Quel est le signe sensible du Sacrement de
Baptème ?
Le signe sensible d'un Sacrement, avons -nous dit, doit renfermer deux choses : la matière et la forme.
I. Dans le Baptême, la matière nécessaire pour la validité, c’est l’eau naturelle, c’est-à-dire pure de tout mélange , et telle que Dieu l'a créée, comme l’eau de puits, de fontaine, de mer, celle qui provient de la neige ou de la glace fondue. Mais, hors le cas d’impossibilité, l’eau que l’on emploie est l'eau baptis- “male, bénite solennellement pour cet usage la veille de Pâques ou de la Pentecôte. C'est une bénédiction distincte de celle qui prépare l’eau bénite ordinaire ; puis le prêtre y a mêlé quelques gouttes de l’Autle des catéchwumènes et du saint-chréme.
En cas de nécessité, on prendrait, à défaut de l’eau baptismale, de préférence de l’eau bénite, et si l’on en manque, on se contenterait de l’eau naturelle; on pourrait, à toute extrémité, se servir d'une matière douteuse, c’est-à-dire d’eau quelque peu altérée : mais le baptème serait alors conditionnel.
L'application de la matière du Baptème, c’est-à-dire de l’eau véritable, se fait actuellement par infusion ou ablution, c'est-à-dire en la versant sur la tête du baptisé. Autrefois elle se faisait, spécialement pour les
adultes, par tinersion, en plongeant totalement le
baptisé dans l'eau; ou bien par aspersion, en jetant
de l’eau sur le catéchüumène. Ces deux manières seraient
également valides, mais elles ne sont plus en usage. IT: La forme du Baptème consiste dans ces paroles
que la personne qui baptise doit prononcer en même
temps qu'elle verse l’eau sur la tête de celui qui est baptisé : «Je te baptise, au nom du Père, et du us et du Saint-Esprit. »
L'oubli des mots : & Je te baptise, » ou toute the
altération essentielle de la formule, rendrait le Baptème invalide.
Le signe sensible du Baptème, réunion de la matière et de he forme, indique que l’âme est lavée intérieurement de ses souillures. Au sortir de ce bain mystérieux
où elle a été plongée et comme ensevelie, elle renaît
à une vie nouvelle, comme le Christ ressuscité. « Le vieil homme, comme parle saint Paul, l’homme de péché, disparait pour faire place à l° homme nouveau, formé à l'image de Jésus-Christ. » (Col. TT, 9.)
38. — Est-il nécessaire, pour être sauvé, de recevoir le Baptême?
Notre-$Seigneur a dit : € Si quelqu'un n’est régénéré par l’eau et le Saint-Esprit (c'est-à-dire n’est baptisé), il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » (Saint Jean, 11, 5.) Il suit de là :
1° Que les enfants qui meurent sans le Baptème ne peuvent être sauvés. D’après les paroles qui précèdent, ils n'iront pas au Ciel; mais il est permis de penser cependant qu'ils n'iront pas en Enfer. C’est l'opinion de saint Augustin, généralement suivie par les docteurs et acceptée comme probable. Ils seraient placés dans un lieu intermédiaire, appelé limbes, où ils ne verraient pas Dieu, mais où ils ne souffriraient pas. Dans ces conditions, leur sort, au jugement de saint Augustin, serait encore préférable à la non-existence.
2° En ce qui concerne les adultes, il faut distinguer. Ou bien ces adultes connaissent le Christianisme et la loi du Baptème : en ce cas, le Baptème leur est nécessaire pour le salut éternel. Ou bien ces adultes sont encore dans les ténèbres de l'infidélité et du paganisme, sans connaître la loi évangélique : dans ce cas, ils seront jugés d’après leurs œuvres. Dieu ne saurait leur faire
DU BAPTÊME MES 307 une nécessité du Baptème qu'ils ne connaissent pas, et s'ils ont été fidèles aux devoirs de leur conscience et de leur religion, ils pourront être sauvés.
Si rigoureuse que soit la loi du Baptême d'eau, ce Sacrement peut être suppléé, pour les adultes, de deux
. façons : par la charité parfaite, qu'on appelle aussi
baptème de feu ou de désir ; et par le martyre, qu'on nomme parfois baptême de sang. |
La charité parfaite peut suppléer au Baptème d’eau quand celui-ci est impossible, et qu’on en a un ardent désir, accompagné d'un véritable amour de Dieu et du regret des fautes actuelles que l'on a pu commettre. — Le martyre, qui consiste à donner sa vie pour Dieu, est le signe évident d’une charité vraiment parfaite; aussi remplace-t-il le sacrement de Baptème, en cas d’impossibilité de le recevoir, et l'Église a mis au rang des Saints plusieurs martyrs qui n'ont eu d'autre baptème que celui de leur sang.
CONCLUSION PRATIQUE
En raison de la nécessité même du Baptème, Notre-Seigneur a choisi comme matière du Sacrement l’élément le plus commun, le plus facile à rencontrer ; et il a bien voulu accorder à toute personne le droit de baptiser : tout fidèle doit, en conséquence, savoir la manière de baptiser, et connaître exactement la forme du sacrement du Baptême.
Du précepte tracé par Notre-Seigneur, il résulte que les parents chrétiens sont tenus de faire baptiser leurs enfants le plus tôt possible : ils se rendraient coupables de faute grave, s'ils diffé-
raient de plusieurs semaines, sans motifs très sérieux. L’ab-
sence du parrain ou de la marraine n’est pas, en soi, une raison suffisante. — Assurer un enfant, ou l’ondoyer, c'est lui donner le Baptème proprement dit, mais sans les cérémonies solennelles qui précèdent et qui suivent. L'ondoiement n’est permis que dans les cas d'urgence. Les cérémonies doivent être suppléées à l’église en temps opportun.
Bien «qu'on puisse, en théorie, admettre l'opinion de saint Augustin sur le sort des enfants morts sans Baplême, dans la pratique il faut considérer comme un très grand malheur pour eux d’être à jamais éliminés du royaume des Cieux, et se faire un très grave devoir de conscience de ne les pas priver, par sa faute, de la grâce du saint Baptême.
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S II. — Effets du Baptême.
Quatre effets principaux : 4° le Baptème efface le péché originel et en même temps les péchés actuels dans les adultes; 2° il remet toutes les peines dues aux péchés ; 3° il donne la grâce sanctifiante ; 4° il imprime un caractère.