‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 123 sur 230 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

reconnu les deux réfractions et la réflectîon qui sont nécessaires pour la produire, on serait encore dans Terreur si Ton pensait qu'il en eût donné Texplicatioh complète. Il y a encore diverses observations à faire pour en rendre parfaitement raison. G*estce que fit dans la suite Descartes, en examinant de plus près la route des petits faisceaux de lumière qui pénètrent la goutte, et surtout en déterminant quel était celui qui avait seul les conditions nécessaires pour pouvoir porter à Tœil du spectateur une impression sensible. On doit dire enfin que cette explication n*a reçu sa dernière perfection que de la découverte de la différente réfrangibilité de la lumière.

« Mais si Marc-Antoine de Dominis a fait un pas vers Texplication de Farc-en-ciel intérieur, il s'en faut beaucoup quMl mérite le même éloge pour son explication de i'arc-en-ciel extérieur. Il manque ici tout à fait le vrai chemin. Il ne soupçonna pas un mot de la double réflectîon que souffre dans la goutte le rayon solaire produisant le second iris. Descartes est incontestablement le premier qui en ait fait la découverte; et Newton, qui après lui avoir attribué, dans ses Lectiones opticœ^ les deux explications, se borne, dans son Optique^ à lui faire honneur d^avoir rectifié la seconde, avait été induit en erreur. Nous osons inviter ceux qui en douteraient à lire Touvrage du prélat italien ; et s'ils ne peuvent le faire à cause de la rareté de cet cyivrage, ils peuvent recourir aux notes du P. Boscovich, sur le charmant poëme De Iride, du P. Nocéti, son confrère. Ils y verront le savant jésuite^ qui n'était ni Français, ni Anglais^ prendre la

défense de Descartes contre ses détracteurs et montrer clairement, par le développement de Texplication que de Dominis donne de Tare- en-ciel extérieur, qtfil ne soupçonna jamais la vraie, qu'il erra même, ou ne dit que des choses vagues et insignifiantes sur plusieurs points de rintcriéur. Enfin le P. Boscovich porte sur la physique qui règne en général dans cet ouvrage, un jugement tout au moins aussi sévère que le mien, puisqu'il le termine par appeler de Dominis, hominem oplicarum rerum^ supra idquod eapaterelurœtas^ imperiiissimum (1). »

Tout enthousiaste qu'il est de Newton, M. Biot repousse aussi l'accusation intentée par lui à Descartes, et venge dignement celui-ci. a Probablement, dit-il, Newton n'avait pas lu par lui-même l'ouvrage de de Dominis; car il aurait vu que ce prélat, après avoir vaguement conçu que l'arc-en-ciel pouvait être produit par réfraction dans les gouttes d'eau, n'a point cherché à confirmer cette idée par les expériences dont parle Newton, et la manière dont il expose la formation de ce météore n'a aucun rapport avec la vérité. C'est réellement à Descartes, et à Descartes seul, que ces expériences appartiennent. Ce philosophe a fait pour la véritable théorie de l'arc-en-ciel tout ce qui était possible à une époque où l'inégale réfrangibilité des rayons de la lumière n'était pas connue. En effet, il détermine d'abord, au moyen du calcul numérique, la marche des rayons lumi* neux qui pénètrent dans une goutte d'eau, et en sortent

1) ///«/. (/m math., l. I, I». 702.

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