Le monde paien nattendait-il pas aussi un libérateur
Oui, l'espérance d'un Messie libérateur était universelle, non seulement chez le peuple juif, mais encore chez les peuples païens eux-mêmes. La Grèce l'attendait, ainsi que l’attestent Platon et Socrate. Rome avait la même espérance, comme en témoignent Virgile, Tacite et Suétone. Enfin Dieu lui-même, d’après la prophétie de Daniel, et ainsi que le fait si bien voir Bossuet dans son Discours sur l'histoire universelle, achevait de préparer les voies du Messie en mettant le monde entier sous la domination de Rome. Après s’être servi des Assyriens pour châtier son peuple, des Mèdes et des Perses pour ramener les Juifs dans la patrie où
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le Christ devait naître, des Grecs et d'Alexandre pour faire connaître les livres saints et les prophéties, la Providence amenait le quatrième grand empire, celui des Romains, pour faciliter la prédication de l'Évangile
au moyen de ses communications avec tous les peuples.
C'est alors que l'attente des nations eut un terme,
par la naissance de Jésus-Christ à Bethléhem, l’an 4004
du monde, selon la chronologie vulgaire, la 747° année de la fondation de Rome, et la 4° de la 194° olympiade.
Note sur la chronologie biblique. — Y a-t-il une chronologie biblique proprement dite? Non, répond M. Brassac (Manuel biblique, I, p. 422).
S'il existe de nombreux systèmes de chronologie, « l'Ancien Testament ne
eonnaît point d’ère, c'est-à-dire de point de départ fixe, choisi pour compter les années et servir de terme de comparaison à tous les autres événements, comme par exemple la date de la naissance de Jésus Christ ». Les données chronologiques (listes et vies des patriarches) que contient l’Ancien Testa-
ment sont insnffisantes « pour établir une chronologie rigoureuse et absolu-
ment certaine » Sur cette question, qui, d'ailleurs, n'intéresse ni le dogme, nila morale, « l'Église ne se prononce pas. Pendant les six premiers siècles de notre ère, les écrivains ecclésiastiques grecs et latins ont admis la chronologie des Septante. L'Église grecque l'admet encore aujourd’hui. Le Martyÿrologe romain l’a également conservée; il place la création 5199 ans, le déluge 2957 avant J.-C. Depuis le xvi° siècle, les critiques ont réussi a faire prévaloir généralement la chronologie du texte hébreu, qui place la création 4000 ans et le déluge 2350 ans environ avant J.-C.: mais chaque savant à plus ou moins modifié ces chiffres; on compte plus de deux cents systèmes chronoiogiques tous fondés sur les données bibliques, diversement eombinées entre elles ou modifiées d'après les variantes des textes. » (Wanuel biblique, I, p. 423.) Rappelons seulement que Bossuet place la créalion en 4004 avant J.-C. ; le P. Labbe, jésuite français, en 4053; l'Art de vériñer les dates (Dom Clément, bénédictin de Saint-Maur) en 4964; Suidas, compilateur grec du x siècle et les Tables alphonsines (dressées au xmi°) en 6000 et des années. La Bruyère, écrit au début de ses Caractères : « Tout est dit, et’ l'on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu'il y a des hommes, et qui pensent. » (Note de l'éditeur.)
Ps AA
IIe ET IFI° ARTICLES
JE CROIS EN JÉSUS-CHRIST, SON FILS UNIQUE, NOTRE -SEIGNEUR;, QUI A ÉTÉ CONÇU DU SAINT-ESPRIT, EST NÉ DE LA VIERGE MARIE
Division des matières. | À
39. — Quels sont les principaux enseignements quidécoulent de ces deux articles du Symbole?
De ces deux articles, que nous réunissons parce qu'ils ont trait à la même personne de Notre-Seigneur, nous aurons à déduire : 1° ie mystère de nca pnet a et les vérités dogmatiques qui S'y rattachent; 2 nous parlerons de la Vierge Marie et de ses prérogatives; puis 3° nous ferons connaître la Vie de Notre-Seigneur.
. SI. — Du mystère de l'Incarnation.
Définition de l'Incarnation. — Récit du fait : sa raïson d'être. — Jésus- Christ: ses noms. — Vérités dogmatiques qui découlent de l'Incarnation : 1° nature divine; 4 nature humaine ; 3° unité de personne; 4 deux volontés et deux opér ations distinctes.