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démon, soit du monde, soit de nous-mêmes. Ce sont
aussiles épreuves et les adversités qu'il plaît à Dieu de nous envoyer. Nous ne pouvons guère espérer d'être délivrés de toute tentation : il la faut, en effet, pour éprouver notre vertu et nous faire acquérir le mérite. Du moins, nous demandons à Dieu la grâce de résister à la tentation; mais il faut à cette prière joindre la vigilance pour ne pas nous y exposer volontairement.
VIT. Mais délivrez-nous du mal. — Le mal, en général, c'est tout ce qui est mauvais ou pénible. Nous demandons à Dieu de nous délivrer de tout mal : du mal qui affecterait notre corps, comme la souffrance, la maladie, l’adversité, la perte de nos biens ou des personnes qui nous sont chères ; et aussi du mal plus sérieux encore qui s'attaque à notre âme: les pièges du démon, les mauvais penchants, le péché et ses tristes suites, les peines en ce monde, et l'Enfer éternel.
N'avions-nous pas raison de dire que l’Oraison dominicale, dans une formule courte et précise, renferme tout ce que nous pouvons demander de meilleur ? Le
. dernier mot: Ainsi soit-il! est un souhait qui ratifie
l'ensemble de ces demandes. Oui, mon Dieu, qu'il en soit ainsi |
CONCLUSION PRATIQUE
Afin de recueillir de notre récitation de l'Oraison dominicale tous les fruits que nous en pouvons attendre et que Jésus-Christ nous promet, il faut réagir contre la routine qui nous fait trop souvent réciter cette belle prière sans réflexion et sans piété. Un Notre Père, bien récité, vaut, lui seul, de longues: formules. « Étudiez et méditez toutes les prières, dit saint Augustin; vous n'en trouverez aucune, à mon avis, qui ne soit contenue dans la prière du Seigneur. »
Accoutumons-nous à réciter l'Oraison dominicale lentement et attentivement, pensant à chaque parole que nous prononçons, Ayons surlout dans le cœur la confiance d’un enfant qui parle à son Père. Et enfin, que cette prière soit notre recours dans tous nos besoins, dans nos tentations et dans nos peines : « Que
. votre volonté soit faite !.… Ne nous laissez pas succomber !.….
Délivrez-nous du mal! » | Û
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$ III. — De la Salutation angélique. 5
Origine de cette prière. — Explication sommaire des paroles de la Salutation angélique. ! /
24. — Faites cormaître l'origine de la prière appelée Salutation angélique.
Cette prière, qui s'adresse à la très sainte Vierge, n’a point, comme l'Oraison dominicale, Jésus-Christ pour auteur. Elle ne se trouve pas non plus en entier dans l'Évangile, mais elle a cependant une très noble origine, et se place immédiatement après le Notre Père par son importance. Elle renferme trois parties qui sont d'origine diverse.
La première partie se compose des paroles que l’ange Gabriel adressa à Marie, lorsqu'il vint lui annoncer le mystère de l’Incarnation : Je vous salue, lui dit-il, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, et vous êtes bénie entre toutes les femmes. (S. Luc, 1, 28.)
. La seconde partie se compose des paroles que sainte
Élisabeth, mère de saint Jean-Baptiste, dit à la Vierge Marie, sa parente, quand celle-ci vint la visiter à Hébron. Élisabeth répéta, après l'ange : Vous êtes bénie entre toutes lés femmes, et elle ajouta: Et (Jésus) le fruit de vos entrailles est béni. (S. Luc, 1, 42.)
La troisième partie fut composée beaucoup plus tard, et ajoutée par l'Église au texte de la Salutation angélique. Ainsi fut complétéela Salutation angélique.
22. — Expliquez brièvement le sens des paroles de VAve Maria.
La première parole : Je vous salue, est un terme e respect, employé par l’ange Gabriel lui-même. Or nous devons à la sainte Vierge un profond respect, parce qu’elle est la Mère de Dieu, la reine des anges et des hommes, et la plus sainte de toutes les créatures.
