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Qu'est-ce que la Semaine sainte, et quelles

en sont les particularités liturgiques ?

La Semaine suinte est celle qui précède immédiate- ,

ment la fête. de Pâques. Elle est appelée sainte à cause de la sainteté des mystères qui s’y sont. accomplis. —

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Et d'abord, l'Église nous y prépare par le Dimanche et la semaine de la. Passion. Dès lors, elle voile les

statues et les images de Notre-Seigneur et des Saints,

en signe de deuil ; elle nous entres: :t du souvenir de

la Passion et de la Croix, et nous rappelle, le vendredi de la Compassion, Marie au Calvaire. s Ï. La Semaine sainte s'ouvre par le Dimanche des Rameaux. Le célébrant, avant la Messe, bénit solennellement des rameaux et les distribue au clergé et aux fidèles qui les portent en procession. — Cette cérémonie rappelle l'entrée triomphante de Jésus-Christ à Jérusalem, quelques jours avant sa Passion. Le peuple vint à sa

- rencontre : on jetait des vêtements sur son passage ; on

coupait dés branches d'arbres, et on les portait, en signe de joie, en chantant : « Hosanna au fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur | »

Pour entrer dans l'esprit de cette solennité, nous devons nous-mêmes adorer Jésus-Christ comme notre Roi, et répéter avec allégresse les acclamations des Hébreux ; puis, le prier de faire son entrée dans nos cœurs, et d'y demeurer à jamais. Or c’est surtout par la sainte Communion que le Sauveur fait son entrée triomphale en nos âmes et s'y fixe pour notre plus grand bien.

Le récit de la Passion, qui se chante ou se lit à la

: Messe, indique assez que ce souvenir doit occuper nos

cœurs pendant toute la semaine sainte.

IT. Le Mercredi, le Jeudi et le Vendredi de la semaine sainte ont, dans l'après-midi, des Offices appelés Ténêbres, parce qu'autrefois ils se chantaient la nuit, et que vers la fin de ces Offices on éteignait les lumières, tant pour exprimer le deuil de l'Église que pour rappeler les ténèbres dont la terre fut couverte à la mort de Notre-Seigneur. On a conservé cet usage d’éteindre les cierges à mesure que l'Office se poursuit. — Les chants que l'on fait -entendre sont ceux des Matines et, des Laudes de ces trois jours. Ils sont tristes et lugubres comme les souvenirs de cette semaine. Les lamentations de Jérémie sur les ruines de Jérusalem s’ap-

SOMMES QUATRIÈME PARTIE pliquent -admirablement au deuil de l'Église et aux

ruines que le péché a faites dans les âmes.

Chacun des trois derniers jours de la semaine sainte a

aussi des Offices et des cérémonies qui lui sont propres.

GS. — Quels sont les Offices et cérémonies du Jeudi saint? |

Le Jeudi saint est consacré au souvenir de l'institution de la divine Eucharistie et du sacerdoce catholique. — Les principales cérémonies de cette journée sont : la Messe solennelle, la Bénédiction des saintes huiles par l’Évêque; la translation du saint Sacrement au reposoir ; le dépouillement des autels, et le lavement des pieds. à

4° La Messe solennelle. — L'Église semble oublier un instant sa douleur pour fêter le grand mystère de l'Eucharistie : les chants sont joyeux, les cloches sonnent et se tairont ensuite jusqu’au Samedi saint ;,on fait entendre le Gloria in excelsis.

Cette Messe a de particulier que le célébrant y consacre deux grandes hosties, dont l'une sera réservée pour l'Office du Vendredi saint, et que le clergé y com-

munie de la main de l'Évèque ou du principal digni-

taire : c’est en souvenir de la Communion que les Apôtres recurent des mains de Notre-Seigneur luimême au jour de l'institution du divin Sacrement. Les fidèles aiment aussi à communier le Jeudi saint.

