‹ Le catechisme expliqueChapitre 145 sur 288 · Comment faut-il prier · texte numérisé non relu

Comment faut-il prier

I faut prier avec ces quatre principales dispositions : l'attention, l'humilité, la confiance et la persévérance. Et Notre-Seigneur nous Re en outre, de prier en son nom.

4° L'attention. — Prier avec attention, c'est s'occuper de Dieu et de ce qu’on demande, et, autant que possible, éloigner de son esprit toute distraction , au moins toute distraction volontaire. Il ne faut pas qu'en

à “os ti

priant nous méritions ce reproche fait par Notre-Sei-

gneur aux Pharisiens : « Ce peuple m ‘honore deslèvres,

, Mais son cœur est loin de moi. » (S. Matth., xv, 8.)

2° L'humilité. — Prier avec humilité, c est reconnaïtre, à la vue de sa bassesse et en considérant la grandeur de Dieu, qu’on est indigne de paraître en la présence de sa majesté et d'obtenir ses grâces. Notre- Seigneur, dans la parabole du Pharisien et du Publicain, nous montre bien que l'humilité doit accompagner notre prière, si nous voulons qu'elle soit efficace.

3° La confiance. — Prier avec confiance, c’est avoir la ferme assurance que Dieu nous accordera l’objet de nos demandes, selon qu'il est utile à notre salut ; la bonté de Dieu, sa puissance, ses promesses, tout nous garantit le succès de nos prières. Le centurion de l'Évangile, implorant la guérison de son serviteur malade, est un bel exemple de la prière confiante.

2 La persévérance. — Prier avec persévérance, c'est ne point se lasser, 1ors même que Dieu diffère de nous exaucer. Notre- Seigneur a souvent insisté dans son Évangile sur la nécessité de la persévérance dans la prière. La parabole du Juge, et celle du Solliciteur qui vient la nuit, en sont la preuve. L'exemple de la Chananéenne fournit la démonstration de l'efficacité souveraine d'une prière persévérante.

5° Enfin, Jésus-Christ a recommandé de prier en son nom. Il s'est, en effet, constitué notre médiateur et pontife, et rappeler à Dieu le nom de son Fils Rédempteur, c'est lui remettre sous les yeux ses mérites, ses souffrances, sa mort, c'est-à-dire la rançon payée pour nous mériter les grâces que nous implorons. Puis Notre-Seigneur déclare positivement : « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera. » (S. Jean, xvi, 23.) C’est pourquoi l'Église, nous montrant l'exemple de ce recours au nom de Jésus-Christ, termine toutes ses prières par ces paroles : « Nous vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui vit et règne, etc. »

re

A8. — Dieu exauce-t-il toujours les prières qui lui sont faites avec les conditions que nous venons d'indiquer ?

Oui, Dieu exauce toujours les prières bien faites; non pas toujours, il est vrai, dans le sens de nos demandes, car parfois il nous arrive de solliciter des faveurs qui ne sont point selon les desseins de Dieu ni dans notre véritable intérêt ; mais Dieu nous exauce alors en nous accordant un autre bien non moins précieux. C’est pourquoi nous devons toujours mettre à nos demandes cette condition : € pourvu que ce soit conforme à la volonté divine. »

Nous serons plus certains d’être exaucés dans le sens de notre prière si nous demandons à Dieu ce qui peut contribuer à sa gloire, à notre salut ou à celui du prochain ; car nous savons que tout cela est dans les désirs de Dieu.

Quant aux biens temporels, tels que la santé, la richesse, le succès de nos entreprises, nous pouvons les demander à Dieu, mais avec discrétion, en nous soumettant d'avance à sa volonté sainte, et en nous proposant de faire un bon usage de ces biens s’il plaît à la Providence de nous les accorder.

CONCLUSION PRATIQUE

« La prière est à l'âme ce que la respiration est au corps. Si ia respiration s’arrêle par intervalles ou se fait difficilement, le corps va mal; de même si la prière manque ou ne se fait guère, l'âme va mal et court un grand danger. Si la respiration s'arrête entièrement, le corps meurt; et, si l’on cesse entièrement de prier, l'âme meurt aussi. » (P. Faber.)

« J'ai expérimenté cette vérité, car j'ai eu occasion de sonder Yâme d’an grand nombre de jeunes gens. Or, je n'ai jamais rencontré l'innocence que sous la garde de la prière ; celle-ci enfuie, il ne restait plus que la faiblesse. » (P. Félix.)

