N : M. Leibnitz, qui ne publia son calcul différentiel que deux ans après, 168/i, n'exécute point l'opération, il donne seulement le résultat. «On voit la chose, dit-il, au premier coup d'œil et presque sans aucun calcul, par ma méthode des maxima et des minima^ qui, plus que toutes les autres connues jusqu'à ce jour, abrège merveilleusement (1).» Il a bien raison. H uyghens et Newton prouvent la loi de la réfraction, Tun par les ondulations de Téther, Tautrc par Pattraction, ou plutôt par rimpulsion, qu'il donne pour cause à Tattraction. Ces moyens sont aujourd'hui trop connus pour que nous en parlions.

Fermât et Huyghens supposent naturellement que la lumière se propage moins vile dans le milieu le plus dense ; Descartes, Leibnitz et Newton, qu'elle s'y propage plus vite. La raison de Descartes, c'est .que les corps les plus denses ayant ordinairement leurs parties plus dures, elles amortissent moins la pression de la matière subtile, de même qu'une balle roule plus aisément sur une table nue que sur un tapis (2). La lumière, selon Leibnitz, pénètre moins intimement les corps denses, c'est-à-dire qu'elle pénètre en eux de moins petites parties, et par conséquent un moins grand nombre de leurs

(1) Ex mea methodo de fHaxknis et minimis, quae soper omnes haclenus notas cakatuni mirifice cootrahit, primo statim obtutu, sine allô properoodum catculo paiei. 9 Ibid.,p, U$,

<2) Œuv.ji.W p. Î7.

parties ; d'où il suit qu'elle agit contre chacune avec plus de force et se transmet avec plus de vitesse (1). Newton l'attribue à ce que l'éther est plus rare dans les milieux les plus denses (2). En se plaçant dans son système, cette explication est plus plausible, quoiqu'elle soit aussi peu fondée.

En 1663, Vossius accuse Descartes d'avoir pris de Snellius ou Snell la loi de la réfraction, ce La mesure de Descartes, dit-il, ne diffère point de celle qu'adoptenty en général, les opticiens, mais sa manière de la démontrer n'est pas la même. Il est assez connu que, dans son séjour en Hollande, il entendit parler de la méthode de Snell pour mesurer les réfractions, d'autant que déjà plusieurs personnes la connaissaient assez, et que Hortensius l'avait exposée en public et en particulier. Donc, en avançant que les différentes réfractions ne doivent point être mesurées par les angles, mais par les lignes, il aurait dû présenter cette vérité comme reçue de Snell, dont, suivant son habitude, il passe le nom sous silence (S).»

Yossius dit avoir vu le livre manuscrit de Snell, où était consignée cette loi : a Parmi plusieurs autres mo-

(i) Op., t. m, p. 149.

(2) Opt.j qifest. 19, 20.

(3) < Mensura porro Carlesii non discrepat a communi opticonim mensura, sed demonstrationis ratio diversa est. Postquam quippe in Hollendiam irenit. satis liqaet et ipsum quoque noa nihil intelleiisse de Snellii methodo ad mensuraodas refractiones, ulpote quam moUi satis norant, quaroque Horlensius et pohiice et prîvatini exposoerat. Quod itaque liabel refractionum momeBU non exifuidaesse ad angttlos, sed ad lineas, istnd Snellio acceptum ferre debuerat, cujus nomen nore solito dissimulait. » Reapomioad ol^eda Joh, de Bruyn.^ p. 32.

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