20 Bénédiction des saintes huiles. — C’est à la Messe pontificale du Jeudi saint que l'Évêque bénit solennellement les saintes huiles qui doivent servir à l'administration de divers Sacrements. Cette cérémonie est fort longue et pleine d'enseignements. L'Évêque bénit d'abord l'huile des infirmes, qui est employée dans l'Extrème-Onction ; et ensuite le saint chrême, qui sert

dans le Baptème et la Confirmation, et dans les diverses :

consécrations des Évêques, des Eglises, des vases sacrés, etc.; puis l'huile des Catéchumènes que l'on empolie dans les cérémonies du Baptème, dans la consé-

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DES FÊTÉS DE L'ANNÉE CHRÉTIENNE : 311 cration des prêtres, des églises, etc. Pour ces consécrations , l'Évêque est environné de douze prêtres, de sept diacres et d'autant de sous-diacres.

3° Translation du saint Sacrement. — La Messe finie, on porte solennellement au reposoir préparé pour la circonstance, et quelquefois appelé tombeau, la seconde grande hostie qui vient d’être consacrée, et qui servira le lendemain pour la Messe des présanctifiés. Le chant du Pange lingua accompagne cette nrocession triomphale.

4 Dépouillement des autels. — Après que l'hostie sainte à été transportée au reposoir, on retire de l'autel habituel le saint Sacrement, les ornements, les nappes, ete., tandis que le chœur récite le psaume : Deus, Deus meus, dans lequel David a prophétisé la Passion du Sauveur, son dépouillement, et les autres circonstances de sa mort sur le Calvaire.

5° Enfin, lavement des pieds. -- C’est une cérémonie instituée en souvenir de ce que fit Notre-Seigneur, le Jeudi saint, avant d’instituer l'Eucharistie : il lava les pieds de ses Apôtres pour leur apprendre la pureté de conscience avec laquelle ils devaient recevoir sa chair et son sang dans le divin Sacrement ; et il ajouta : « Je vous ai donné l'exemple, moi votre Seigneur et votre Maitre, afin que vous fassiez comme je viens de faire moi-même. » (S. Jean, xit, 14-15.) C'est pourquoi l'Évêque dans sa cathédrale, et en certaines paroisses le Curé, dans son église ou dans une chapelle, lave les pieds de douze pauvres, les baise avec respect, Les essuie de ses mains, dans les mêmes sentiments d’° humilité et de charité que le Sauveur Jésus.

Pendant toute cette journée du Jeudi saint, les fidèles aiment à visiter Notre-Seigneur, et autant que possible ils assistent au Salut solennel.

69. — Quelles sont les cérémonies particulières du Vendredi saint?

Le Vendredi saint est consacré au souvenir de la

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Passion, du crucifiement ét de la mort de Notre gneur Jésus-Christ. — L'Office du matin est solennel

mémoire du sacrifice du Calvaire, on n'offre pas le sacrifice de l'autel, et le prêtre ne consacre pas. — L'office du Vendredi saint renferme quatre parties : une leçon de l'Écriture suivie dela Passion selon saint Jean ; les : Oraisons solennelles ; l'Adoration de‘ la Groix, et la Messe des présanctifiés. a re 4e Leçon et Passion. — Le célébrant et les ministres sont vêtus d'ornements noirs, en signe du grand deuil | de l'Église. Parvenus à l'autel, ils se prosternent étendus contre terre, l'espace d'un Miserere ; puis ils se relèvent, et un clerc lit une lecon où Moïse décrit la cérémonie de l'Agneau pascal, figure de Jésus-Christ. On chanteun trait, ettout aussitôt commence le chant ou la lecture de la Passion de Notre-Seigneur selon saint Jean. Ce récit indique toute la pensée de l'Église dans cette solennité anniversaire de la mort de Jésus. 90 Oraïisons solennelles. — Ces oraisons, que l'on croit d'origine apostolique, sont au nombre de neuf ;

et lugubre : ce n'est pas une Messe: car, ce jour-là, en | “4

chacune est précédée d'une exhortation ou préface :ce :

jour-là, exceptionnellement, le célébrant prie : 4° pour toute l'Église ; 2 pour le Pape; 3° pour les Évèques et pour tous les Ordres de la hiérarchie sacrée ; 4° pour l'emperéur ou le roi de la nation; 5° pour les catéchumènes ; 6° pour la guérison de tous les maux spirituels et temporels ; 7° pour les hérétiques et les schismatiques; 8° pour les Juifs; et 9° pour les païens et les infidèles.

