‹ Le catechisme expliqueChapitre 108 sur 288 · LE · texte numérisé non relu

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participation à un acte qui peut entraîner pour le prochain un préjudice ou la perte d’un bien. On serend coupable de dommage injuste : 1° toutes les fois que l'on fait, contre sa conscience, un acte nuisible au prochain, par exemple en détruisant ou en gâtant ce qui lui appartient, ou encore en l’empêchant, par des moyens injustes, de faire un gain légitime; 2° lorsqu'on coopère à son dommage en commandant l'injustice, ou en la conseillant, ou en ÿ prêtant son concours, ou en ne l’empêchant pas, bien qu'on soit chargé de le faire, ou encore en achetant et en recélant une chose que l’on sait avoir été volée.

IV. La violation des contrats. On nomme contrat ou quasi-contrat toute convention écrite ou faite de vive voix, par laquelle plusieurs personnes s'engagent vis-à-vis l’une de l’autre. Les principaux contrats sont : la promesse, par laquelle-on s'engage à donner un bien ou un objet; la donation, acte par lequel on dispose, en faveur d’une personne, à titre gratuit, d’une partie ou de la totalité de ses biens ; si elle ne doit être valable qu'après la mort du donateur, elle devient le testament ; la vente, acte écrit ou verbal par lequel on transfère à un autre la propriété d’une chose, moyennant un prix convenu; elle prend le nom d'échange, si l'on recoit en retour une autre chose au lieu d'argent.

Ne pas exécuter ces engagements une fois contractés, c'est une violation de contrat ou de quasi-contrat, péché plus ou moins grave, selon la mesure du préjudice causé à la partie lésée dans ses droits.

f. CONCLUSION PRATIQUE

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La cause ordinaire du vol et des injustices commises envers le prochain, c'est la cupidité. « Ceux qui veulent devenir riches, dit saint Paul, tombent dans des désirs pernicieux qui les précipitent dans la damnation ; car la cupidité est la racine dé tous les maux. » (1 Tim., v1, 9.) Le remède à ce mauvais penchant, c'est le détachement des choses de ce monde.

Une aulre source d'injuslice, c'est le manque de sincérité et de

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DES COMMANDEMENTS DE DIEU 205 franchise. L'honnète homme n'a qu'une parole, et le vrai chrélien ne sait ce que c’est qué mentir. Il porte dans ses engagements et dans toutes ses transactions la plus entière bonne foi, estimant les choses à leur valeur, donnant à ses actes publics le caractère de la légalité, en les conformant aux prescriptions de la loi, ne sacrifiant jamais sa conscience à ses intérêts.

« La société périrait, dit saint Thomas, si les hommes pou-

vaient se voler mutuelHemient leurs biens. »

S II. — Appréciation des péchés d'injustice.

Règles d'appréciation : 4° injustice en général ; 2° vols considérables; 3° petits larcins, 4 désirs injustes.

65. — Donnez les règles pour apprécier la gravité des fautes contre la justice.

I. Toute injustice commise envers le prochain, — quelle qu’en soit la manière, — constitue un préjudice sévèrement défendu :

40 Par le droit naturel, qui interdit de faire à autrui le mal que nous ne voudrions pas qu’il nous fit à nous-mêmes.

20 Par le droit divin, qui dit : « Vous ne déroberez point. »-

3 Par les lois humaines, qui partout interdisent le vol et le punissent.

II. En principe, le vol est unie faute grave, puisque saint Paul déclare que « les voleurs n’entreront pas dans le ciel ». (I Corinth., vi, 10.) Toutefois cette parole doit s'entendre de ceux qui causent un préjudice notable.

Or il est généralement admis qu'en matière d'injus- Lice, le vol d’une somme équivalant au salaire ou au revenu quotidien de la victime, ou même à une somme moindre à l'égard d’un pauvre, constitue une matière grave et par conséquent la malière d'un péché mortel.

III. Les petits lurcins et les fraudes légères ne sont que des péchés véniels. Toutefois, s'ils sont morale-

| ment unis, et si, dans l'intention de celui qui les com-

PA met , ils doivent former un total, ou bien encore s ‘ils

; (4 sont commis au préjudice d'une méme personne, ils deviennent un péché mortel quand la matière est devenue considérable. |

IV. Ce ne sont pas seulement, avons-nous dit, les actes d'injustice qui sont défendus, mais encore les

. simples désirs injustes. Le dixième commandement

D} les interdit, et saint Paul déclare que & ces désirs per-

ÿ nicieux précipitent dans la damnation ».(J Tim., vi, 9.)

- Mais quand est-ce que les désirs injustes seront des péchés mortels ?.. Toutes les fois qu'ils s’exercent sur une matière grave, selon l'interprétation donnée plus haut, et qu’ils sont accompagnés d’un plein consentément. Il n'importe que les désirs injustes ne soient point réalisés : le péché est dans le cœur et'dans la

à volonté ; cependant les simples désirs n entrainent pas

1700 l'obligation de restituer.

CONCLUSIONS PRATIQUES

19 Il n'est pas permis aux enfants de prendre chez leurs parents, sous prétexte que les biens de leur famille seront à eux 4 <t déjà leur appartiennent. Ce raisonnement n’est point exact; il est un vérilable préjudice causé aux parents, un tort également

possible à l'égard des frères et, sœurs; et en tout cas, les petits larcins commis à laymaison sont l'indice d'un mauvais penchant qui ne ferait que croire s'il n'était réprimé.

2° C'est une erreur de croire que les préjudices causés à une, DE riche société ou à l’État ne sont pas des péchés, parce que ces va) sociétés et l’État sont riches. Il se peut que, pour devenir un péché mortel, le préjudice doive être plus considérable que dans noire appréciation générale; mais le péché n'en existe pas. moins.

3 C’est une grave injustice que de voler une nation par l'an-

nexion violente et illégitime de ses provinces, et une injustice sacrilège que d'usurper les biens et les propriétés de l'Église ; ils sont le fruit de la charité des fidèles, ils ont été reconnus légitimes par les contrats et les traités, ils demeurent le trésor des pauvres: à tous ces titres ils doivent être respectés.

ras DES COMMANDEMENTS DE DIEU :207

$ III. — De l'Obligation de restituer.

L s Devoir de la restitution. — A qui ce devoir incombe. — Raisons qui peuvent ajourner ou éteindre l'obligation de restituer. ‘

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