Qu'est-ce que la fête de Pâques
Pâques est la plus grande fête de l’année chrétienne, instituée pour célébrer la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il convenait, en réalité, que ce magnifique triomphe de notre Sauveur sur la mort füt rappelé par une solennité toute spéciale.
Les Juifs avaient déjà une fête de Pâque : elle avait été établie par Moïse, sur l’ordre de Dieu, en mémoire de leur délivrance de la servitude d'Ég gypte, et rappelait la première manducation de l'agneau pascal, suivie du passage de la mer Rouge. En souvenir de ces faits éclatants, les Israélites, chaque année, à pareil jour, devaient dans chaque famille immoler et manger un agneau ; mais ce n'était là que le symbole d'une plus parfaite délivrance et d'une Pâque incomparablement plus salutaire. La fête chrétienne de Pâques a immédiatement remplacé la Pâque juive. La Résurrection de Notre-Seigneur ayant eu lieu le dimanche qui avait suivi cette solennité, l'anniversaire de ce glorieux événement devint cher aux fidèles. Toutefois, dns la primitive Église, il y eut quelques démélés au sujet de sa date : l'Orient prétendit conserver le quatorzième jour de la lune de mars, comme les Juifs ; l'Occident en avait transféré la solennité au dimanche suivant. C’est ce sentiment qui a prévalu, depuis le concile de Nicée, en 325. Le nom de Pâques a, été conservé à cette fête, et le sens de ce mot, qui signifie passage, s'applique tout aussi bien à la Résurrection, passage de la mort à la vie.
72.— Quelles sont les particularités liturgiques de Pâques et du Temps pascal?
La fête de Pâques offre quelques particularités liturgiques :
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{° Dès l’aurore de ce jour, il se fait en quelques églises une cérémonie, communément appelée /iésur- - rection. Le saint Sacrement est transporté du reposoir à l'autel habituel, en procession, avec des chants d’allégresse et de victoire. Cette cérémonie et cette procession rappellent les visites des saintes femmes au tombeau, le matin du jour de Pâques, et le grand événement qui s’accomplit vers le lever du soleil. Beaucoup de chrétiens aiment à prendre ce momeni pour leur communion pascale.
2 La Messe du jour de Pâques respire tout particulièrement la joie : l'Alleluia reparait; la prose ‘Victimæ paschali laudes redit, dans une simplicité touchante, la foi et l’allégresse de l'Église. L'Évangile du jour raconte la merveilleuse résurrection du Sauveur.
3° Aux Vépres, comme aux autres heures, l'hymne est supprimée et remplacée par l’antienne joyeuse : Hæc dies. Au quatrième psaume, dans ces mêmes églises, il se fait une procession aux Fonis baplismaux. Elle rappelle un touchant usage des premiers siècles. Les catéchumènes qui avaient reçu solennellement le baptême dans la nuit de Pâques étaient conduits triomphalement au baptistère où ilsavaient été régénérés : ils portaient les blancs vêtements de l’innocence reconquise et ils ne les déposaient que le dimanche suivant, dit de Quasimodo, ou in albis depositis. Au retour des Fonts baptismaux, on chante le psaume : /n exilu Israël; c'est l'hymne de la / grande délivrance, dont celle des Israélites n’était que la figure. Enfin le Salut du jour de Pâques a son chant particulier de joie et de triomphe : O filu el filiæ, récit naïf et touchant de la Résurrection. Tout le Temps pascal conserve quelque chose de l’allégresse de cette grande solennité. Les Offices sont particuliers, et l'on y sent dominer la joie, avec l’Alleluia souvent répélé.
ee 0848 à EL ANT | QUATRIÈME PARTIE
Marc, et des Jours, de Rogations.
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placent des supplicalions publiques, fixées au jour de « la fête de Saint-Marc (95 avril), et aux trois jours « qui précèdent immédiatement celle de l’Ascension du Sauveur. 1
Entre la fête-de Pâques et celle de l’Ascension, se. « à
Voici l’origine et le but de ces supplications.
Vers la fin du v° siècle, la province du Dauphiné et # la ville de Vienne, en particulier, furent, pendant de nombreuses années, accablées de calamités publiques qui,sesuccédantsansinterruption, amenèrentunedé- | solation universelle. Vers 470, l’évêque de Vienne, . saint Mamert, eut la pensée d'offrir à Dieu des prières \ et des pénitences publiques pour obtenir la cessation vw des fléaux : celte promesse obtint la délivrance. Fidèles à leur vœu, l’évêque et le peuple de Vienne, « pendant les trois jours qui précédèrent l’Ascension, pratiquèrent l’abstinence et le jeûne, et firent des
- processions au chant des Litanies des Saints.
Cette pieuse institution produisit des fruits mer- ” veilleux, et, de Vienne, se répanditen France d’abord, * dès le vi‘ siècle, puis dans les États voisins et dans l'Église universelle, sous le nom de Rogations ou de ! prières, et quelquefois aussi de Litanies mineures.
La procession de Saint-Marc, appelée la grande Litanie, nous est venue de Rome. Elle a pris la place d’une procession païenne et superstitieuse. La men: tion la plus ancienne que nous en ayons est du temps du pape saint Grégoire le Grand (598). Le souvenir de ces supplications et du succès obtenu se perpétua dans la procession de Saint-Marce, univérsellement établie dès le commencement du ix° siècle.
Le but de la procession de Saint-Marc, comm: des Rogations, est de détourner, par la prière et la pénitence, les châtiments dus à nos péchés, et spécialement d'attirer les bénédictions de Dieu sur les fruits de la
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terre, et de nous obtenir la grâce d'en faire un bon usage.
Les moyens d'obtenir ces faveurs sont encore la prière et la pénitence. Le jeûne, autrefois prescrit, n’est plus d'obligation. L’abstinence se maintintplus longtemps ; elle n’est plus, aujourd'hui, obligatoire.
Le chant, ou du moins la récitation des Litanies, est imposé aux ministres sacrés, et les fidèles sont exhortés à assister aux supplications qui se font soit à l'église, soit dans les processions publiques, aux stations déterminées.