‹ Le cartilage primordial et son ossification dans le crâne humain avant la naissanceChapitre 17 sur 30 · PARTIE PAPYRACÉE · texte numérisé non relu

PARTIE PAPYRACÉE

Après que le cartilage primordial, du côté du nez, a passé en dedans de l’apophyse nasale de l’os sus-maxillaire et de l’os lacrymal, il se rend en arrière comme partie papyracée pour former la paroi interne de l’orbite, mais la lame papyracée postérieure ne se forme pas dans du cartilage, mais entre des membranes. Le cartilage a ici une figure rectangulaire. Le bord antérieur est une continuation de la partie nasale, et le

bord supérieur, une continuation du bord latéral renflé de la partie moyenne rectangulaire de la partie criblée; le bord inférieur, assez droit et un peu épais au milieu, passe au bas de la suture papyracée maxillaire et descend en dedans du corps de l’os sus-maxillaire, un peu au-dessous de l’orifice du sinus maxillaire ou à peu près à’ la même hauteur que le cornet inférieur et parallèlement avec lui; le bord postérieur passe en haut dans le bord latéral de la face antérieure du corps cartilagineux du sphénoïde; en bas, il est collé par du tissu fibreux à la surface postérieure du pharynx. La partie papyracée a ainsi en bas et en arrière une étendue notablement plus grande que la lame papyracée ossifiée. Le cartilage est assez mince, mais pourtant plus épais que sur les côtés du nez.

Tandis que les autres parois de l’orbite étaient ossifiées chez des fœtus de trois mois et demi à quatre mois, la paroi interne était encore membraneuse chez un fœtus de sept mois. C’est seulement chez un fœtus de huit mois que j’ai observé le commencement d’une ossification, qui partait du bord de l’échancrure ethmoïdale du frontal et puis descendait. Les rapports sont ici les suivants : le périoste qui revêt la surface antérieure (externe) du dos du nez, passe de là sur l’apophyse nasale de l’os susmaxillaire et de l’os lacrymal et tapisse tout l’orbite, par conséquent aussi sa paroi interne. En haut, dans la suture ethmoïdale frontale, ce périoste se réunit avec le périoste (la dure mère) qui couvre la face supérieure de la partie horizontale du frontal; en bas, il sort par la suture papyracée maxillaire pour communiquer avec le périoste de la face interne de l'os sus-maxillaire. Lorsqu’on a enlevé le périoste de la face interne de l’orbite, on peut de la surface lisse de la partie papyracée cartilagineuse détacher une membrane ferme, très fine et transparente, composée de fibres fines assez droites, dont quelques-unes sont plus épaisses et accompagnées de noyaux pas très nombreux, mais il n’y a point de cellules cartilagineuses. On retrouve cette membrane sous (en dedans de) l’os lacrymal ossifié et sous (en dedans de) l’apophyse nasale de l’os sus-maxillaire, et lorsqu’on enlève les os nasaux, on la trouve aussi reposant immédiatement sur le cartilage primordial du nez. Chez les fœtus de cinq mois cette membrane, ainsi logée entre le périoste externe et la partie papyracée, est assez distincte, mais elle se laisse à peine détacher de la partie papyracée, tandis que, chez des fœtus de six mois et demi à huit mois, j’ai pu la représenter et insuffler de l’air entre elle et le cartilage. L’ossification que j’ai mentionnée ci-dessus chez un fœtus de huit mois, ne concernait que cette membrane, qui devient la base de la lame papyracée postérieure de l’ethmoïde, laquelle ne s’ossifie pas dans le cartilage primordial, mais, comme les os nasaux, en dehors de ce dernier. L’ossification se fait ou dans la membrane elle-même ou entre elle et le périoste externe.

La partie papyracée est très mince même chez des fœtus de huit mois. Lorsqu’on l’enlève, le labyrinthe est mis à nu, et la masse sous-jacente est blanchâtre, noduleuse et divisée en un grand nombre de petits lobules. La couleur blanche, qui ressort le mieux, lorsque la préparation est sèche, provient d’un grand nombre de petites plaques osseuses qui contiennent des corpuscules osseux grands, obscurs et fortement ramifiés, et qui plus tard constituent les parois des cellules ethmoïdales. La masse à l’intérieur des lobules n’est cependant pas formée de cartilage, mais de tissu conjonctif avec des noyaux entremêlés, de sorte que les parois des cellules ethmoïdales, au moins en majeure partie, se forment entre des membranes comme la lame papyracée, et le cartilage lui-même, à cause de sa minceur, ne participe sans doute que fort peu à leur formation. Cela s’accorde avec la circonstance, que les cellules du labyrinthe sont aussi produites ou fermées par d’autres os formés entre des membranes comme le frontal, l’apophyse nasale de l’os sus-maxillaire, l’os lacrymal, la partie orbitale du palatin et les cornets de Bertin.

Le sinus maxillaire, chez les fœtus de trois mois, se forme comme un enfoncement très plan de la partie papyracée, dont la paroi contient aussi ici de petites cellules cartilagineuses et est revêtue d’une muqueuse épaisse. L’ouverture du sinus, au moins au commencement, n’est formée que par la muqueuse; elle est grande, ronde ou en forme de fente et offre plus tard les mêmes variétés que chez les adultes. L’os sus-maxillaire forme une ossification mince en dehors de l’enfoncement, et on n’y trouve pas d’excavation. Dans un cas le sinus plan était subdivisé en deux par un pli de la muqueuse. Chez les fœtus de six à sept mois, on observe dans l’os une dépression plane, limitée en bas par un bord saillant; l’ouverture du sinus a presque la même grandeur que la dépression; la partie papyracée est très mince au fond de celle-ci et est de bonne heure totalement absorbée. M. Dursy 1 pense que le cartilage participe à l’ossification de l’os sus-maxillaire, et que des rapports semblables à ceux des «Deckknochen» se manifestent en d’autres endroits de la partie ethmoïdale, dans le cartilage de Meckel et l’os maxillaire inférieur; mais M. Kôlliker'2 repousse avec raison une telle combinaison. — Chez le fœtus je n'ai pas trouvé d’autre trace des sinus sphénoïdaux que peut-être une faible excavation des deux côtés du bec, autrement leur place est occupée par du cartilage ou par un os selon l’âge du fœtus3.

1 E. Dursy, Entwicklungsgeschichte des Kopfes 1869, Pag. 188, 203, Tab. 7, Fig. 10, i, h, Tab. 8, Fig. 4, m, f, Fig. 5, d, s, Fig. 6, d, Tab. 9, Fig. 7, e.

2 A. Kôlliker, Entwicklungsgeschichte 1879, Pag. 440, 456, 765, Fig. 470.

3 E. Dursy, 1. c. Pag. 194, Tab. 7, Fig. 14, b, Tab. 8, Fig. 8, o, Fig. 9, c. A. Kôlliker, 1. c. Pag. 766.

— Les sinus frontaux ne se forment qu’après la naissance. Ce que M. Dursy 1 représente comme une ébauche des sinus frontaux, n’esl selon toute probabilité qu’une coupe des ailes cartilagineuses de l’apophyse crista galli.

Page 1