« Ayant la prière, préparez votre âme et ne soyez pas comme quelqu'un qui tente Dieu. » (Eccl., xvim, 23.) — « Vous demandez et vous ne recevez point, parce que vous demandez mal. » (S. Jacques, 1v, 3.)

Celui-là sait bien vivre qui sait bien prier. » (S. Augustin.)

COS" el CPR RES | NAPAN À ; # # DE LA PRIÈRE 4 279

STE j "2

$ II. — De l’Oraison dominicale.

Origine et excellence. — Explication sommaire : 4° préambule; 2° trois demandes concernant la gloire de Dieu; 3° quatre demandes relatives à nos besoins.

49. — Faites connaître l'origine et l'excellence de l'Oraison dominicale.

La plus excellente de toutes les prières est l'Oraison dominicale, ou prière du Seigneur, ainsi nommée parce que c’est Jésus-Christ qui nous l’a enseignée. — Le divin Maître avait plus d’une fois signalé la facon superbe et défectueuse dont les Pharisiens avaient coutume de prier. Un jour qu'il venait d'achever sa prière, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « Seigneur, apprenez-nous donc à prier. » Et le Sauveur reprit: « Quand vous prierez, vous direz : Notre Père, qui êtes aux Cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au Ciel. Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour ; pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; ne nous laissez pas succomber à la tentation; mais délivrez-nous du mal. Aiïnsi coit-il. » (S. Matthieu, vi, 9; S. Luc, xt 12)

Cette prière est très excellente par son origine, puisqu’elle n’est pas l'œuvre d'un homme, mais de Notre- Seigneur lui-même. Mieux que personne, connaissant nos besoins et la facon dont son Père veut être invoqué, il nous a donné la vraie formule de la prière. — Elle est aussi très excellente en elle-même, car elle renferme, en un court résumé, tout ce que nous pouvons désirer pour Dieu et pour nous-mêmes. Pour tous ces motifs, c’est à cefte prière qu'il convient de recourir de préférence, dans tous nos besoins.

20. — Donnez une explication sommaire de l’'Oraison dominicale.

L'Oraison dominicale se compose d'abord d'un

ty "QI

court préambule, plein Renan. puis de sept demandes, dont trois ont pour objet la gloire de Dieu,

et les quatre dernières ont rapport à nos propres |

besoins.

Le préambule ne contient que ces mots : Notre Père, qui êtes aux Cieux... Nous commençons par donner à Dieu le nom de Père, pour nous rappeler que nous sommes ses enfants et pour nous excitèr à le prier avec plus de confiance. Dans l’ancienne Loi, Dieu se faisait appeler «le Seigneur puissant et jaloux », et il voulait être craint; dans la Loi nouvelle, il s’est fait connaître sous le nom de Père, et il veut être appelé de ce doux nom. Quel fils n’a confiance quand il lui est donné de murmurer ce nom : « Mon Père! »

Mais Dieu veut que nous disions : notre Père ; c'est

pour nous donner urie lecon de fraternité. Il défend

que la prière du chrétien soit une prière égoïste, faite pour lui seul ; il nous fait souvenir que nous sommes tous frères, et que nous devons prier les uns pour les autres. C'est pourquoi, en récitant l’Oraison dominicale, nous penserons à tous nos frères du monde, et ce que nous demandons pour nous- mêmes nous le demanderons aussi pour eux à notre Père commun.

Nous ajoutons : Qui êtes aux Cieux. Cest afin de nous-rappeler la pensée du Ciel. Dieu, à la vérité, est présent partout. Mais le Ciel est le lieu de sa gloire : là il la manifeste avec plus d'éclat. Le Ciel est aussi le lieu de notre future destinée. En commençant notre prière, nous élèverons donc nos cœurs vers le Ciel où règne Dieu notre Père, nous,souvenant que là aussi nous espérons régner un jour avec lui.

Suivent les {rois demandes qui ont pour objet la gloire de Dieu :

[. Que votrenom sol sancltifié!. — Pour que le nom - duSeigneur soitsanctifié, il importe d’abord qu’il soit

connu. Or, de la population totale de notre globe, plus.

