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Quel est le signe sensible du sacrement de l'Ordre

Chacun des Ordres que nous avons indiqués renferme un signe sensible, composé d’une matière et d'une forme. ere

Dans les Ordres mineurs, la matière consiste dans la présentation, par l'Évêque, des objets ou instruments qui indiquent les fonctions attachées à chaque Ordre : les clefs, pour l’ordre de portier; le livre du Missel ou del Écriture sainte pour le lecteur ; celui des exorcismes ou de l'Évangile pour l’ordre d’exorcistes ; le chandelier allumé et les burettes vides pour l acolyte. En même temps l'Évêqué prononce une formule par laquelle il confère les pouvoirs attribués à chaque Ordre : c'est la forme de chacune des ordinations.

Dans le Sous-Diaconat l'Évêque fait toucher à chacun des ordinands le calice et la patène ; puis, l'ayant revêtu des ornements sacrés, le manipule et la tunique, il lui présente le livre des Épitres, et il accompagne chacun de ces actes de paroles qui en indiquent la signification : ce sont la matière et la forme.

Le Diaconat à pour matière particulière l'imposition des mains de l'Évêque sur la tête des ordinands selon que les Apôtres l'ont pratiqué pour les premiers diacres, il dit en même temps : « Recevez le Saint-Esprit, pour

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résister au démon et à ses tentations. » Puis il revêt le diacre de l’étole et de la dalmatique, et lui présente le livre des Evangiles. Ces actes, etles paroles quiles accompagnent, constituent la matière et la forme du diaconat.

La Prétrise est conférée dans une cérémonie très s0lennelle. L'Évêque imposeles mains sur chacun des ordinands, ce que font aussi, après lui, tous les prêtres présents ; ensuite, élevant les mains sur tous à la fois, tandis que les prêtres présents les élèvent aussi, l'Évêque récite gravement les prières dites de la consécration. C’est là ce qui est considéré comme la matière et la forme essen- tielle de la prétrise. L'Évéque revêt ensuite l'ordinand des vêtements sacerdotaux, l’étole et la chasuble ; puis il fait à l’intérieur de chaque main une onction avec l'huile sainte des catéchumènes ; il donne à toucher le calice où il y a du vin non consacré, et la patène sur laquelle est une hostie non consacrée, en disant : « Recevez le pouvoir d'offrir à Dieu le sacrifice et de célébrer la Messe tant pour les vivants que pour les morts. » Ces actes et les parolés qui accompagnent constituent la matière et la forme de la prétrise.

Enfin l'Épiscopat, qui est la plénitude du sacerdoce, a aussi une imposition des mains par trois Hvèques, le consécrateur et ses assistants, ainsi que des prières qui accompagnent : ce sont la matière et la forme de la consécration épiscopale. La tête et les deux mains de l'élu sont ensuite marquées de l’onction du saintchrême; puis l'Évêque consécrateur bénit et remet à l'Évéque élu les insignes de sa dignité : la crosse, l'anneau, la mitre, avec des paroles qui expriment le sens de ces cérémonies saintes.

CONCLUSION PRATIQUE

C'est le sacrement de l'Ordre qui donne des prêtres à l'Eglise. D'un côté, l'Ordre est pour ceux qui l'ont reçu une haule dignité, mais accompagnée de grands et difficiles devoirs ; de l’autre, il est pour la société chrétienne un immense bienfail. La conséguence est que les fidèles ont à l'égard de tous ceux qui parti- ,

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cipent à la hiérarchie de l'Église le devoir d’un profond respect ÿ et d’une grande reconnaissance.

Mais plus est élevé dans la sainte hiérarchie un membre du clergé et plus il se rapproche de Jésus-Christ, souverain Prêtre, par sa dignité et ses fonctions, plus il a droit à ce respect et à celle reconnaissance. De là certaines obligations :

‘1° À l'égard du souverain Pontife. — Reconnaître sa souveraine autorité, lui obéir avec un amour filial, lui donner une large part dans nos prières ; et, dans lés temps malheureux où nous sommes, puisqu'il est privé des ressources de sa SOUVErainelé ponlificale, lui venir en aïde par l'aumône et le Dernier de Saint-Pierre.

2° A l'égard de l’Évéque diocésain. — Vénérer en lui la plénitude du sacerdoce, et lui obéir comme au successeur des Apôlres ; l'aimer comme un père à qui nous devons, dans l’ordre spirituel, la vie de nos âmes ; prier pour Jui, car, surtout dans le temps présent, l'honneur de l'Épiscopat est une charge qui entraine de grands devoirs et de grandes responsabilités.

8° À l'égard du Curé et des Prêtres, ses auxiliaires. — Noir toujours en eux les ministres de Jésus-Christ, les honorer el les respecter; fermer les yeux sur leurs imperfections et leurs défauts, se souvenant que le caractère sacré n’enlève pas les imperfections de la nature humaine, mais que le prêtre n'en resle pas moins le ministre de Dieu, ayant droit au respect, à la docilité et à la reconnaissance.

$ II. — Effets du sacrement de l'Ordre.

Effets spirituels de ce sacrement. — Principales obligations qui résultent de la réception des saints Ordres.