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Marie est le nom de la très sainte Vierge, et il signifie tout à la fois : océan d'amertume, étoile de la mer, illuminatrice. Or Marie est tout cela : sa vie a été mêlée de tant d'épreuves et de douleurs, qu'elle
peut bien être comparée aux flots amers de l'océan.
Elle est bien nommée Étoile de la mer, parce qu’elle a brillé dans les ténèbres comme un rayon d'espérance, présageant Jésus-Christ qui est la vraie lumière; et c’est dans le même sens que nous l’appelons i{luminatrice du genre humain. é
Pleine de grâces. — Ces mots veulent dire que la très sainte Vierge n’a pas seulement reçu, ainsi que nous, la grâce de Dieu ; mais elle en a été remplie et comme inondée : dans son esprit, doué de si vives lumières ; dans son cœur, si parfait et si saint; dans son âme, si riche de tous les dons et particulièrement embellie par le privilège de la maternité divine; jusque dans son corps, qui a reflété toutes les grâces intérieures de Marie.
Le Seigneur est avec vous. — Ces mots signifient que la divinité est d'une marre très particulière. avec Marie : le Père la traitant comme sa fille bien -aimée, le Fils comme sa mère, ct lé Saint-Esprit comme son épouse fidèle. *
Vous êtes bénie entre toutes les femmes. — Par ces paroles nous reconnaissons, avec l’ange Gabriel, la supériorité de Marie sur toutes les femmes qui ont paru avant elle et qui doivent venir après. Elle est, en | effet, plus sainte et plus privilégiée que toutes les créatures : seule elle a recu l'incomparable privilège de l'inmaculée Conception, et toute seule elle a donné au monde un Sauveur. Tandis qu'Éve a transmis à ses enfants la honte et le péché, Marie nous communique le salut et la vie.
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. — Nous indiquons par 1à que la très sainte Vierge tire sa principale gloire de Celui qui est vraiment son Fils selon la chair et qui possède, non plus comme Marie :
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RUN Gun | 286 “TROISIÈME PARTIE | par privilège, mais bien par nature, toutes les bénédictions : non seulement, en effet, il possède la puissance, la sainteté et la gloire: mais il est béni et glorifié par son Père, par les anges, par tous les hommes.
Sainte Marie, Mère de Dieu. — Ces paroles, qui
rappellent à la fois la sainteté de Marie et sa maternité
divine, ont pour but d'ouvrir notre cœur à la confiance, au moment où nous allons lui adresser notre supplique. Étant toute sainte, étant Mère de Dieu par le choix divin, et devenue notre mère par la participation qu’elle a prise à notre rédemption et par la parole efficace et puissante de Jésus qui lui a dit, au Calvaire, en nous désignant à sa tendresse : € Voilà votre fils, » Marie pourrait-elle fermer son oreille et son cœur au cri de notre misère ? :
Priez pour nous, pécheurs. — C'est la seule demande que nous faisons à la très sainte Vierge, sans préciser nos désirs ét nos besoins. Ah! c'est qu'elle les connaît mieux que nous! Une mère devine les besoins de son enfant, et la mère d’un Dieu comprend tout ce qui est nécessaire à ses fils d'adoption. C’est pourquoi nous nous bornons à lui rappeler notre qualité de pécheurs : c’est assurément notre meilleur titre à son souvenir et à sa charité.
Maintenant. — Ce mot indique notre besoin de secours à l’heure présente ; chaque instant de notre vie est, en effet, marqué par un besoin particulier; maintenant, c "est l'heure actuelle du danger, de la lutte ou de l'épreuve : c'est aussi le moment opportun de la miséricorde du Fils et de la puissance de la Mère.
Et à l'heure de notre mort. — Mais il viendra une heure plus redoutable encore et plus terrible « ce sera le moment d’une dernière et plus décisive attaque du démon, l'heure qui décidera de notre éternité en nous fixant pour jamais dans l’amour ou dans l’inimitié de Dieu; l'heure, par conséquent, où il sera plus nécessaire d'avoir Marié comme avocate et comme protectriee. C'est pourquoi nous lui demandons, en même temps