AILE INTERNE DE L APOPHYSE PTÉRYGOIDE
On allègue en général que l’aile interne ne se forme pas dans du cartilage1 *. M. Kolliker se trouve embarrassé par rapport à la position de l’apophyse ptérygoide. En 1847*, il comprend le «Pterygoidea oder Processus pterygoidei» parmi les os formés entre des membranes ; dans son ouvrage3 de 1850, pag. 345, tout le sphénoïde, à l’exception de la lame externe de l’apophyse ptérygoide, appartient aux os qui s’ossifient dans le cartilage primordial; mais plus loin, pag- 373, la lame interne de cette apophyse est comptée parmi les os qui s’ossifient entre des membranes, «wie es scheint», indications qui sont répétées en 1867. Dans son dernier ouvrage4, M. Kolliker indique comme appartenant au cartilage primordial «zwei Knochenkerne in der Ala magna, welche auch die Lamina externa processus pterygoidei liefern, endlich zwei Ossificationspunkte an der Stelle der nicht knorpelig vorgebildeten inneren Lamelle der Flügelfortsâtze». Il faut citer ici une observation remarquable de M. Virchow5, qui, chez un fœtus de 19e111 de longueur, chez lequel l’aile externe était ossifiée, a trouvé à la place de l'aile interne une masse relativement
1 T. H. Huxley (éléments 1864, Pag. 159) dit que l’aile interne, même avant la naissance, est unie
à l’aile externe, la dernière n’étant qu’une apophyse de l’alisphénoïde, qui appartient au cartilage primordial; néanmoins il ajoute qu’aucun de ces os ne se forme dans le cartilage (cfr. Pag. 126).
3 A. Kolliker, Berichte von der koniglichen zootomischen Anstalt zu Würzberg; zweiter Bericht für das Schuljahr 1847 — 48, 1849, Pag. 43.
3 A. Kolliker, mikroskopische Anatomie oder Gewebelehre des Menschen 1850, 2, I. Gewebelehre 1867, Pag. 208 et 227.
1 A. Kolliker, Entwicklungsgeschichte 1879, Pag. 452, cfr. aussi Pag. 453 et 474.
s R. Virchow, Schadelgrund 1857, Pag. 18.
molle, ayant sous le microscope l’apparence de cartilage; seulement les cellules rondes étaint placées dans une substance fondamentale un peu opaque et assez facile à distinguer du tissu conjonctif environnant.
Il n’y a pas le moindre doute que l'aile interne de l’apophyse ptérygoïde ne fasse partie du cartilage primordial du crâne. Le fondement cartilagineux, comparé à l’os parfaitement formé chez l’adulte, a une plus grande étendue que le cartilage de l’aile externe et se prolonge plus loin vers le bas. Le cartilage commence à la face externe du bourgeon ovale que l’apophyse alaire porte à sa surface inférieure; de là descend un cartilage cylindrique qui se termine en bas par une surface arrondie. .Dans cette partie cartilagineuse il se forme deux points d'ossification avec tous les caractères d’une calcification cartilagineuse antérieure.
Le cartilage s’ossifie aussi tôt dans l’aile interne que dans F externe1. Chez les fœtus de deux mois et demi, on trouve une ossification de iram 5 de longueur; chez un fœtus de trois mois elle avait 2mra, et, après qu’on l’avait dissoute dans l’acide chlorhydrique, il restait les grandes cellules cartilagineuses primitives à gros noyau. L’ossification aboutit en haut graduellement à la face postérieure du bourgeon rond de la surface inférieure de l’apophyse alaire, et, chez les fœtus de trois mois et demi, se termine en bas en un petit bouton, dans lequel apparaissait, chez les fœtus de trois à quatre mois, une ossification isolée de omm, 5 de diamètre. C’est cette ossification qui devient le crochet de l’aile interne (hamulus pterygoideus). L’ossification de l’aile interne prend la forme d’une pyramide comprimée tournant la base en haut, et s’accroît lentement; elle avait une longueur de 3mm chez un fœtus de 'cinq mois et, traitée par l’acide chlorhydrique, contenait seulement des cellules cartilagineuses calcifiées. Après le même traitement, on a trouvé de véritables corpuscules osseux, conjointement avec des cellules cartilagineuses calcifiées, chez un fœtus un peu plus grand mais du même âge. Le petit point d’ossification du crochet ne contenait, chez un fœtus de cinq mois, que des cellules cartilagineuses calcifiées; chez un fœtus de cinq mois et demi, où il avait une grandeur de imm, il contenait, dans une lamelle mince, des corpuscules osseux qui se dissolvaient dans l'acide chlorhydrique en laissant les ostéoblastes. Chez les fœtus de sept mois et de sept mois et demi, cette petite ossification, qui n’avait alors qu’une grandeur de imm 5, contenait dans son intérieur des cellules cartilagineuses calcifiées, mais, dans la lamelle
1 Aussi d'après A. Rambaud et C. Renault, l’ossification de l'aile interne commence au troisième mois. E. Dursy (zur Entwicklungsgeschichte des Kopfes des Menschen und der hoheren Wirbelthiere 1869, Tab. 9, Fig. 1, d) dessine une aile interne indépendante et, comme il semble, tout a fait ossifiée chez un fœtus long de 20crQ.
externe, des corpuscules osseux grands et très ramifiés, ce dont je m’assurais en outre en les dissolvant dans l’acide chlorhydrique. Cette ossification était encore détachée chez un fœtus de huit mois et non soudée à l’aile interne.
L’ossification de l’aile interne, dont l’origine est indépendante, n’est au commencement que faiblement unie à l’ossification de l’aile externe. Chez un fœtus de six mois et demi elle avait avec elle un contact assez intime pour qu’on ne pût l'ébranler, mais elle n’y était pas soudée ; elle formait en haut une plaque osseuse triangulaire dont le sommet était tourné en arrière et couvrait la plus grande partie du bourgeon de l’apophyse alaire; son bord interne touchait le cornet de Bertin. Chez un fœtus de sept mois elle était eh dehors soudée à l’aile externe, mais il y avait encore du cartilage sur la face antérieure de l’ossification. La soudure se renforce avec l’âge, le cartilage se maintient plus longtemps en haut et* en dedans. ~