AA. — Quels sont les effets du sacrement de l'Ordre ? /

Nous pouvons les rapporter à quatre principaux :

1° Il donne, à chaque degré de la hiérarchie, une augmentation de la grâce sanctifiante que l’on doit posséder déjà ; car il est éminemment un sacrement des vivants, exigeant non seulement l’état de grâce, mais une sainteté croissante, à mesure que l'on est promu à un ordre plus "élevé. ù

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2° Au moins dans les Ordres sacrés du diaconat et de la prétrise, il donne une nouvelle effusion du Saint- Esprit avec l'abondance de ses dons, plus grande encore que dans la Confirmation. Le concile de Trent, après avoir rappelé que par les signes extérieurs la grâce est conférée dans le sacrement de l'Ordre, ajoute : «Si quelqu'un dit que le’ Saint- Esprit n’est pas donné par l’ordination sacrée, et qu’ainsi c’est vainement que les Évêques disent : Recévez le Saint-Esprit, qu'il soit añathème. » (Sess, XXIIT, can. z11 et 1.)

3°Ila pour grâce sacramentelle et spéciale de conférer le pouvoir d’ exercer les fonctions ecclésiastiques attribuées à chaque ordre ; il y ajoute la grâce de les

* exercer saintement, avec piété et avec Fa et pour

atteindre cette fin, il donne droit à des grâces actuelles «ui aideront le ministre, en temps voulu, à les remplir convenablement et efficacement.

4° Enfin, le sacrement de l'Ordre imprime un caractère ineffacable, qui fait qu'on ne peut en réitérer l’administration, et qu’on ne saurait faire disparaître le signe divin qui consacre pour jamais les ministres de Dieu. Le concile de Trente le définit clairement : « Si quelqu'un dit que par l'ordination il ne s’imprime pas de caractère, ou bien que celui qui a été une fois prêtre peut devenir laïque, qu'il soit anathème. » (Sess. XXIIT, can. 1v.)

Bien que le concile parle spécialement du caractère imprimé par l’ordination sacerdotale, il faut en dire autant des autres Ordres. Car les ministres inférieurs entrent déjà en participation plus ou moins étendue des attributions du prêtre, et eux aussi sont marqués du caractère ordinal. Ce signe indestructible sera pour leur confusion ou pour leur gloire éternelle.

442. — Quelles sont les principales obligations imposées par le sacrement de l'Ordre?

1° En raison des fonctions saintes que doivent exercer ceux qui le recoivent, le sacrement de l'Ordre leur impose une vie plus exemplaire et plus parfaite. C’est ce que saint

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Paul rappelle à son disciple Timothée : « Soyez l exemple des fidèles par vos paroles, vos conversations, -votre charité, votre foi, votre chasteté. (1 Tim. 1v, 12.)

20 Plus spécialement consacré à Dieu pour s’interposer entre la terre et le Ciel, pour offrir à Dieu des dons et des sacrifices, les ministres sacrés de l'Église ont

l'obligation particulière ( de la prière faite au nom du pouple; c'est pourquoi l’ Église leur impose chaque jour la récitation de l'office divin ou du bréviaire.

3° Le sacrement de l'Ordre, — quand surtout au pouvoir inhérent à son caractère sacerdotal le prètre voit s'ajouter un pouvoir de juridiction, où une mission légitime confiée par l'Évêque, — impose l'obligation de sacrifier son temps, ses biens, sa personne et même sa vie aux besoins des âmes. C’est l’enseignement de Notre-

Seigneur lui-même : « Le bon pasteur, dit-il, donne sa vie pour ses brebis. » (S. Jean, x, 2.)

4° Enfin, pour assurer plus particulièrement l’accom-

plissement de tous ces devoirs, pour les élever à une

sainteté plus parfaite, voisine de celle des anges, et leur -

permettre de se dévouer tout entiers à leur peuple, - l'Église impose aux ministres sacrés l'obligation de la chastité et du célibat. Inspirée par Notre Seigneur, recommandée par saint Paul, pratiquée dès.le temps des Apôtres par de: nombreux. fidèles, la virginité est devenue l'honneur du sacerdoce catholique. L'origine du célibat ecclésiastique est au berceau même du ehristianisme : les conciles ne tardèrent pas à en faire une loi; les traditions de l'Église latine sont constantes à cet : égard, et le concile de Frente en a maintenu l'obligation, contractée dans l’ordination du sous-diaconat.

CONCLUSION PRATIQUE

Dieu, dans l’ancienne Loi, commandait à son petple un grand respect pour ceux qui avaient reçu l’onction sainte, et pourtant ni leur consécration, ni leur dignité, ni leurs fonctions n'étaient comparables à la consécration, à l’'éminente dignité, aux foncticns saintes des ministres de la nouvelle Loi.

à 2er

Faut-il nous étonner que la sainte Église ait fait une législa-

tion pour sauvegarder la personne des clercs, frappant d’excom-

municalion ceux qui porteraient contre éux une main violente et sacrilège, instituant pour eux des tribunaux ecclésiastiques,

-leur garantissant certaines immunités ?

Dans un sentiment de respectueuse reconnaissance, l’empereur Constantin disait : « Si je voyais de mes yeux un ministre sacré commettre un péché, je le couvrirais de ma pourpre pour le dérober à la malignité publique. » Charlemagne ordonnait que l'on considérât comme coupables de lèse-majesté divine et humaine, et que l’on bannit de ses États, ceux qui refuseraient aux prêtres la docilité et l'obéissance, dussent, parmi ceux-là, se rencontrer ses propres fils.

Où en sommes-nous de ce respect et de cette soumission par rapport à ceux qui prennent soin de nos âmes Ha

8 III. — Ministre, Sujet, Gérémonies du sacrement de l'Ordre.

Ministre ordinaire et extraordinaire des divers Ordres. — Sujet du sacrement de l'Ordre. — Conditions requises : 4° vocation, 2° exemption de toute irrégularité. — Principales cérémonies des Ordinations. — Consécration épiscopale.

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