Qui a institué le sacrement de l'Extrême- Onction
C'est Notre-Seigneur Jésus-Christ. — L'Évangile ne rapporte pas les circonstances et les particularités de cette institution ; mais nous voyons ce sacrement déjà mis en usage par lés Apôtres du vivant même de Notre- Seigneur : € Îls faisaient, nous dit saint Marc, des onc-
tions sur de-nombreux malades, etils les guérissaient. »
(S: Mare, vi, 13.) Saint Jacques, dans son épitre, nous fournit ce tonte décisif : « Quelqu'un d’entre vous est-il
Pre
malade ? Qu'il appelle les prêtres de l'Église, é qu ‘ils prient pour lui, en l’oignant d'huile au nom du Seigneur, et la prière de la foi sauvera le malade ; le Seigneur le soulagera, et, s’il a commis des péchés, ils lui seront remis. » (Ch. vi, 14-15.) Nous voyons dans ces paroles les effets merveilleux promis à cette onction : or il n'ya que Dieu qui puisse attacher detelles grâces à un simple rit extérieur, tel qu'est l'Extrême-Onction. C’est pourquoi le concile de Trente conclut : « L'onction sainte des infirmes est un vrai sacrement du Testament Nouveau, institué par Notre-Seigneur, insinué par saint Marc et promulgué par saint Jacques. » (Sess. XIV, 1.)
400. — Quel est le signe sensible du sacrement de l'Extrême-Onction ?
I. La matière est l'huile d'olive, bénite par l'Évêque le jeudi saint et qu'on appelle l'huile des infirmes. Cette matière est appliquée en forme de croix sur les drganes qui sont les principaux instruments-du péché, savoir : les yeux, les oreilles, les narines, la bouche,
les mains, # es, pied Rs . L'huile, dont nous connaissons déjà les propriétés et
la signification, marque que le sacrement de l’'Extrême- Onction éclaire et fortifie le malade, et adoucit ses souffrances. L'onction est faite sur les différentes parties du corps pour en réparer les fautes, et aussi pour consacrer le malade tout entier, non plus comme un prêtre et un roi, mais comme une victime offerte à Dieu en expiation.
. IT: La forme du sacrement consiste dans les prières que le ministre prononce en faisant les onctions. En voici la formule : « Par cette sainte onction et par sa très douce miséricorde, que le Seigneur vous pardonne tous les péchés que vous avez commis, par... (il ajoute ici le nom du sens sur lequel il fait l’onction) : la vue, — louïe, — l’odorat, — le goût et les paroles — le toucher, — les démarches. »
Si le malade était en danger extrème et qu'on craignit
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ae. n'avoir pas le temps de faire toute les onctions et de répéter sur chaque sens la formule sacramentelle, on se contenterait d'une seule onction sur le front, en disant d'une façon générale : « Que Dieu vous pardonne tous les péchés que vous avez commis par tous les sens. » Puis, si le malade survivait, on reprendrait en détail les diverses onctions avec leur formule afin de mieux assurer les effets du Sacrement. |
- AO. — Le sacrement d'Extrême-Onction est-il absolument nécessaire au salut?
Non, lé sacrement d'Extrême-Onction n’est pas absolument nécessaire; car, pour être sauvé, il suffit d’être en état de grâce, et cet état peut s’obtenir déjà par la Pénitence, et même par la contrition parfaite. — Toutefois Notre-Seigneur n’a rien fait d’inutile, et puisqu'il a institué ce sacrement, il y a profit et devoir d'y recourir toutes les fois que cela est possible. Nul doute, dit saint Thomas, que celui qui refuse l'Extrême-Onction par mépris ne pèche mortellement, et par conséquent, sil meurt sans réparer cette faute | il est en périlide damnation. ICS
Il serait aussi très dangereux de s’en priver par négligence ou par des retards coupables ; car l’Extrème- Onction complète l'effet du sacrement de Pénitence, et au défaut dece dernier sacrement, elle peut, en certains cas, être l'unique moyen de salut. Enfin elle est un secours toujours très utile, et c'est pourquoi nous devons nous empresser d'y recourir et ne pas nous exposer, en la retardant, à être privés de ses avantages.
CONCLUSIONS PRATIQUES
4° Loin de nous effrayer de l'Extrême-Onction, sachons apprécier ce bienfait de nolre divin Sauveur. Après nous avoir sanctifés par le Baptème dès notre entrée dans la vie, après nous
* avoir ménagé d'autres Sacrements pour le cours de notre existence .ilnous offre ce dérnier secours pour le moment de notre mort afin de nous restituer à Dieu innocents et purifiés. De-
mandons souvent, tandis que nous sommes en santé, de ne pas mourir sans l'Extrème - Onction.
2° Voulons-nous éviter à notre famille un grénd embarras, sollicitons nous-mêmes, dès que nous sommes malades, la visite d'un prêtre, selon la recommandation de l’apôtre saint Jacques. « Quand vous serez, je ne dis pas légèrement, je ne dis pas dangereusement, mais sérieusement malade, a écrit un saint prêtre, demandez de vous-même, faites plus, exigez absolument qu'on fasse venir un prêtre. Et s’il est nécessaire, déclarez énergiquement que vous n'entendrez au médecin qu'après avoir vu le prêtre. Soyez sûr que de cette manière vous le verrez bientôt, et qu’au gré de votre entourage il n’arrivera jamais assez vite. » (P. Péréror, Préface à la Journée des malades.)
$ II. — Effets de l'Extrême-Onction.
