BIENS D’AUTRUI NE CONVOITERAS POUR LES AVOIR INJUSTEMENT
Division des matières.
63. — Qu'est-ce que Dieu nous défend par le sé tième et le dixième commandements ?
Par le septième commandement, Dieu nous défend de prendre ou de retenir injustement le bien du prochain. — Par le dixième, Dieu veut retrancher la cause des injustices, en remontant à l'origine et à la source même : il défend tout désir de s'emparer du bien d’autrui par des moyens injustes.
Nous réunissons dans un même chapitre ces deux commandements, parce qu'ils se rattachent à un même objet, qui est le respect de la propriété du prochain. Or on viole la propriété d'autrui lorsqu'on prend son bien ou lorsqu'on lui fait tort de quelque manière que ce soit. Non seulement il est défendu de prendre, mais si l’on se trouve déténteur d'un bien qui appartient au prochain et qu’on le sache, il n’est pas permis de le retenir : il y a obligation de le restituer. Enfin il est défendu de “convoiter, c'est-à-dire de désirer d'une façon injuste et cupide le bien d’autrui. Ce sont ces différentes questions, relatives au septième et au dixième commandements, que nous étudions dans trois paragraphes, traitant : 1° des différentes manières de violer le droit du prochain ; 2 de l'appréciation qu'il faut faire des péchés commis contre le septième et le dixième commandements, et 3° de l'obligation de restituer.
PANNE DES COMMANDEMENTS DE DIEU hs
&$ I. — Différentes manières de violer le droit du prochain.
A / Notion du vol : ses différentes espèces.— Détention injuste. — Dommages causés injustement. — Violation des contrats.
64. — En combien de manières viole-t-on le droit du prochain?
Principalement en quatre manières : 4° en prénant injustement le bien du prochain : c’est le vol; 2° en le retenant injustement : cela s’appelle détention injuste; 3° en lui causant quelque tort : et cela se nomme en
général dommages causés injustement ; 4° en n'exé=
cutant pas les conventions écrites ou verbales : c'est la violation des contrats.
I. Le vol est l'enlèvement ou l’usurpation du bien d'autrui contre le'gré du propriétaire. Il s'appelle larcin, quand on dérobe par adresse; rapine, lorsqu'on prend par force et avec violence; fraude, lorsqu'on trompe dans la marchandise ou dans le travail; usure, lorsqu'on prète avec des intérêts excessifs, supérieurs à ce que permettent la loi et les usages reçus; sacri-
dège, si le vol a pour objet une choëe sacrée, ou s'il
se commet dans un lieu saint. Cette dernièré circonstance ajoute au vol une nouvelle malice qui en change l'espèce.
II. La détention injuste consiste à retenir illégitimement ce qui appartient au prochain. On se oi
coupable de détention : 4° en ne payant pas ses dettes
quand on le peut, ou en ne se mettant pas en peine de gagner, par le travail, de quoi les acquitter ; 2°:en
fan de rendre ce qui vous à été confié à titre de :
dépôt ;/3° en retenant injustement une chose trouvée sans en chercher le propriétaire ; 4° en n'acquittant pas les obligations de justice attachées à une succession que l'on a recueillie, par exemple, les charges qui la grèvent, les fondations pieuses de celui dont on hérite la fortune. IT. On appelle ce injuste tout acte ou toute
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