Quel est le sujet de l'Extrême- Onction
C'est le chrétien, adulte, malade et en danger de mort. Ainsi que les autres Sacrements, l'Extrême-Onction présuppose le Baptème, qui en est la condition préliminaire et nécessaire. Ce sacrement étant destiné à effacer les restes du péché et le péché même, on ne le donne qu’à ceux qui ont pu déjà offenser Dieu, et par conséquent aux adultes. On ne l’accorderait pas aux enfants qui n’ont pas encore l’âge de raison, ni aux insensés qui n’ont jamais eu conscience de leurs actes, mais bien à ceux qui ont eu des intervalles de raison. — Pour être sujet capable du sacrement d'Extrème-Onction, il faut, de plus, être malade : saint Jacques le dit positivement. Il n’est pas nécessaire que la maladie soit désespérée : il suffit qu'elle soit grave de sa nature, constituant un danger probable de mort plus ou moins prochaine. — Le danger de mort, sans maladie, ne permet pas la réception de l’'Extrême-Onction ; ainsi on n'administre pas les soldats avant le combat, ni les condamnés à mort, bien que le péril de mort soit réel pour les uns et certain pour les autres. Mais après une blessure grave on peut donner l'Extrème-Onction, parce qu'il y a alors maladie et danger de mort. On donne aussi ce Sacrement aux vieillards qui déclinent sensiblement, parce que leur état constitue une maladie. Évidemment on ne peut administrer ceux qui seraient certainement déjà morts.
Enfin, on ne peut recevoir l'Extrême-Onction qu'une seule fois dans la même maladie. Mais si après une convalescence on retombe en danger, ou si l’on contracte une autre maladie grave, on pourra renouveler, même plusieurs fois, le sacrement de l’Extrême-Onction.
4105. — Quelles sont les dispositions requises pour bien recevoir l'Extrême-Onction ?
I. Avant la réception de ce Sacrement il faut, autant que possible, se mettre en état de grâce par la Pénitence et l’absolution sacramentelle ; car ce n’est que par exception que l'Extrème-Onction est un sacrement des morts,
et de sa nature il est sacrement des vivants. Si le malade
ne pouvait se confesser, soit parce qu'il a perdu l'usage de la parole, soit parce qu'il manque d’un confesseurconnaissant la seule langue qu'il puisse parler, il devrait, par .
quelque signe extérieur, exprimer son repentir, témoigner du désir de l’absolution, et avoir intérieurement un vrai regret de ses péchés. — On donne néanmoins l'Extrême- Oncton aux malades sans connaissance, bien qu’ils soient incapables de présenter ces dispositions, parce qu’on leur suppose toujours le désir raisonnable et l'intention préalable de ne pas se priver d’un tel secours.
IT. Pendant la cérémonie de l'Extréme-Onction, le malade, autant que possible, doit suivre les prières de TÉg lise, demander à Dieu le pardon des différentes fautes commises par les sens sur lesquels on lui fait l'onction sainte, se confier à la miséricorde de Dieu, se résigner à sa volonté , et lui faire humblement le sacrifice de sa vie.
IT. Après l’'Extrême-Onction, le malade se souviendra que par l’onction de l'huile sainte il a été consacré à Dieu comme une victime d’expiation; et prenant comme modèle de résignation et de courage Jésus- Christ sur la Croix, il se recommandera à sa divine bonté, faisant souvent des' actes de foi, d'espérance et de charité, regardant et baisant avec amour la Croix qu'il conservera près de lui comme un fortifiant et encourageant exemple. Enfin, il est très utile de prononcer les noms de Jésus, Marie, Joseph, en les invoquant comme modèles et patrons de la bonne mort.
406. — Quelles sont les principales cérémonies de l’'Extrême-Onction?
