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Quels sont les motifs de l'Espérance chrétienne

On peut indiquer trois motifs de notre Espérance qui ‘la rendent absolument certaine :

4° L'infinie bonté de Dieu. — La simple raison nous dit, en effet, aussi bien que la Foi, que Dieu qui nous a créés et qui est notre Père est bon en même temps qu'il est puissant. Or, d'autre part, nous sommes pauvres et misérables. Dieu doit done à sa bonté et à notre faiblesse les secours que nous attendons de lui.

138 Ti ‘ SECONDE PARTIE

20 Les promesses formelles de Dieu. QI sera, dit-il, lui-même, notre récompense infiniment grande. » Comme le dit avec raison l’apôtre saint Paul : «€ Il a surajouté le serment à la promesse, afin de donner à notre espérance plus de force » (Hébr., vi, cl Let. nous savons que Dieu ne ment pas.

3° Les mérites de Jésus-Christ. — A l'avance Notre- Seigneur a payé, non pas avec l'or et l'argent, mais au prix de son sang, la grâce et la gloire que nous atten-

dons. « Dieu, dit encore saint Paul, nous ayant donné

son Fils, nous a tout donné en lui. » (Rom., vx, 32.) «Mais ce Fils, ayant lui-même donné pour notre salut son sang et sa vie, devientde motif assuré de notre espérance. » (1 Tim., 1, 1.)

A1. — Quels sont les principaux péchés contre

l'Espérance?

Les péchés contre l'Espérance se résument à deux : on pèche par excès ou par défaut. L'excès s'appelle présomption ; le défaut s'appelle désespoir.

La présomption est une confiance excessive qui nous fait compter témérairement sur le Ciel et sur la grâce. Différer de se convertir, sous prétexte que Dieu, qui est bon, ne veut pas nous damner et qu’il sera temps à la mort de demander son pardon ; compter sur ses propres forces et croire que sans la grâce on pourra faire son salut ; s'exposer aux occasions de pécher en se disant à soi-même qu'on saura bien résister ; ne pas recourir aux moyens établis de Dieu, la prière, les sacrements, et croire qu'on pourra néanmoins mourir dans la grâce : voilà des péchés de présomption. L’apôtre saint Pierre, dans sa grande confiance en lui-même et dans son triple renoncement, nous donne un exemple de la présomption et de ses suites.

Le désespoir, au contraire, est une défiance excessive et volontaire de la bonté de Dieu qui mène au découragement et nous éloigne de notre but, qui est le Ciel. Voici des péchés de désespoir : se croire réprouvé

à jamais à cause de ses fautes ou de ses mauvaises habi-

tudes; dans l’adversité, se considérer comme abandonné de Dieu, murmurer contre la Providence, se souhaiter la mort, se la donner; par découragement, abandonner la prière et les sacrements, et rester ainsi sans force et sans défense. Caïn et Judas nous offrent tous deux des exemples du péché de désespoir, qui généralement est plus grave que celui de présomption.

CONCLUSION PRATIQUE

« Commettre un péché mortel, dit saint Isidore, c’est donner la mort à son âme; mais désespérer , c'est descendre dans l'Enfer. » — « A demain ma conversion, dit le pécheur présomptueux. — Insensé! reprend le Seigneur, et celte nuit même Dieu va te redemander ton âme. »

Le vrai chrttien chemine entre ces deux écucils : le désespoir et la présomption. Il se confie en Dieu, mais il se défie beaucoup de lui-même. Avant la faute, il s'effraye de la justice de Dieu ; après la faute, il espère en sa miséricorde. :

« Le bon larron, dit saint Augustin, s’est converti et sauvé à la mort. Oui, mais le mauvais larron n'a pas reçu la même faveur. En voilà un qui se sauve à la mort, ne désespérez pas. N'en voilà qu'un, ne présumez pas: » ÿ

$ III. — De la Charité.

La Charité : double objet. — I. Amour de Dieu: Charité parfaite et imparfaite. — Péchés opposés à l'Amour de Dieu.

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