3° Adoration de la Groix.— Le célébrant, ayant quitté la chasuble, se dirige du côté de l'Épitre, et découvre successivement les bras et la tête de la Croix, en chantant : Ecce lignum crucis… «Voici le bois de la Croix!» Le peuple répond : Venite, adoremus.… « Venez, adorons!.. » Alors, le célébrant dépose la Croix sur les

. marches de l'autel, et comme Moïse s’approchant du

buisson ardent, les pieds nus, il se prosterne par trois fois, et adore Jésus-Christ représenté sur la Groix. Les

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autres ministres en font autant, et les fidèles, à leurtour,

- viennent adorer et baiser la Croix, pendant que l'on

; . chante des versetset répons appropriés à la circonstance. … 4° Messe des présanctifiés. — L'’adoration étant ter- . minée, on va chercher solennellement, en procession, au À reposoir, l'hostie sainte consacrée la veille, et l’on revient au chant du Vexilla Regis. Parvenu à l'autel, le célébrant accomplit quelques cérémonies qui ressemblent à la Messe, mais sans consécration; puis il communie avec l'hostie conservée, et prend ensuite les ablutions. Et le clergé se retire en silence, pendant qu'on psalmodiesur un ton lugubre les Vépres du Vendredi saint. Les sentiments qui conviennent dans ce jour sont : la reconnaissance envers Jésus-Christ, notre Rédempteur; un vif regret des péchés qui ont été la cause de ses souffrances et de sa mort; et la résolution de sup- | porter avec patience, en expiation, toutes les peines de = Ja vie. — Les pratiques recommandées sont encore la Visite au tombeau, le Chemin de la Croix, et l'assistance au Salut du soir.

70. — Faîtes connaître les particularités de l'Office du Samedi saint.

Le Samedi saint est spécialement consacré à honorer | la sépulture de Notre-Seigneur. — Les principales cérémonies de l'Office du Samedi saint sont : la Bénédiction du feunouveau et du cierge pascal ; la lecture des prophéties ; la Bénédiction de l’eau baptismale ; la Messe solennelle suivie immédiatement des Vêpres.

4° Bénédiction du feu nouveau. — Remarquons d'abord que tout cet Office du Samedi saint n'avait lieu autrefois que dans la nuit du samedi au dimanche. Il commence par la bénédiction du feu nouvecr, que l’on . tire d’un caillou : il est le symbole de Jésus-Christ, divine lumière, éteinte pendant trois jours, qui va resplendir au jour dela Résurrection. À vec ce feu, onallume un foyer que le prêtre bénit, et un cierge qui servira à communiquer la lumière aux autres cierges et à la

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lampe du sanctuaire. On se rend ensuite à l'autel, en chantant par trois fois : Lumen Christi! & Voici la lumière du Christ! » Le chœur répond : Deo gratias!

90 Bénédiction du cierge pascal.— Ce cierge est encore l'emblème de Jésus-Christ ressuscité. Le prêtre, ow le diacre, aux Offices solennels, le bénit au chant de l'Exuttet, dont les magnifiques paroles sont attribuées à saint Ambroise ou à saint Augustin. Le prêtre, ou le diacre, insère dans ce cierge cinq grains d'encens, en forme de croix, rappelant les cinq plaies du Sauveur; puis on allume le cierge pascal, qui devra brüler à tous les Offices jusqu'au jour de l'Ascension, c'est-à-dire jusqu'au moment où le Christ ressuscité monte au ciel.