Observons d’abord que la chambre et le lit du malade devront être convenablement disposés ainsi qu'il a été dit déjà pour lacommunion des infirmes. Sur la table, préparée de la même facon, on placera, outre le crucifix,: les chandeliers et le vase d’eau bénite, deux plateaux ou deux assiettes : sur l’une seront disposésseptou huit petits
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pelotons de ouate, destinés à essuyer les onctions, et un
peu de mie de pain, pour purifier les doigts du prêtre
après la cérémonie ; l’autre sera destinée à recevoir les pelotons après chaque onction. Enfin, on devra préparer une cuvette avec de l’eau, e. une serviette, pour le
moment où le prêtre se lavera les mains. Tous ces pré-
paratifs seront faits avant l’arrivée du prêtre. Lorsqu'il est parvenu dans la chambre du malade, le prêtre dépose sur la table, devant le’crucifix, les saintes
huiles renfermées dans un petit vase d'argent. Il se
revêt du surplis et de l’étole violette, puis il commence la cérémonie sainte.
4° Il exprime le vœu formulé par le Sauveur : « Que l& paix soit sur cette maison et sur ceux qui l'habitent !» Et il asperge avec l’eau bénite le malade et les assistants, en récitant Asperges me.
20 Il dit une oraison dans laquelle demande à Dieu éloignement du démon et l’assistance des saints Anges.
3° On récite le Confiteor avec Misereatur et Indul-
gentiam, afin de préparer ainsi le malade par l'humilité,
la contrition et la confiance, à la grâce du Sacrement. 4° Alors a lieu l'administration proprement dite du
Sacrement : elle commence par une oraison spéciale
pour le malade, elle se continue par les onctions saintes
-sur les différents sens, que le prêtre essuie au fur et à
mesure avec les pelotons de ouate préparés dans ce but. — Chaque onction. est faite en forme de croix: car c’est toujours au nom de Jésus-Christ et par les mérites de sa Passion que sa grâce nous est communiquée.
5° Après que les onctions sont terminées, le prêtre récite encore trois oraisons. Il y rappelle les promesses de Nôtre-Seigneur rapportées par saint Jacques, et demande pour le malade ja santé de l’âme et celle du corps, si Dieu juge cette dernière utile; il sollicite pour lui le soulagement, la confiance et le courage.
Ici s'arrêtent les cérémonies de l'Extrême-Onction; mais si le malade paraît sur le point de mourir, et si ses dispositions de repentir, de foi et de résignation justi-
CAR MEN 390 TROISIÈME PARTIE fient cette faveur, le prêtre, en vertu d'un pouvoir spécial conféré pour la circonstance, peut accorder l'in dulgence plénière, dite in articulo mortis, primitivement réservée au souverain pontife. — La forme de cette indulgence se compose de versets et de répons, d'une oraison spéciale, de la récitation du Confiteor, et enfin d’une formule d’absolulion générale avec une dernière bénédiction.
Quand le malade est près d’expirer, il est bon de réciter pour lui les prières des agonisants. | ‘
CONCLUSIONS PRATIQUES
Le Admirons encore une fois et bénissons l’infinie miséricorde de Notre-Seigneur de nous avoir ménagé, pour la dernière heure de si précieux secours. Maïs aimons et bénissons aussi la sainte
Église, qui, loin de nous abandonner quand la vie nous échappe,
redouble alors de sollicitude et de tendresse !
2° C'était le vœu d'un Prophète de « mourir de la mort des justes ». Que ce soit aussi notre souhait de tous les jours. Exprimons-le assez clairement pour que ceux qui s'intéressent à notre âme nous ménagent cette consolalion suprême d’avoir, à notre chevet de mourant, l'assistance et les prières de l'Église et de son ministre.
3° Enfin, pénétrons-nous bien de cette vérité : la meilleure
manière de prouver à un mourant notre affection pour lui, c'est ,
de faire tout notre possible, avec discrétion, prudence et zèle, pour lui procurer une bonne et sainte mort.
Si nous ne pouvons nous constituer personnellement les anges gardiens des malades, ce sera du moins une consolation et une espérance de mettre à leur chevet une sœwr de Charité ou une sœur garde-malade qui remplira notre office.
$ I. — Notions générales de ce Sacrement.
Définition. — Institution divine du sacrement de l'Ordre. — Hiérarchie de l'Ordre: ses différents degrés. — Hiérarchie de juridiction. — Signe sensible : matière et forme des divers Ordres.