Faites-nous connaître. l'âme. k
L'éme: est un esprit immortel, que Dieu a créée pour être unie au corps de l'homme. — C'est une: substance spirituelle, à la manière de celle de Dieu et des anges, quoique moins’ parfaite, et destinée à être unie à un corps, devant être servie par des organes.
Nous: disons que cette âme est faite à l’image et à la ressemblance de Dieu... Eneffet, elle estunesprit, comme Dieu est un esprit; elle:est, comme lui, bien que dans un moindre degré, capable de: connaître, d'aimer et d'agir librement ; elle:est appelée, comme lui, à vivre : étenmnellement dans les: siècles à venir. Et enfin, — aïnsi que nous l'expliquerons bientôt, — Dieu a complété ces traits de ressemlilance divine en revêtant l’âäme humaine de justice, de sainteté et d’innocence, et en la destinant à jouir de son propre bonlieur. L'homme a été créé, en effet, pour conmaître Dieu, l'aimer, le: senvir, et par ce moyen obtenir la vie éternelle.
LL L'existence de l'âme est niée par les matéridlistes, secte « non de philosophes, mais: de menteurs », come disait Pascal. Nous disons, nous, spiritualistes et catholiques, que l'âme existe, et qu'elle est distincte
du corps. L'Écriture sainte ne nous laisse aucun doute | à cet égard. Nous venons de voir, dans le récit de la’ 4 création de l'homme, que l’âme est quelque chose de …
spirituel, comme un souffle émané de Dieu. Le que âme est répété à chaque page des livres saints, partout il désigne quelque chose de réel, de a du corps. « À la mort, la poussière rentre dans la, terre d’où elle a été tirée, et l'esprit, ne. l'âme, retourne à Dieu qui l’a donné. » (Eccl., xn, 7.) Aussi l’exis-tence de l’âme humaine est un dogme fondamental, dont la croyance est nécessaire au salut.
La raison humaine s'élève à la connaissance et à la certitude de l’existence de l’âme par les mêmes considérations qui lui font admettre l'existence de Dieu. Nous connaissons Dieu à ses œuvres, et notre âme à ses actes. Nous constatons aisément en nous des faits que les philosophes rapportent à la sensibilité, à l’intelligence, à la volonté. Mais ce n’est pas la matière, et par conséquent notre corps, qui est capable de sentir, de penser, de vouloir. Il faut donc que ce soit un autre principe, et c'est ce que nous appelons notre âme.
IT. Complétons cette notion de l'âme humaine, en ajoutant qu'elle est libre et immortelle. ,
1° Elle est libre, c’est-à-dire pouvant choisir et faire le bien ou le mal. Cette liberté est affirmée par la sainte Écriture et par l’Église dans ses conciles; d'ailleurs, la promesse des récompenses et la menace des châtiments sont fondées sur cette liberté; il n’y aurait ni mérite ni démérite si nous n'étions pas libres. Or partout et toujours il y a eu des lois, des traités,
des récompenses, des châtiments ; c’est donc que par-
tout on croit à la liberté humaine.
Au reste, nous nous sentons libres, et le fatalisme, qui est la‘négation du libre arbitre, trouve sa réfutation dans la conscience individuelle qui preclame notre liberté, et dans la contradiction que les partisans du fatalisme mettent entre leurs principes et leurs actes :
. toujours, dans la pratique, ils se comportent comme ayant conscience et faisant usage de leur liberté. - 2° Notre âme est immortelle, c'est-à-dire qu'elle ne * périt pas avec notre corps, qui n'est que son enve- - loppe. « Dieu, dit l'Écriture, a créé l'homme sans terme et sans fin. » (Sag., ir, 23.) C'était un dogme de . la religion mosaïque; c’est l’enseignement positif de Notre-Seigneur, qui non seulement proclame la survi- . vance de l'âme, mais encore nous a révélé le mystère de la résurrection des corps, pour partager avec les âmes leur destinée éternelle, heureuse ou malheureuse. : La sagesse antique, dans la personne des philosophes Socrate, Platon, Cicéron, Sénèque, a professé la croyance à l'immortalité de l’âme. Nous l’admettons, nous chrétiens, sur l’enseignement de la Révélation et de l'Église, et parce que la raison nous dit : 4° que l'âme, étant spirituelle et simple, ne peut pas mourir : car la mort est la décomposition des parties qui constituent un être; or l’âme, étant une et indivisible, ne . peut ni se décomposer ni mourir ; 2° que l'âme ne saurait, non plus, être anéantie ; car la science elle-même nous enseigne que rien ne périt dans la création, et : Dieu ne doit pas faire d'exception pour les âmes, créatures d’un ordre supérieur ; 3° enfin, l’âme est immortelle, car elle a le désir instinctif de vivre, et Dieu ne doit pas tromper son espérance ; elle a faim et soif de bonheur, et Dieu, qui ne comble pas son attente en ce ‘monde, doit la satisfaire en une autre vie; elle est hbre, et par conséquent il lui faut au delà de ce monde la | récompense ou le châtiment qu’elle ne trouve pas icibas. Il lui faut, en un mot, une vie future, parce que h justice de Dieu, qui ne s'exerce pas toujours en la vie présente, demande qu'il y ait une autre vie où tout se répare, où le bien trouve une définitive récompense, le mal un définitif châtiment.
