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Expliquez la loi de l'absiinence

I. La loi de l’abstinence défend, — pour tous les jours où cette abstinence est de précepte, — d'user de viande et en général d'aliments gras. Par cette dernière expression on entend non seulement la chair des animaux qui vivent sur la terre et des oiseaux

‘ qui vivent dans l'air, mais encore leur sang, leur

graisse, les extraits de viande; mais la loi ne défend pas les assaisonnements au gras. La défense s’étendait autrefois aux œufs, au beurre et au laitage, parce que ces aliments proviennent de l'animal; mais aujourd hui l'usage en est autorisé, sauf les réserves qui seraient faites par l'Évéque,

IL: La loi de l’abstinence ne défend pas la chair des animaux qui naissent et vivent dans l’eau, comme les poissons, anguilles, grenouilles, ete. Elle permet également les crustacés : Aomards, langoustes, écrevisses; les mollusques : huîtres, moules, escargots certains animaux amphibies, tels que tortues, casiors, rats d’eau, etc.

De plus l'usage à autorisé, en certains pays, de manger des oiseaux aquatiques, tels que pluviers, vanneaux, poules d'eau, et même canards sauvages. Ce n'est qu'en vertu d'une coutume légitime, non prohibée par l'Église, que ces derniers aliments sont tolérés. Il faut, dans la pratique, s’en rapporter aux usages locaux.

Quant aux œufs, au beurre et au 'laitage, l'usage en est permis.

IIT. La loi de l'abstinence commence à être obligatoire à l’âge de raison, c'est-à-dire vers sept ans. A dater de cet âge, l'usage des aliments gras, un jour défendu, constitue une infraction grave à la loi, et

- conséquemment un péché mortel, s’il n'y a pas néces-

sité ou dispense. Il y aurait pareillement péché mortel à faire manger gras à d’autres personnes, et autant de péchés qu’il y aurait de repas : car ce sont autant de désobéissances. À è

La faute n’est que vénielle, s’il y a légèreté de matière : un peu de bouillon gras, deux ou trois grammes de viande, peuvent être considérés comme matière légère.

400. — N'y a-t-il pas de causes qui peuvent exempter de l’abstinence? |:

Oui, ce sont les mêmes que celles qui exemptent du jeûne, mais avec cette différence qu'elles doivent être plus sérieuses lorsqu'il s’agit de l’abstinence, car il est olus facile de faire maigre que de jeûner. Voicices causes:

4° L'âge. — L'obligation de faire l’abstinence n'existe pas avant l’âge de raison : faire maigre ou gras est, en

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soi, chose indifférente: ceux donc qui n’ont pas la .

raison ne font point de péché, n'étant point capables d'une désobéissance.

29 L'impuissance physique ou morale. — IH ya.

impuissance physique pour les malades, les convalescents, et tous ceux dont la santé, au dire des médecins consciencieux ou de personnes graves, exige une alimentation plus fortifiante.

Il y à impuissance morale pour 1es pauvres qui ne

peuvent que très difficilement se procurer des aliments

maigres; pour les soldats qui sont sous les drapeaux et nourris par l’État ; pour les enfants, ouvriers, serviteurs, qui ne peuvent obtenir de leurs parents ou de leurs maîtres des aliments maigres, ni quitter la maison sans de graves inconvénients. |

3° Quant au travail, il n'est pas en so1 une raison suffisante pour exempter de la loi de l’abstinence, à moins qu'il ne soit exceptionnellement pénible. — Les voyages ne sont pas non plus, par eux-mêmes, une Wraison suffisante.

4° Enfin, dans les cas qui pourraient être douteux, les supérieurs ont le droit d'accorder des dispenses, mais pour des cas particuliers seulement, et pour des motifs raisonnables et vrais. Il convient alors de recourir à l'autorité : Evèque, Curé ou Confesseur ; d’exposer ses raisons, et de s’en rapporter à la décision qui sera donnée.

En raison des préjudices qu'un refus pourrait apporter à la religion ou à eux-mêmes, les restaurants et maîtres d'hôtels peuvent, les jours d’abstinence, servir des aliments gras à ceux qui en demandent. Quant aux personnes qui sont chargées de préparer les repas, on les excusera de les servir en gras si leurs supérieurs

ou maitres l'exigent avec autorité et surtout avec

menaces.

