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I. Quand la conscience est droite, on doit la suivre

en tout.

IT. Quand elle est anvinciblement erronée, on peut

et même on doit lui obéir; si elle est vinciblement :

erronée, il n’est pas permis de la suivre, car l’erreur serait volontaire et coupable; il n’est pas permis, non plus, d'agir contre. Que faire alors? Rectifier sa Conscience par la prière, l'étude, la consultation d'hommes instruits et consciencieux.

III. Quand la Conscience est douteuse, non pas d’un doute théorique, mais pratique, il n’est pas permis d'agir dans ce doute pratique, puisque ce serait s’ex-

poser au mal; mais on doit, comme dans le cas précé- * dent, prendre les moyens de sortir de l’état de doute.

Mais si, malgré tout, le doute persévérait, on pourrait se former la conscience sur ce principe réflexe : « Une loi douteuse n'oblige pas, » et agir selon le parti le plus favorable à la liberté.

Avec une Conscience perplexe, on doit prendre le parti qui paraît le moins mauvais, et dans ce cas on ne pèche pas.

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IV. Dans 1 plus ou moins de probabilités d'une opinion, on doit toujours prendre le parti le plus sûr

quand il s'agit d’une chose absolument nécessaire au

salut, comme est la croyance aux articles de foi, ou bien lorsqu' il s’agit de la validité d'un sacrement, ou encore de la vie et des intérêts de quelqu'un. — Mais, en dehors de ces cas, il est permis de suivre une opinion tout simplement probable, bien qu’elle ne soit pas la plus sûre, du moment oùelle s'appuie sur des raisons sérieuses. Ce parti, qu’on appelle le probabilisme et qui favorise la liberté, peut être suivi en pratique, comme l'enseigne saint Liguori, dont la doctrine a été reconnue orthodoxe par les souverains Pontifes.

V. Il n’est pas permis d'agir contre la Conscience, même scrupuleuse ; mais si les scrupules, ou frayeurs de Conscience, ne sont pas fondés, il faut les vaincre par une conscience mieux formée, et suivre aveuglément les décisions données par un directeur éclairé.

VI. Enfin, la Conscience large étant vinciblement erronée, elle ne peut servir de règle à nos actions : en la suivant, on pèche plus ou moins gravement, selon la gravité du mal que l’on commet en réalité.

CONCLUSION PRATIQUE

La conscience que Dieu a donnée à chacun est, par elle-même, droite; mais, par suite du péché originel, l'ignorance, les préjugés, les passions, les mauvaises doctrines et les mauvais exemples viennent vicier cette conscience. — 17 faut la rectifier par la prière, l'étude, la sincérité et une résistance courageuse aux passions et aux mauvais exemples. Il faut arriver à nous former une conscience droite, certaine, tenant le juste milieu entre le scrupule et le reldchement.

En attendant celte rectitude, il faut suivre la voix de notre conscience, alors même qu’elle serait dans l'erreur ; autrement nous péchons : mortellement si elle nous présente la chose comme mortelle, véniellement si elle la croit vénielle.

« Mais voire parole, Ô mon Dieu, est comme un flambeau placé à mes pieds, comme une lampe éclairant mes senliers. » (Ps. exvim, 105.)

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8 I. — Du Péché.

à Notion et division du péché : originel et actuel. — Manières dont peut se commettre le péché’actuel. — Distinction spécifique et numérique des … : péchés. — Différence des péchés relativement à leur gravité : péchés \ mortels, péchés véniels.

. AO4. — Qu'est-ce que le péché, et combien y a-t-u L. de sortes de péchés? ù

| ‘Le péché, en général, est une désobéissance aux Commandements de Dieu ou de l'Église. Pour qu'il y ait véritablement désobéissance et par conséquent péché, il faut ces deux conditions réunies : advertance ou attention de l'esprit à la valeur morale, bonne ou mauvaise, de l'acte que l’on fait, et consentement de la volonté à l’acte jugé mauvais ; sans cela, ce ne serait pas un acte humain ni responsable.

En raison de son principe ou de sa cause, on distingue Le péché en deux sortes : le péché originel et le péché actuel. — Le péché originel est celui qui nous vient de notre origine, par l'effet de la désobéissance d'Adam, notre premier père, et que nous apportons tous en naissant. Il en a été question dans le récit de là chute originelle et dans l’étude de ses conséquences.

