Qu'est-ce que le mystère de l'Incarnation
Le mystère de l’Incarnation est le mystère du Fils de Dieu fait homme, ou , cemme 1a théologie le dit plus explicitement : l'union de la nature divine et de la nature humaine dans la seule personne de Jésus- Christ. s
En disant que le Fils de Dieu s’est fait homme, nous entendons que la seconde personne de la sainte Trinité, existant de toute éternité comme le Père, esprit invisible comme lui, est venue,"à un moment donné, revétir notre nature humaine et prendre sur terre un corps et une âme semblables aux nôtres, dans le sein de la bienheureuse Vierge Marie.
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Ce mystère s’est accompli vers l'an 400; du monde. L'anniversaire de cet événement se célèbre chaque
. année le 25 mars, et en raison de l'importance de l e
carnation du Fils de Dieu, c'est à dater de cette époque que se comptent les années de l'ère chrétienne.
I. L'Évangile raconte la façon dont cet événement mystérieux s'accomplit. Le moment providentiel étant venu, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu à une Vierge de la Judée, appelée Marie, dont l'époux. s'appelait Joseph. Tous deux habitaient la bourgade de Nazareth.
L'ange s’inclina devant l'humble des qui était en
peléres ct la salua par ces mots : (Je vous salue, pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre toutes les femmes. » Marie fut un instant troublée. L'ange la rassura en lui disant : « Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Vous allez concevoir et vous enfanterez un Fils, à qui vous donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, on l'appellera le Fils du Très-Haut... »
- Marie eraignitque ce mystère me portât atteinte à sa
virginité. L’ange lui retira cette inquiétude :, « Le Saint-Esprit, dit-il, descendre en vous, et la vertu du
Très-Haut vous couvrira de son ombre : c'est pourquoi le fruit saint qui naïîtra de vous séra appelé le. Fils de Dieu. » Marie dit alors : &« Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole! » Et à Yhèure même le Verbe de Dieu s'incarna.
On voit par le récit évangélique que ‘’Incarnation de Notre-Seigneur est mystérieuse. Ayant dans le ciel un Père éternel, il n’a sur terre besoin que d'une mère selon la chair, et c’est pourquoi nous disons dé lui : « Ila été concu du Saint-Esprit, et il est né de la Vierge Marie. »
IT. La raison de l’Incarnation, la voici : Pour que le Fils de Dieu püt souffrir et hous racheter, il lui fallait un corps capable de souffrir, et une âme humaine, qui lui permit de représenter en sa personne l'humanité coupable : c'est donc parce qu'il s’est incarné que
4 Voir la note sur la Chronologie biblique, p. 1.
! +4 Notre-Seigneur a pu souffrir et mourir, nous racheter ainsi de l'esclavage du péché, nous délivrer des peines
de l'enfer, et nous mériter la vie éternelle,
AA. — Qu'est-ce que Jésus-Christ, et que signifient
les noms par lesquels nous désignons sa personne?
D’après ce que nous venons de dire, Jésus-Christ est le Fils de Dieu fait homme. — Si nous considérons son auguste personne, nous constatons en lui non seulement les deux éléments qui constituent la nature humaine, c’est-à-dire le corps et l’âme, mais un troisième élément divin, qui perfectionne tout son être, en laissant subsister T unité de personne : c’est Es divinité, ou la nature divine.
Si nous considérons la signification des noms décernés au Sauveur, nous y trouverons tout un enseigne-
ment : Jésus veut dire Sauveur, parce qu’en effet le.
Fils de Dieu est venu pour nous sauver et nous racheter.
Christ signifie oint, sacré, ou consacré par l’onction sainte. On désignait autrefois par le mot Christ le roi, le prêtre ou le prophète qui avait reçu la consécration de l'huile sainte; or Jésus-Christ a été tout à la fois Roi, Prêtre et Prophète, et il a été consacré par son nes
Nous appelons Jésus-Christ Notre-Seigneur, parce qu'il est, en réalité, notre souverain et notre maître: et il l’est doublement : comme Créateur, il nous a faits ce que nous sommes; comme Sauveur, il a fait de nous un peuple conquis, en nous rachetant et en payant de son sang notre rachat.
42. — Quelles sont les vérités de foi catholique, relatives à l’Incarnation de Notre- Seigneur ?
La foi catholique enseigne qu’en Jésus-Christ il y a deux natures, la nature divine et la nature humaine; que cependant il n'y à en lui qu'une seule personne, telle du Fils de Dieu; que néanmoins les deux na-
sa Mi
tures restent distinctes, ayant chacune leur volonte et leurs opérations.
Reprenons chacun de ces points.
[. Jésus-Christ à la nature divine : & Il est Dieu. » Cette vérité se prouve : 1° Par ces premières paroles de l'Évangile de saint Jean : « Au commencement était le Verbe et le Verbe était Dieu... Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous. » .
2 En beaucoup de circonstances, Notre- Seigneur s'est déclaré Fils de Dieu, en tout semblable à sor Père. Il a même été condamné à mort sur cette accusation, qu'il se disait le Fils de Dieu.
3° À l'autorité de sa parole, Jésus-Christ a ajouté l'autorité de ses œuvres. Il a prouvé sa divinité par de nombreux miracles, répétant aux Juifs : « Si vous ne croyez pas à ma parole, croyez à mes œuvres. » Et il a donné en témoignage le plus grand de ses miracles,
sa propre résurrection.
C’est donc avec raison que le concile de Nicée, en 395, a proclamé la divinité de Notre-Seigneur et condamné Arius, qui l’attaquait dans son principe même : la génération éternelle du Verbe..
IT. Jésus-Christ a la nature humaine : & Il est homme. » — En effet, il eut un corps semblable aux nôtres. « Le Verbe s "est fait chair, » dit saint Jean. Et les Évangélistes nous montrent NotreS aigneur naissant à Eire travaillant à Nazareth, ayant faim et soif, souffrant et pleurant, mourant sur la croix, déposé dans le sépulcre, réapparaissant plein de vie,
se faisant voir et toucher par ses Apôtres. — Il eut
aussi une âme semblable à la nôtre, distincte de la
divinité : c’est cette âme qui a éprouvé la tristesse, la crainte, la douleur. Jésus-Christ avait donc réellement aussi la nature humaine, et non pas un corps d'em-
prunt.
II. En Jésus-Christ, 3 n'y a qu'une seule personne, qui est celle du Fils de Dieu. — C'est l’affir-
mation du concile d'Éphèse (431), contre l’hérésie de
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