3 Lecture des prophéties. — Elles sont au nombre de douze, extraites de divers livres de l'Ancien Testa-

ment, ayant toutes rapport au mystère de notre régé-

nération par Jésus-Christ.

4 Bénédiction de l'eau baptismale. — Quand les prophéties sont terminées, on se rend en procession aux Fonts baptismaux pour y bénir solennellement l'eau qui doit servir au baptème. Autrefois le baptème solennel des adultes n'avait lieu qu'aux grandes fêtes de Pâques et de la Pentecôte, et c'est ce qui explique l'usage de l'Église catholique de bénir l’eau baptismale aux veilles

de ces deux grandes solennités. Le célébrant accomplit.

cette bénédiction dans une magnifique préface où l'on rappelle les merveilles que Dieu voulut opérer par l'eau; puis, de la main, il divise en quatre parties l'eau déjà purifiée, et en répand quelques gouttes vers les quatre points cardinaux. Il plonge dans la cuve baptismale le cierge pascal, signe du Christ sanctificateur, et y répand ensuite un peu de l'huile des catéchumènes et du saint chrême. Auparavant on a retiré quelque peu d'eau bénite, qui sert à asperger le peuple. Au retour, on chante les Litanies des Saints.

50 La Messe est ensuite chantée solennellement, avec le Gloria, pendant lequel on sonne les cloches ; l'Alle-

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. luia ÿ reparaît en signe de joie : c’est en quelque sorte l'aurore de la Résurrection.

6° Enfin, les Vépres sont jointes à la Messe : elles sont très courtes, ne se composent que du Laudate, avec Alleluia, une antienne et le Magnificat, suivi de J'oraison, qui n’est autre que la Postcommunion de la Messe. Après quoi le célébrant donne la bénédiction et récite l'Évangile de saint Jean. |

Les dispositions qui conviennent pour le Samedi sœint sont l'union d'esprit et de cœur aux saintes femmes qui vinrent le samedi au tombeau, pour y honorer la sépulture de Notre-Seigneur. Comme elles, nous devons pleurer nos fautes, et demander de ressusciter avec Jésus-Christ à une vie nouvelle. La Confession de nos péchés, si déjà elle n'a-été faite, et la Communion du

jour de Pâques, sont les moyens les plus efficaces d'as-

surer pour nous cette résurrection spirituelle.

CONCLUSION PRATIQUE

Notre-Seigneur disait à ses disciples : « Le monde se réjouira,.

et vous, vous serez dans la tristesse; mais votre tristesse se changera en joie, et cette joie, personne ne pourra vous Ia

ravir. » (S. Jean, xvr, 20-22.) Voici donc un signe de prédesli-

nation et un gage de félicité éternelle : pleurer ét gémir avec

Jésus-Christ souffrant, afin de pouvoir se réjouir el régner avec,

Jésus ressuscité. Les vrais chrétiens le savent et c'est pourquoi ils sanctifient dans le recueiïllement, la prière et les larmes de la pénitence, le saint temps du Caréme ; et plus particulièrement les jours de la Semaine sainte ; ils ensevelissent avec Jésus- Christ, dans son tombeau, leurs péchés et leurs convoilises , et ils se relèvent avec lui, dans l’allégresse et dans la joie de la Résurrection.

Les prières des Salu/s du Carème, le Miserere, le Parce, Domine, et principalement l'Atfende, Domine… chânts sublimes de repentir et dé pénitence, avec le Vexilla Regis de la Passion et le Stabat Mater de la Compassion, entretiendront dans nos

âmes le souvenir de nos péchés et les délicieux sentiments de

l'espérance en l'infinie miséricorde.

8 V. — Des Fêtes du Temps pascal : Pâques et Ascension.

La fète de Pâques. — Liturgie de la fête de Pâques et du Temps a — Procession de Saint-Marc et Jours des Rogations. — La fête de l’As-, cension. — Sentiments qu'elle inspire.

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