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— Le péché actuel est celui que l’on commet par un acte de sa propre volonté quand on est parvenu à l’âge.

| de raison. Le péché originel fut, par rapport à Adam, un péché actuel; mais il ne l'est pas par rapport à nous.

Col 405: — En combien de mañières commet-on le péché actuel?

On commet le péché actuel de quatre manières :

1° Pur pensée : la pensée est la représentation d’une chose dans l'esprit: si la chose est mauvaise, injuste ou déshonnête et qu'on y prenne plaisir avec advertance et consentement, c’est un péché de pensée. — Le désir est aussi une pensée, mais avec ceci de plus, qui le

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rend plus grave : l'intention ou la volonté de faire un acte contraire à la loi de Dieu. k

2 Par paroles : lorsqu'on profère des one qui offensent Dieu, comme sont le blasphème, la médisance, le mensonge, etc. -

3° Par actions : quand on fait ce que la loi de Dieu ou de l’Église défend, comme travailler le dimanche, injurier le prochain, tuer, voler, faire gras un jour défendu.

4 Par omission : quand on néglige d'accomplir une chose commandée, comme manquer aux prières de chaque jour, ne pas assister à la Messe du Dimanche, ne pas faire ses Pâques.

406. — Que faut-il entendre par distinction spécifique et numérique des péchés ?

Par distinction spécifique on entend les différentes espèces de péchés; et par distinetion numérique, le nombre ou la répétition des fautes commises.

Les péchés sont différents quant à l'espèce : en effet, le péché contre l’adoration n’est pas le même que le blasphème, ni celui-ci le mème que la colère. Il y a autant d'espèces de péchés qu'il y a de préceptes ditférents et de vertus diverses. :;

Les péchés sont différents quant au nombre : chaque acte complet en lui-même forme un péché distinct; et quelquefois dans un même acte il y a plusieurs péchés: tuer d’un seul coup deux hommes est un double péché. Il est plus difficile de compter les actes intérieurs ;

mais on peut dire, en général, qu'il ÿ à autant de péchés distincts qu L y a eu de consentements répétés de la volonté, et que les consentements sont répétés quand il y a eu désaveu ou interruption et qu'on revient ensuite à la même volonté du mal.

407.— Faites connaître la distinction des péchés actuels sous le rapport de leur gravité. ko

Tous les péchés actuels n'ont pas la même gravité :

ni ÿ ù APEENDIGES TA LA MORALE 9253 | il y a des péchés mortels et des péchés véniels. — Tls - diffèrent 1° dans leur nature, et 2 dans leurs conséquences. * je

I. Dans leur nature. — En effet, le péché mortel est une désobéissance à la Loi de Dieu, réunissant les trois conditions suivantes : 1° une matière grave, c'est-à-dire une infraction à la Loi dans un point considérable; 2° une pleine advertance de l'esprit à la malice de l'acte; 3° un parfait consentement de la volonté à cet acte jugé grave, ou à la cause qui devait le produire.

Le péché véniel est aussi une désobéissance à la Loï de Dieu mais manquant de l’une ou de l'autre de ces trois conditions, et par conséquent n’ayant qu'une matière légère, ou une demi-advertance, où un consentement imparfait.

II. Dans leurs conséquences. — En effet, le péché mortel 1° ôte à l'âme la vie de la grâce, qui n’est autre » que la sainteté, la ressemblance avec Dieu, et consé-

quemment son amitié, le droit à la vie éternelle ; 2° il imprime dans l'âne une tache; c'est une souillure ou difformité morale qui la rend digne des vengeances divines et des peines éternelles de l'Enfer ; 3° il enlève à l’âme tous ses mérites acquis par ses bonnes œuvres précédentes, et la frappe d'incapacité d'acquérir de nouveaux mérites pour le Giel, tant qu’elle reste en cet état : ses bonnes œuvres sont nulles, mais elles ont cependant pour effet de prédisposer Dieu à la miséricorde.

Le péché véniel n'entraine pas ces graves conséquences : 1° il n'ôte pas à l'âme la vie de la grâce, il l'affaiblit seulement et refroidit l'amitié de Dieu ; il ne fait pas perdfte non plus la vie éternelle, mais il en ajourne la possession. — 2 Il est vrai qu'il est, lui aussi, une tache; mais une tache effacable, qui ne détit pas la sainteté ni la ressemblance avec Dieu : il ‘la déigure seulement; il mérite, lui aussi, un châtiment,

| jun châtiment temporel en cette vie ou dans Île

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