‹ Le cartilage primordial et son ossification dans le crâne humain avant la naissanceChapitre 13 sur 30 · CORNETS SPHÉNOÏDAUX OU CORNETS DE BERTIN · texte numérisé non relu

CORNETS SPHÉNOÏDAUX OU CORNETS DE BERTIN

Ces os, qui ne se forment pas dans le cartilage primordial et qui sont tantôt indépendants tantôt unis au sphénoïde, à l’ethmoïde ou au palatin, ne sont nommés ici que parce qu'ils font partie du sphénoïde, forment une partie de la paroi antérieure du corps de ces os et ferment les sinus sphénoïdaux. Ils prennent naissance dans le tissu conjonctif qui se trouve en dedans et au-dessus de la racine de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde, avec l’ossification de laquelle ils peuvent être en contact immédiat. On se convainc qu’ils ne contiennent pas du cartilage et qu’ils ne s’y forment pas, en les traitant par l’acide chlorhydrique, qui dissout les nombreux corpuscules osseux clairs ou foncés et fortement ramifiés qu’ils renferment, après quoi il ne reste que des ostéoblastes dans une substance fondamentale fibreuse ou granuleuse sans aucun mélange de cellules cartilagineuses. Le plus petit que j’aie observé avait une longueur de 2mm chez un fœtus de trois mois; chez un fœtus de cinq mois, le cornet avait une longueur de 3mm, et il augmente ensuite en grandeur1. Je les ai toujours

1 J. Henle (Handbuch der Knochenlehre des Menschen 1855, I, I, Pag. 113) dit qu’ils n’apparaissent que dans la première et la seconde année après la naissance. Bée lard place leur formation dans le septième mois; A. Rambaud et C. Renault (développement des os 1864, Pag. 113 et 116) sônt d’avis que ce terme est trop rapproché; toutefois ils ne fixent pas le terme de leur formation et les regardent comme des parties de l’ethmoïde. E. Dursy (Entwicklungsgescliichte des Kopfes 1869, Tab. 7, Fig. 14) dessine la coupe ossifiée d’un cornet chez un foetus long de 8cm, V. aussi E. Zuckerkandl, Medizinische »Jahrbticher 1878, Pag. 322.

observés chez des fœtus plus âgés, et les ai seulement cherchés en vain chez un fœtus de huit mois.

Le sphénoïde a avant la naissance , à des époques différentes , les treize paires ou vingt-six points d'ossification isolés qui suivent :

i et 2) dans le fond de la selle turcique (trois mois), qui se présentent à la surface inférieure du corps comme 3 et 4) de chaque côté de la crête (trois mois),

5 et 6) dans l'apophyse alaire (quatre mois),

7 et 8) à côté du planum en dehors (quatre mois) comme une ossification ronde et puis ovale, qui plus tard apparaît comme

9 et 10) de chaque côté de la partie supérieure du bec sous la forme d’une ossification ovale (cinq mois et demi),

11 et 12) à côté du planum une petite ossification ronde à l’extrémité du limbus

sphenoideus, derrière No. 9 et 10 (cinq mois et demi) et en dedans,

13 et 14) dans la racine postérieure des petites ailes (trois mois et demi) ,

15 et 16) dans la racine antérieure des petites ailes (cinq mois),

17 et 18) dans la grande aile (deux mois et demi),

19 et 20) dans l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde, dont on ne saurait dire avec certitude si elle est dès l'origine séparée des No. 17 et 18 (deux mois et

demi),

21 et 22) dans l’aile interne de l'apophyse ptérygoïde (deux mois et demi),

23 et 24) dans le crochet de l’aile interne (quatre mois)

25 et 26) dans les cornets de Bertin (trois mois), mais qui «'appartiennent pas au cartilage primordial.

Comme les No. 1 et 2, 3 et 4 sont les extrémités de la même colonne, qui apparaît au fond de la selle turcique et à côté de la crête , comme les No. 7 et 8, 9 et 10 sont également les extrémités de la même ossification dans la partie externe du planum et à côté du bec, et comme il est douteux que les No. 17 et

18 soient dès le commencement séparés des No. 19 et 20, le nombre précédent se

trouve réduit à dix paires ou à vingt points d’ossification. Rambaud et Renault 1 indiquent une ossification médiane dans le bec, dans le quatrième mois, laquelle cependant quelquefois peut manquer ; elle part, suivant eux, de la surface antérieure de l’ossification

' A. Rambaud et C. Renault, développement des os 1864, Pag. 111, 11, 14, 15 K.