GONCLÉSION PRATIQUE « ANT

h Combien sont lâches les chrétiens qui sacrifient leur religion . et perdent leur âme pour une, sensualité/dans leur repas, pour le plaisir d’un morceau! « Leur dieu, c'est leur ventre, a dit - saint Paul, maïs leur fin sera la ruine éternelle. » (Philipp. UT, DER Ils ont beau parodier une parole du divin Maître, et dire Mine ce n'est pas ce qui entre dans le corps qui le souille, la voix : de l'Église leur répond : « Ce n'est pas, en effet, un morceau de viande qui vous damne, mais l'acte d'insoumission ou de sensualité qui est sorti de votre cœur. »

D'autres violaleurs des lois de l’abstinence sont les esclaves

. du respect humain, et, malgré le cri de leur conscience, ils 2 transgressent un précepte dont ils savent l'importance et Ja raison d'être. C'est pour eux qu'est la parole du Sauveur : « Et

moi aussi je rougirai de vous devant mon CHE CSEUCI Merrx 26:

Ne A a donc jamais la loi de l'abstinence ni par f DANTARQNE, ni par HeSpaeE humain. ;

S I. — De la Conscience.

Notion de la Conscience. — Différentes espèces de consciences : 4° vraie ou fausse ; 2° certaine ou douteuse; 3° probable ou improbable; 4° scrupuleuse ou large. — Règles pratiques de conduite en ces divers cas.

LOL. — Qu'est-ce que la Conscience?

On peut définir la Conscience, dans un sens général, € la règle morale. de nos actions. » Sans doute les Commandements de Dieu et de l'Église, que nous venons d'étudier, forment pour nous le code de la Morale: chrétienne. Tout ce qui est en conformité avec ces Commandements est bon, tout ce qui est en opposition avec eux est mauvais ; mais Dieu a mis au dedans de nous une autre règle, qui, d’après saint Thomas, nous sert pour nous appliquer à nous même la Loi de Dieu, et nous dit si l’action que nous faisons est en conformité ou non avec sa Loi.

Cette règle intérieure s'appelle la Conscience.

Awant l'action, la Conscience est une lumière qui nous dit si ce que nous allons faire est bon ou mauvais. Pendant l’action, elie est un juge qui, malgré nos préjugés et nos passions, nous rend témoignage du bien ou du mal que nous faisons. Après l'action elle nous récompense ou nous punit, par la satisfaction d’avoir bien fait, ou le remords d’avoir mal agi.

Toutefois il importe, pour que la conscience devienne, dans la pratique, une règle sûre, qu’elle soit bien formée; autrement ses applications seraient fausses, et elle ne serait pas l'interprète autorisée de Dieu et de sa Loi.

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102. — Ne peut-on Das distinguer différents * espèces de Gonsciences ?

:.. Oui, en effet, selon les divers pomts de vue é auxquels onse place, la Conscience se diversifie : /

I. Au point de vue de la vérité, la Conscience est droîte où vraie, quand son jugement. est conforme à | la loi réelle ; ‘elle ést erronée ou fausse quand le jugeà mentqu ‘elle porte est contraire à la vérité : c’est ie cas à LN de ceux qui croient bien faire, Les exemple, en men-.. tant pour rendre service. AU ER: La Conscience est vinciblement erronée, quand on | peut sortir de cette erreur d'appréciation ; invinciblement erronée, quand on est dans l'impossibilité morale de découvrir l'erreur.

II. Au point de vue de la certitude, la Conscience * est dite certaine, quand elle juge prudemment, ét sans crainte d'erreur, que telle action est bonne ou mauvaise, ou du moins permise ; douteuse, quand le jugement est suspendu. — Le doute est spéculatif quand on envisage la question théoriquement, pratique, quand il s’agit d’une chose à faire ou à omettre actuellement ét personnellement. Elle est perplexe, quand, étant placé entre deux alternatives, on voit le péché dans les deux cas. ;

ITT. Au point de vue des motifs qui servent à appuyer ‘ le jugement, la Conscience est dite probable quand elle repose sur des raisons graves quoique faillibles ; improbable, lorsqu'elle n’a que des raisons de peu de valeur.

Les opinions seront donc plus ou moins probables, selon la gravité des motifs; mais aussi plus où moins sûres, selon qu'elles éloignent plus ou moins le danger

- de pécher.

IV. Enfin, au point de vue de la conduite générale, on appelle Conscience scrupuleuse celle qui, sur des motifs faibles ou vains, craint de mal faire et voit partout le péché; — Conscience large celle qui, par un

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principe contraire, se croit tout permis ou traite de

fautes légères celles qui sont réellement graves. Au milieu de ces interprétations multiples de la Loi, il importe de tracer une règle sûre de Conscience.

4103. — Donnez les règles pratiques de la Conscience. 1

Principe général: « I1 n’est jamais permis d’agir ‘contre sa Conscience lorsqu'elle cômmande ou défend une actiou. » En effet, on pèche toutes les fois qu'on a la volonté de mal faire, et agir contre sa conscience c'est vouloir le mal. Le péché que l'on commet alors est, quant à la gravité, celui que l’on croitcommettre, mortel ou véniel, selon qu'on le suppose.

Applications de détail :

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