Qui a institué Le sacrement de l'Ordre
C'est Notre-Seigneur Jésus-Christ. Déjà cette instituion était prépatfée et indiquée par les paroles dites aux Apôtreset par les différents pouvoirs dont il les avait successivement investis. Mais le Sacrement fut définitivement institué le Jeudi saint, lorsqu'après la Cène, ayant changé le pain en son corpset le vin en son sang, le Sauveur leur conféra le même pouvoir, comme leur plus glorieuse attribution, en disant : « Faites ceei en mémoire de moi.» (S. Luc, xxir, 19.) Par là il les institua prêtres pour offrir ce même sacrifice, et Évêques pour en communiquer à leurs successeurs le droit et le pouvoir.
C'est pourquoi le concile de Trente définit, contre les protestants : « Si quelqu'un dit que l'Ordre ou l’ordination n’est pas un Sacrement véritable et proprement dit, institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ; mais que c’est une pure invention humaine, ou une simple forme établie pour élire les ministres de la parole de Dieu et des sacrements, qu'il soit anathème. (Sess. XXHT, can. 11.)
On pense toutefois que ce sont les Apôtres à qui, sur l'enseignement de Jésus-Christ, ont établi les degrés par lesquels on arrive au sacrement de l'Ordre. Le livre des Actes leur attribue effectivement l'institution des
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Diacres (eh. vr), et, implicitement au moins, celle des Ordres qui préparent au Diaconat doit-elle être rapportée aux Apôtres ou à l'Eglise. Le but a été, ainsi que l'explique le saint concile, de mieux préparer les clercs à la dignité du Sacerdoce en les faisant passer par les divers degrés de la hiérarchie.
AO9. — Quels sont les différents Ordres qui constituent la hiérarchie ecclésiastique ? ?
Dans la hiérarchie ecclésiastique on peut distinguer : 1°lahiérarchied’'Ordre,et2 la hiérarchie deJuridiction.
I. Hiérarchie d'Ordre. — Avant les Ordres proprement dits, il y a d’abord la fonsure, qui n’est pas un Ordre, mais une préparation aux Ordres. La tonsure est une cérémonie dans laquelle l'Évéque coupe, sur le sommet de la tête, les cheveux en forme de couronne appelée cléricale. Cést par là qu'on devient clerc ou membre du clergé. Cet usagé que l’on croit d'origine apostolique indique que l’on est séparé de la multitude et déjà consacré à Dieu. La tonsure permet de porter le costume ecclésiastique : la soutane et le surplis.
Il y a ensuite sept Ordres, dont quatre sont appelés - mineurs, et trois majeurs ou sacrés. — En -commençant par les degrés inférieurs, les Ordres mineurs sont ceux de portier, de lecteur, d’exorciste et d'acolyte.
1° L'ordre de portier donne le pouvoir d'appeler les fidèles aux saints offices, de sonner les cloches, d’ou- ‘vrir et de fermer les portes de l’église, de préparer à l'autel les choses nécessaires au saint sacrifice, d’avoir soin du temple : ce sont les fonctions que remplissent les sacristains. |
20 L'ordre de lecteur donne le pouvoir de lire dans l'église, à haute voix, les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, et particulièrement les leçons qui se récitent à l'office de nuit, et de faire le catéchisme aux enfants. Primitivement le lecteur se tenait en chaire près de l'Évêque ; il lisait le texte sacré, et l'évêque l'expliquait dans une homélie ou instruction.
3° L'ordre d’exorciste donne le pouvoir de chasser le démon, au moyen de prières instituées par l'Eglise et appelées exorcismes, et dont plusieurs font partie des cérémonies préliminaires au Baptême. Ce pouvoir dont les exorcistes faisaient usage dans les premiers siècles est aujourd'hui réservé aux prêtres; mais cet Ordre subsiste, et il appartient à ceux qui l'ont reçu d'aider le prêtre dans cette fonction et de préparer les différentes choses nécessaires pour les bénédiciions.
4 L'ordre d'acolyte (du mot grec &xgouboc, qui accompagne) donne le droit d'accompagner à l'autel les ministres sacrés, de porter l’encensoir, de préparer le vin et l’eau qui doivent servir à la Messe, de les présenter au moment de l’Offertoire, d’ allumer les cierges de l'autel, de porter les lambeaux à l'Évangile et aux processions. Ces fonctions sont faites aujourd’ hui par les enfants de chœur.