1 1 3, Pl. 9, Fig. 10,

transversale au fond de la selle; je n’ai cependant jamais trouvé d'ossification dans

le bec avant la naissance fi

ETHMOÏDE

La partie du cartilage primordial que nous avons appelée partie ethmoïde, a en plusieurs endroits une plus grande étendue que l’os ethmoïde lui-même. La partie criblée est beaucoup plus grande que la lame criblée qui s’y forme plus tard, la

1 J. F. Meckel (Archiv, 1815, 1, Pag. 618, Tab. 6, Fig. 14 — 29) dessine quatorze points d’ossification à des époques différentes; cependant il dit, Pag. 631, qu’il y a seize points d’ossification; il en

compte huit dans le corps, quatre dans les grandes ailes et quatre dans les petites ailes. H. Spôndli

(Primordialschadel 1846, Pag. 28) indique un point d’ossification impair au milieu de la selle turcique,

un autre impair dans le corps du sphénoïde antérieur entre les petites ailes, deux dans les apophyses alaires, deux dans les apophyses clinoïdes antérieures, deux dans les apophyses clinoïdes moyennes, deux dans les grandes ailes, en tout dix points. Selon J. Cruveilhier (traité d’anatomie descriptive 1843, 1, Pag. 123)

il y a dans le sphénoïde antérieur deux points d’ossification pour le corps et deux pour les petites ailes, dans le sphénoïde postérieur deux pour le corps et deux pour les grandes ailes; outre ces huit points, on en trouve deux autres de chaque côté, à savoir: un pour l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde, et un pour le cornet sphénoïdal, ce qui porte à douze le nombre des points d’ossification. A. Kôlliker (mikroskopische

Anatomie 1850, 2, I, pag. 354) cite huit points dans la grande aile, deux dans chaque paire,

un point dans la partie postérieure et deux dans la partie antérieure du corps , en tout onze points. Dans son Entwicklungsgeschichte (1879, Pag. 451), il en indique deux dans la selle tur-

cique, deux sous les côtés près des gouttières carotidiennes, deux dans les grandes ailes, quatre dans les petites ailes et le corps sphénoïde antérieur et deux dans l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde, mais ces derniers ne sont pas, suivant lui, préformés comme cartilage, soit en tout douze points d’ossification. C. Bruch (Beitrage 1852, Pag 66) dit qu’il y a constamment chez l’homme au moins deux points d’ossification pairs pour les grandes et les petites ailes et deux impairs dans le corps sphénoïde antérieur et postérieur, ce qui donne en tout dix points. R. Virchow (Schadelgrund 1857, Pag. 15 — 18) indique six points dans l’os sphénoïde postérieur (deux dans les grandes ailes avec l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde, deux dans la pointe de la lingula et deux dans la fosse pituitaire), deux dans l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde et quatre dans l’os sphénoïde antérieur (deux dans le corps et deux dans les petites ailes), en tout douze po'nts. À. Rambaud et C. Renault (développement des os 1864, Pag. il 6) citent quatre points dans le corps, six dans les petites ailes, six dans les grandes ailes et les ailes ptérygoïdiennes, trois dans le bec, en tout dix-neuf poin ts, auxquels ils en ajoutent six autres qu’ils appellent secondaires ou accessoires, à savoir : deux dans les cornets de Bertin, deux dans le crochet de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde et deux dans l’apophyse clinoïde postérieure, T. PI. Huxley (éléments 1864, Pag. 144 — 147) indique deux points dans le basi-sphénoïde (selle turcique), deux dans les lingulæ, deux dans l’ali-sphénoïde (grandes ailes), quatre dans le pré-sphénoïde (planum) et deux dans l’orbito-sphénoïde (petites ailes), en tout douze points d’ossification. Ph. C. Sappey (traité d'anatomie descriptive 1876, 1, Pag. 147) a quatorze points d’ossification: deux pour la partie antérieure et quatre pour la partie postérieure du corps, deux pour les petites ailes, deux pour les grandes ailes et l’aile externe des apophyses ptérygoïdes, deux pour l’aile interne de ces apophyses et deux pour les sinus sphénoïdaux.

partie nasale disparaît en grande partie, de même que la portion inférieure de la partie papyracée; une grande portion de la partie perpendiculaire est déplacée par le vomer, et l’épaisseur de toute la partie diminue. Par contre, il ne peut guère être question ici de la formation des différentes cellules tant dans l'ethmoïde que dans l’os maxillaire supérieur, parce que ces cavités ne se forment pas autant aux dépens du cartilage que des masses osseuses, dont l’origine est à chercher dans le cartilage ou hors de ce dernier. D’un autre côté, la lame papyracée ne se forme pas dans le cartilage mais entre des membranes, ce que nous prouverons plus tard. Le cornet inférieur prend naissance dans le cartilage primordial comme les autres cornets, et suit pas à pas leur développement; c’est pourquoi il devrait toujours être rapporté à l’os ethmoïde et ne pas être décrit comme appartenant aux os de la face, comme on le fait ordinairement dans les traités d’anatomie descriptive.

Les caractères généraux du cartilage primordial sont ici les suivants : la partie

perpendiculaire part en avant comme une continuation immédiate du cartilage du bec du sphénoïde, en formant une cloison perpendiculaire entre les cavités droite et gauche du nez, et en faisant suite en haut à la ligne médiane de la partie criblée, tandis qu’elle est libre en bas. La partie supérieure du bord antérieur de la cloison passe dans la ligne médiane de la face postérieure de la partie nasale. Puis, la partie nasale se replie et passe par derrière en dedans de l'apophyse nasale de l’os maxillaire supérieur et en dedans de l’os lacrymal, après quoi il aboutit en arrière, comme partie

papyracée, au bord latéral de la face antérieure du corps du sphénoïde. A la face interne de la partie papyracée sont logés les trois cornets. La voûte entre la partie perpendiculaire et la partie papyracée est formée par la partie criblée. Nous considérerons chacune de ces parties séparément.

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