Effets produits : 1° sur l’âme, 2° sur le corps.
402. — Quels sont les effets du sacrement d'Extrême-Onction ?
D’après les paroles de saint Jacques, nous voyons que l'Extrême-Onction produit deux sortes d'effets, les uns ayant rapport à l’âme et les autres au corps.
É. Effets produits sur l'âme. — 1° « La prière de la : foi, dit saint Jacques, sauvera l’infirme. » De quel salut est-il ici question ? D'abord et avant tout du salut de l’âme; car il ajoute bientôt après : « Et s’il est en état de péché, ses péchés lui seront remis. » Si donc le malade, en état de péché mortel, ne peut recourir au sacrement de Pénitence, l’Extrême-Onction aura pour premier effet de lui remettre ses péchés, même mortels. — Mais s’il a déjà la grâce de Dieu, le Sacrement aura pour effet d'augmenter la gräcesanctifiante et de purifier le malade des restes du péché; il le délivrera des langueurs et des troubles qui en sont la suite, ainsi que des dettes qu'il aurait encore à payer à la justice divine.
2 Un autre effet de l'Extrême-Onction sur l'âme, c’est de la soulager et de la fortifier. Qui peut connaître ses inquiétudes, ses tristesses, ses craintes, ses remords
DE L'EXTRÊME - ONCTION Mo
peut-être ? L'Extrême-Onction calme l'esprit et tranquillise le cœur, parce qu'elle met le malade en paix avec Dieu. Peut-être aussi, en face de la mort, l'infirme éprouve des appréhensions redoutables, des tentations
terribles. Le dernier Sacrement fortifie le chrétien contre toutes ces terreurs et contre les suprêmes efforts du
démon : il l’aide à mourir saintement,.
IT. Effets produits sur le corps. — 1° En disant que « la‘ prière de la foi sauvera le malade », saint Jacques nous autorise à espérer de l'Extrème-Onction la santé corporelle, si Dieu le juge utile pour le salut de l’âme. Loin donc que ce Sacrement soit l'annonce d’une mort prochaine, il est un moyen de guérison : eela s’est vu souvent, et on le constaterait davantage si l’on recourait à ce précieux secours avant que le péril fût extrême et la mort imminente.
2° Si l'Extrême-Onction ne rend pas la santé au malade, du moins elle lui procureun soulagement corporel. « Le Seigneur, dit saint Jacques, soulagera l'infirme, » non seulement dans son esprit et dans son âme, mais même dans son corps. N'est-ce pas Dieu, en effet, qui est le maître de la santé? N'est-ce pas lui qui donne aux médicaments leur vertu et leur efficacité? D'ailleurs, les médecins constatent souvent que le calme de l'esprit favorise les effets de leurs prescriptions. Réconcilié avec Dieu, le malade sera plus calme, ses souffrances seront adoucies, ou du moins il aura plus de courage et plus de force pour les supporter en patience.
CONCLUSIONS PRATIQUES
1° Non contents de désirer pour nous-mêmes les salutaires effets de l’'Extrême-Onction, nous devons nous efforcer de les procurer aux autres, particulièrement à nos parents et à nos amis, qui peut-être ne songent pas à les demander ou n'osent le faire dans la crainte de nous contrister.
C'est là un devoir de charité du premier ordre, et souvent aussi un devoir de justice. Quels regrets et quels remords d'avoir à se dire: « J'ai peut-être, par ma négligence, été
cause dé la mort éternelle d'une âme... el d'une âme que j'aimais ! » Au contraire, quelle source de consolation et d'espérance, quel adoucissement aux trislesses de la séparation, de pouvoir se dire: « J’ai procuré à ce parent, à cet ami, une sainte mort, et j'ai l'espoir de le retrouver au Ciel! »
2° On craindrait moins d’effrayer le malade par la présence d'un prêtre, si l’on habituait les familles à ne pas se faire du prêtre une sorte d'épouvantail, si on lui ouvrait plus aisément, en santé, l'entrée de sa demeure, si on l'appelait dans les maladiés moins dangereuses comme un consolateur, si enfin l'on représentail aux malades que les Sacrements, et en particulier l’'Exirême-Onction, selon que l'Église l'enseigne d'après nos
Livres saints, loin d’être une annonce de mort, sont au contraire un moyen de salut ou du moins de soulagement.
$ III. — Ministre, Sujet, Cérémonies de l'Extrême-Onction.
Le ministre de l'Extrème-Onction. — Le sujet de ce sacrement. — Dispo“
sitions requises pour le bien recevoir. — Principales cérémonies de l'Extrème.- Onction.
103. — Quel est le ministre du sacrement de l'Extrême-Onction?-
Tout Évêque ou tout prêtre administre validement ce Sacrement, parce qu'il ne faut pour cela que la puissance d'Ordre. Quand saint Jacques dit : « Que l’infirme fasse venir les prêtres de l'Église, » il faut entendre par cette parole, dit le concile de Trente, non pas les anciens, mais les prêtres ordonnés par l'Évêque. D'ailleurs, un seul prêtre suffit pour cette fonction du ministère.
Hors le cas de nécessité, le Curé seul, ou les prêtres commis par l'Évêque ou délégués par le Curé peuvent administrer licitement l'Extrême-Onction. — Ce serait une faute grave de s’ingérer dans cette fonction sans un consentement exprès ou présumé. En conséquence, les fidèles doivent s'adresser au clergé de leur paroisse pour l’'adminisiration de ce sacrement, à moins de nécessité urgente ;
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