Les Ordres majeurs qui suivent sont au nombre de trois : le Sous-Diaconat, le Diaconat et la Prêétrise. On les appelle majeurs à cause dé leur importance beaucoup plus grande, et sacrés parce que ceux qui les
reçoivent sont den consacrés à Dieu dans leur exercice, et ne peuvent plus renoncer à leur état
‘ni à leurs fonctions.
5° Le Sous-Diaconat, qui est le premier ordre majeur, consacre définitivement : à Dieu celui qui le recoit et Jui impose, pour la vie, l'obligation du bréviaire et de la chasteté parfaite. Les fonctions du sous-diacre sont d'aider au diacre et d'assister avec lui le prêtre à l’autel, de chanter l’Épitre aux messes solennelles, d’avoir soin des vases et des linges sacrés, de laver ces linges sacrés, de porter la Croix aux processions, etc.
6° Le Diaconat, qui est le deuxième ordre majeur, constitue un degré important de la hiérarchie. Les fonctions des diacres sont de servir à l’autel et de coopérer avec le . prêtre à l’offrande du saint sacrifice, de chanter l'Évangile, de précher quand l'Évèque le juge à propos, de bap-
TE er be ve, ; r s 3 ‘Ds D'ORDRE |! 3% tiser solennellement, toutefois avec l'autorisation de l'Évêque, saufleeas denécessité. — Autrefois, les diacres ‘ donnaient la communion et la portaient aux absents ils
peuvent encore toucher et exposer le saint Sacrement. .! 7° La Prétrise ou le Sacerdoce est le dernier ordre
sacré : il confère à ceux qui le recoivent le pouvoir d'offrir le saint sacrifice de la Messe, d’administrer les sacrements, et en général de conduire les âmes dans la voie d'u salut. Le prêtre est associé au sacerdocèe de Jésus-
Christ; de là l'excellence de la dignité sacerdotale :
« C'est, dit saint Jean Chrysostome, une puissance plus
grande, plus vénérable que la royauté même. » Mais
cette dignité impose aussi de grands devoirs, qui se résument dans la charité, le dévouement et l'immolation.
L'Épiscopat est la plénitude du Sacerdoce. Il confère à ceux qui le reçoivent le pouvoir d’'administrer tous les sacrements. et en particulier ceux de la Confirmation et de l'Ordre, que le simple prêtre ne peut donner; il confère aussi le pouvoir de gouverner une portion de l'Église, c'est-à-dire un diocèse, et la grâce de bien administrer. La dignité épiscopale est, de droit divin, supérieure à la dignité du sacerdoce ; les Évèques occupent le sommet de la hiérarchie sacrée : ils sont successeurs des Apôtres, juges de la foi, et chargés de la direction de leur diocèse.
Bien qu'il y ait sept Ordres différents, il n'y à pour-. tant qu'un seul sacrement de l'Ordre, auquel on participe plus où moins pleinement selon le degré auquel on est élevé. / ,
IT. Nous avonsdit qu'il ya, outre la hiérarchie d'Ordre, une hiérarchie de Juridiction. Celle-ci est établie, non
“par Jésus-Christ, mais par l'Église, en vertu du pouvoir que Notre-Seigneur lui a donné de s’administrer : : cette hiérarchie comprend le Pape, les Cardinaux, les
Patriarches, Primats, Métropolitains ou Archevêques,
et les Évêques : te sont les degrés supérieurs de la hié-
rarchie sacrée. — Le cardinalat est une dignité supérieure à la dignité épiscopale, bien que les Cardinaux
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, ne soient pas nécessairement évêques: car ils peuvent être simples prêtres; ils constituent comme un sénat vénérable, ayant mission d’assister le Pape de ses conseils et de lui donner un successeur quand le trône pontifical devient vacant.
Il y a aussi une hiérarchie de Juridiction dans les degrés inférieurs : en dessous de l'Évéque, nous voyons les Vicaires généraux, qui sont ses auxiliaires, les Chanoines qui forment autour de P Évéque comme un conseil, les Archiprétres, les Doyens, les Curés, les Desservants ou succursalistes, les Vicaires, etc.; tous participent, dans une certaine mesure, à la juridiction épiscopale.