CONCLUSION! PRATIQUE
« Quand je n'aurais d'autre preuve de l'immortalité de l'âme,
que le triomphe du méchant et l'oppression du juste en ce monde, a dit Jean-Jacques Rousseau, cela seul m'empêcherait d'en douter. Une contradiction si manifeste me forcerait de la résoudre. Je me dirais : Tout ne “ pas pour moi avec la vie, toutrentre dans l’ordre à la mort.
C'est là l'espérance juste; il comple sur l’immortalité , et il dit avec saint Paul: «Je souffre, mais je ne suis pas confondu. » (IT Tim., 1, 12.) Ce doit être l'éffroi du pécheur, et s’il rencontre ici-bas le succès, les prospérités temporelles, il doit craindre dans une autre vie les représailles de la justice d'un Dieu qui a l'éternité devant lui.
S'VTI. — L'état W’innocence. — La chute.
État d'innocence ou de justice originelle. — (Condition mise à sa perpétuité. — .Chute de l'homme. — Ses conséquences. — Transmission de la faute originelle.
SL. — Dans quel état Dieu créa-t-il Adam et Êve?
Dieu créa Adam et ve dans un état de sainteté et ‘de bonheur, leur réservant le ciel comme récompense de leur fidélité. C’est là ce qu'on appelle l'état d'innocence ou de justice originelle, dont l'histoire sainte mous trace.le tableau, et dont tous les peuples ont conservé la mémoire, sous le nom d'âge d'or. Dans cet heureux état, nos premiers parents étaient merveilleusement favorisés et pour le corps et pour l’âme.
1° Quant au corps, il était exempt du travail pénible ; 1l ne connaïssait pas la souffrance ni la maladie, et il ne devait point connaître la mort. Après avoir icibas goûté toutes les félicités de l’ordre naturel, il devait être transporté au-ciel, dans le lieu d’une félicité sans
“ombre et aussi sans fin,
2 Quant à l'âme, elle était enrichie de tous les dons natureïs, et la bonté divine y avait surajouté, par surcroît, des dons surnaturels. — Dans l’ordre naturel, c'était une intelligence parfaite, exempte des ténèbres et des incertitudes de l'ignorance ; une volonté dirigée vers le bien, et exempte de l'inclination au mal; un cœur qui spontanément s’attachait à Dieu et à ce qui
est bon, ignorant les tristes entraînements de la con- cupiscence. — Dans l’ordre surnaturel, Dieu communiquait à l'âme de nos premiers parents des lumières plus parfaites que.celles ‘de la raison : il conversait avec eux, il leur permettait de l'aimer, et à toutes les joies de ce monde il ajoutait la promesse de son propre » bonheur, et cela pour l'éternité. Le mot qui résume » tous ces privilèges surnaturels, c’est la grâce, principe . de sainteté, de charité et de gloire.
82. — Quelle condition Dieu avait-il mise à la perpétuité de cet état?
En plaçant nos premiers parents dans le Paradis terrestre, Dieu mit à la perpétuité de leur bonheur une condition facile, mais à laquelle il attachait une souveraine importance. Il permit à Adam et Êve de manger de tous les fruits du jardin de délices, à l'exception du fruit d'un arbre, qu'il appela l'arbre de da science du bien et du mal. Puis il ajouta : € Le jour où vous mangerez de ce fruit, vous mourrez. » C'était renfermer dans cette menace, pour Adam et sa postérité, la perte de tous les dons exceptionnels et surnaturels qui étaient attachés à l’état d'innocence. À