‘ « Sanctifier » signifie, ici, tenu pour saint, traité avec le respect qui sied pour les choses sainles.

de la moitié ne connait pas encore le nom du vrai Dieu... Puis, parmi ceux qui le connaissent, combien n'y en a-t-il pas qui l’outragent au lieu de le bénir !.… Par ces premières paroles nous demandons que les infidèles arrivent à la connaissance du vrai Dieu; que les hérétiques, les schismatiques et les pécheurs aiment, servent, adorent et glorifient, dans la vérité et dans la charité, le Père commun de tous les hommes, et que les catholiques l’honorent et le bénissent comme il veut être servi et adoré.

II. Que votre règne arrive. — Dieu est roi, et per: sonne ne peut entraver son infinie puissance sur les œuvres de sa création. Toutefois il est un règne de Dieu qui dépend de la libre volonté des hommes. Il ne peut régner dans nos âmes par sa grâce que si nous ne mettons pas d’obstacle à cette royauté. Hélas! il y a tant d'âmes où Dieu nc règne pas, parce qu’elles sont coupables de péché ct rangées sous la domination de Satan |. Nous demandons que toutes les âmes acceptent le règne de Dieu en elles, et que, par leur docilité, elles soient admises à régner un jour avec lui dans sa gloire.

IIL. Que votre volonté soit faite sur la terre comme ‘au Ciel.— Par ces paroles, nous demandons que tous les hommes aceomplissent sur la: terre la volonté de Dieu avec autant de zèle et d'amour que les anges e‘ les saints l’accomplissent dans le Ciel. — Or faire le volonté de Dieu, c’est obéir à sa Loi et se soumettre à 4 l'ordre de sa Providence, en souffrant avec patience les épreuves et les adversités. Quel spectacle offrirait la terre et quelle douce image du Ciel, si la volonté de Dieu s’accomplissait sans restriction et sans réserve !.…. Mais il s'en faut que cette volonté se fasse en tout, même chez les âmes les plus fidèles.

Après avoir intéressé Dieu à nos besoins en nous

intéressant d'abord nous-mêmes à sa gloire, nous pen-

sons à ce qui nous est nécessaire : c'est l’objet de quatre demandes.

hr r # ” ER ER AU CUS CUT EE LM Atet... 43 41 En

1V.Donnez-nous aujourd’ huinotre pain dechaque

| jour.— Par ces paroles nous demandons à Dieu ce qui nous est nécessaire, chaque jour, pour la vie soit du corps, soit de l'âme... Nous ne parlons que du jour présent, « aujourd’hui, » parce que Notre-Seigneur ne veut pas que nous nous occupions du lendemain: € A chaque jour suffit sa peine; » et ensuite parce qu'il veut être prié chaque jour. Pour la vie du corps, nous nous contentons de demander le nécessaire, qui est notre pain ; mais nous pouvons entendre par là notre nourriture, le vêtement, le logement. « L'homme ne vit pas seulement de pain, » a dit Jésus-Christ ; il a une âme qui vit de la vérité, de la parole de Dieu. Aussi devons-nous penser à ce qui est nécessaire à la vie de notre âme : son pain de chaque jour, c'est-à-dire la grâce de Dieu, la vérité, et principalement le pain suprasubstantiel qui la fait vivre : la sainte Eucharistie.

V. Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. — Par ces paroles nous prions Dieu de nous accorder le pardon de nos péchés et la grâce d’une sincère pénitence. Chaque jour, en effet, nous sommes pécheurs, et le

juste lui-même, a dit l'Esprit-Saint, pèche sept fois le jour. C’est donc chaque jour qu'il convient d’implorer la divine miséricorde. — Toutefois Notre-Seigneur joint à cette demande de notre pardon une lecon d’indulgence : il veut que nous pardonnions à ceux qui nous ont offensés, et il fait de cette indulgence pour les autres la condition de notre propre pardon. Nous nous condamnerions nous-mêmes si nous avions sur le cœur quelque sentiment de haine, au moment où nous lui demandons de nous pardonner comme nous pardonnons.

VI. Ne nous laissez pas succomber à la tentation. — Dans ces paroles, nous prions Dieu d’éloigner de nous la tentation, ou du moins de nous faire la grâce de ne pas y succomber. La tentation, ce sont les mauvaises inspirations qui peuvent nous venir soit du

nn NES

IV Ce

4 Éd St ce

Page 1