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ŸDE LA GRACE , 274
récompense éternelle. Le mérite est donc le fruit de la
grâce, et, par nous-mêmes, nous sommes incapables de faire une œuvre qui soit digne d’une récompense céleste. Avec la grâce l'homme peut, au contraire, produire des œuvres méritoires. Or, dans les mérites de l’homme, on peut distinguer le mérite de justice et le mérite de convenance. |
Le mérite de justice constitue un veritable droit à la récompense ; le mérite de convenance n’est pas un mérite absolu, constituant un droit rigoureux à la récompense ; mais, comme son nom l'indique, une certaine convenance digne de considération, en sorte qu’on pourrait tout aussi bien l'appeler mérite de miséricorde, parce quil est fondé principalement sur la miséricor dede Dieu.
A1. — Quelles sont les conditions du mérite ?
Pour tout mérite, il faut le secours de la grâce actuelle ; mais cette condition, qui dépend de Dieu, ne fait jamais défaut. C’est.pourquoi nous ne parlons ici que des conditions requises du côté de l’homme.
1° Pour un mérite de justice, constituant un accroissement de grâce en ce monde et de gloire en l’autre, il faut : 1° être en état de grâce ;-2° offrir sa bonne œuvre à Dieu avec une sainte intention. C’est dans ce sens que Notre-Seigneur déclare qu'un verre d’eau froide, donné en son nom à un pauvre, ne perdra pas sa récompense. — Il suit de là que les justes seuls peuvent acquérir des mérites de justice.
2° Pour un mérite de convenance, il suffit de faire une bonne œuvre quelconque, avec une intention de foi, c'est-à-dire en vue de plaire à Dieu et de faire son salut. Tous peuvent ainsi mériter de Dieu des grâces actuelles et les secours nécessaires pour éviter le péché et avancer dans le bien. Le pécheur lui-même, par ses prières et ses bonnes œuvres, peut en ce sens mériter la grâce de sa conversion.
12. — D'où peut provenir la grandeur du mérite? La grandeur du mérite dépend : 1° de la personne,
MOTS TROISIÈME PARTIE Mere "Os
ou de la dignité et de la sainteté de celui qui agit. Ainsi, le mérite de Jésus-Christ est infini, le mérite du juste est incomparablement plus grand que celui du pécheur, parce que la grâce le constitue enfant et ami de Dieu.
20 De l'excellence ou de la difficulté de l'œuvre. Ainsi une grande aumône est plus méritoire qu'une aumône légère, donnée par \a même personne. Mais l’obole de h veuve vaut plus, aux yeux de J ésus-Christ, que l’or donné par les riches.
3° De la perfection, c'est-à-dire de la pureté d’intention, de la ferveur et surtout de la charité avec laquelle on agit. Ces dispositions, en effet, donnent aux œuvres un tel prix, que les actes les plus indifférents peuvent acquérir par elles un mérite extraordinaire devant Dieu.
CONCLUSION PRATIQUE
Le temps destiné à mériter est celui de la vie présente : « Pendant que nous avons le temps, aecomplissons le bien, » nous dit saint Paul. (Gal., vi, 10.) Si nous n'avons point le zèle et le courage des œuvres difficiles ou éclatantes, suppléons du moins à celte absence de grands mérites par l'esprit de foi et les intentions pures que nous apporterons aux actes plus ordinaires et plus faciles. Qui pourrait dire le mérite surnaturel de chacune: de nos journées offertes à Dieu dans l’état de grâce !.. O pensée consolante ! Le pécheur peut encore préparer son salut par la prière et les œuvres de pénitence, et le juste accroître ses mérites, s'élever toujours plus haut en sainteté et en gloire... Pour cela que faut-il? Prier, souffrir, travailler, et surtout vous aimer, Ô mon Dieu!
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