N'y a-t-il pas des causes qui exemptent du jeûne
Oui, plusieurs causes exernptent légitimement du jeûne, ce sont :
1° L'âge. — Les fidèles qui n’ont pas vingt et un ans accomplis ne sont pas tenus de jeûner; il en est de même de ceux qui arrivent à l'âge d: soixante ans commencés.
2 L'impuissance physique ou morale : l'impuissance physique exempte les malades, les convalescents, etc. L'impuissance morale est une difficulté exceptionnelle à pratiquer le jeûne : les pauvres qui ont à peine le moyen de se procurer un repas suffisant, les personnes qui ont un tempérament faible, sont exempts en vertu de l’impuissance morale.
3° Le travail, lorsqu'il est pénible, fatigant, prolongé, est une excuse légitime du jeûne : sont considérés comme exemptés, pour ce motif, les laboureurs, vignerons, boulangers, ouvriers d'usine, etc., et aussi ceux que le travail intellectuel ou l'usage de la parole exposerait notablement à être incommodés par le jeûne.
4 Enfin, la disnense : lorsque l'impossibilité de jeùner est évidente, il n’est pas besoin de demander une permission ou dispense. Mais, s’il y a doute, on peur obtenir dispense du supérieur ecclésiastique. Le Pape peut dispenser tous les fidèles; ; Évêque ses diocésains, dans certains cas particuliers. Les Curés peuvent dis. penser leurs paroissiens en des cas particuliers et personnels. Quant aux simples Confesseurs, ils n’ont pas précisément droit de dispense; mais ils peuvent, en faveur de leurs pénitents, interpréter ia :6i et déclarer dispensés ceux qui auraient quelques motifs raisonnables,
Il est évident que les causes alléguées pour obtenir
une dispense doivent être vraies, sous peine de nullité. — La dispense: obtenue légitimement excuse de tout péché ; elle est personnelle et doit être restreinte aux termes de la concession ; c’est ainsi que la dispense du jeûne laisse subsister le devoir de l’abstinence, si celleci reste possible. Enfin ceux qui ont obtenu quelque dispense doivent offrir, en compensation, des aumônes, bonnes œuvres, prières, etc., selon leur pouvoir.
CONCLUSION PRATIQUE
S'il est vrai que beaucoup de personnes sont exemptes du jeûne pour les causes que nous venons d'expliquer, il n’en est pas moins certain qu'un grand nombre, avec de la bonne volonté et l'esprit de mortification, pourraient pratiquer le yeäne ecclésiastique avec les adoucissements que l'Église veut bien apporter à l'exécution de cette loi. Les chrétiens, nos ancêtres, l’observaient dans sa rigueur et ne s’en portaient pas plus mal, et ils ne vivaient pas moins longtemps.
Les médecins l'ont reconnu : « La tempérance est la mère de la santé. » L'expérience des ordres religieux les plus sévères vient confirmer cette règle
D'ailleurs, fallût-il souffrir, le jeûne aurait encore sa raison d'être : « Je tue mon corps, dit saint fsidore, pour qu'il ne tue pes mon âme. » Et saint Augustin : « Pour dompter un cheval irop nourri, indocile et rebelle, on le prive de sa ration ; pour dorapter mon corps, je le fais jeûner. »
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VI‘ COMMANDEMENT