‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 124 sur 230 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

ensuite après une ou plusieurs réflections. Ce calcul lui fait voir que, de tous les rayons qui peuvent ainsi tomber sur cette goutte, il n'y a que ceux qui y pénètrent sous un certain angle qui puissent revenir au spectateur sans s'écarter les uns des autres, et par conséquent sans s'affaiblir. Par là il reconnaît généralement les véritables circonstances dans lesquelles le phénomène de Tare-enciel peut se produire, et elles sont conformes à l'observation. Il restait à assigner la cause des couleurs. Descartes, sans la connaître, la ramène avec beaucoup de sagacité à un autre phénomène plus simple, celui de la décomposition de la lumière par le prisme, et il montre que la partie de la goutte d'eau dans laquelle la lumière se réfracte doit disperser de la lumière, comme le ferait un prisme d'eau à faces planes, dont l'angle réfringent serait égal à celui que forment entre eux les plans tangents de la goutte aux points où les rayons entrent et sortent. Il confirme cette théorie par une expérience trèsdétaillée* > Ici M. Biot rapporte celte expérience, qu'on peut voir dans le cinquième volume, p. 266, des œuvres de Descartes.

« C'est alors, poursuit-il, que Descartes compare la dispersion produite par la goutte d'eau à celle que produit un prisme à faces planes. Yoilà la véritable physique mathématique, celle qui ramène les faits à d'autres faits par le calcul, indépendamment de toute hypothèse, et qui les rattache ainsi les uns les autres par des nœuds ndissolubles. 11 ne manquait à celte théorie, pour la rendre complète, que la connaissance de l'inégale réfran

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gibilité de la lumière, et la mesure de cette inégalité dans les différents rayons simples, pour pouvoir calculer les incidences précises où ils sortent parallèles, et en dé^ duire les diamètres intérieurs et extérieurs des arcs. Çest ce qu'a fait Newton ; et cette addition est sans doute un des plus beaux résultats de la physique mathématique. Mais il faut remarquer, & Tavantage de Descartes, que son travail n'a reçu aucune atteinte d'une découverte aussi imprévue (1). » Que pourrions- nous ajouter à cette justification?

Nous voilà conduits & la décomposition de la lumière* Nous nous y arrêterons peu. C'est un résultat empirique qui n'a point éprouvé, ni ne souffre point contradiction. Descartes y touche de si près, qu'on conçoit à peine qu'il lui ait échappé. cMe souvenant, dit-il, qu'un prisme ou triangle de cristal fait voir de semblables couleurs, j'en ai considéré un qui était tel qu'est ici MNP, dont les deux superficies, MN et NP, sont toutes plates et inclinées l'une sur l'autre, selon un angle d'environ 30 ou ko degrés, en sorte que si les rayons du soleil traversent MN à angles droits, ou presque droits» et ainsi n'y souffrent aucune sensible réfraction, ils en doivent souffrir une assez grande en sortant par NP. Et couvrant l'une de ces superficies d'un corps obscur dans lequel il y avait une ouverture assez étroite, comme DE, j'ai observé que les rayons passant par cette ouverture, et de là s' allant rendre sur un linge ou papier blanc FGH, y peignent

(\) Traité de phyniquf, t. III. p. 468.

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