‹ Le cartésianisme; ou, La véritable rénovation des sciences. Ouvrage couronné par l'Institut. Suivi de la Théorie de la substance et de celle de l'infiniChapitre 183 sur 230 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

impressions du mouvement eussent eu certaines déterminations et certaine quantité de force que Dieu seul connaît (i). »

Comme pour Malebranche, ce fut pour Leibnitz une des grandes affaires de sa vie de combattre cette doctrine de Descartes, et de relever la sagesse de Dieu dans Tunivers. t 11 faut que la cause du monde, dit-il, son intelligente; car ce monde qui existe étant contingents et une infinité d^autres mondes étant également possibles et également prétendants à Texistence, pour ainsi dire, aussi bien que lui, il faut que la cause du monde ait eu égard ou relation à tous ces mondes possibles pour en déterminer un. Et cet égard ou rapport d'une substance existante à de simples possibilités ne peut être autre chose que Y entendement qui en a les idées ; et en déterminer une ne peut être autre chose que Pacte de la volonté qui choisit. Et c'est la puissance de cette substance, qui en rend la volonté efficace. La puissance va à Vétrej la sagesse ou l'entendement au vrai^ et la volonté au biefi. Et cette cause intelligente doit être infinie de toutes les manières, et absolument parfaite en puissance^ en sagesse et en bonté j puisqu'elle va à tout ce qui est possible (2). >

<x C'est l'unité ou monade primitive, la substance simple, féconde, qui a produit toutes les autres. L'influence d'une monade créée sur une monade créée n'est qu'idéale, et ne peut avoir d'effet que par l'intervention de

(1) Méd., vil, 9.

(2) Théod.y art. 7

IS4 LE GARTËSIANISME.

Dieu, en tant que, dans les idées de Dieu, une monade demande avec raison que Dieu, combinant toutes les autres monades dans Torigine des choses, tienne compte d'elle. Cette adaptation de toutes à chacune d'entre elles, et de chacune d'entre elles à toutes, fait que chaque substance simple a des rapports qui expriment toutes les autres, et devient par conséquent un miroir vivant et perpétuel de l'univers. Or, comme la même ville, aperçue de différents lieux, ne paraît pas la même, et se multiplie, pour ainsi dire, avec les différents points de vue, il arrive aussi qu'à cause de la multitude infinie des substances simples, il existe en quelque manière autant d'univers différents qui ne sont pourtant que des représentations scénographiques du même univers, suivant les différents points de vue de chaque monade. Quoique chaque monade créée représente tout l'univers, elle représente cependant beaucoup plus distinctement le corps auquel elle est unie d'une façon particulière, et dont elle est l'âme; et parce que ce corps représente tout l'univers par la connexion qu'ont entre elles toutes les parties de la matière dans le plein, Tàme représente aussi tout l'univers, en représentant le corps auquel elle tient d'une manière spéciale. Le corps, toujours organique, est une espèce de machine divine ou d'automate naturel, qui surpasse d'une infinité de manières les automates artificiels; parce qu'une machiDe faite par l'art des hommes n'est pas machine dans chacune de ses parties : par exemple, les dents d'une roue ont des parties ou des morceaux qui ne sont point l'ouvrage

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