I. Signalons d'abord comme dispositions générales
4° La négligence à s’instruire personnellement des vérités que l’on est tenu de savoir et de croire, et, pour
les parents et les maîtres, l’omission de l'important devoir d’en faire instruire leurs enfants et leurs suübordonnés.
2° Le manque de vigilance et de précautions quand on possède la foi, pour ne point l’exposer à s’affaiblir ou à se perdre; la lecture des livres contre la foi, la fréquentation des personnes impies ou peu croyantes, sont un danger contre lequel on doit particulièrement se mettre en garde. ;
. M. A l'égard de la Foi intérieure, il y a trois péchés principaux. Ce sont :
1° L'infidélité. — Elle consiste à ne pas vouloir accepter la Foi et croire la doctrine chrétienne. L'infidélité toutefois n'est une faute que quand elle est volontaire, c'est-à-dire quand on repousse sciemment la vérité.
29 L'hérésie. — C'est le péché de quelqu'un qui nie avec opinâtreté quelque vérité de Foi. L'hérésie entraîne avec elle l'excommunication, quand on fait profession extérieure et opiniâtre d'une erreur contre la Foi, en s’associant, par exemple, aux‘hérétiques et à leur culte d’une facon habituelle.
Un certain nombre d'erreurs modernes, condamnées par le Syllabus de Pie IX (1864) et le concile du Vatican (1869-70), rentrent dans la catégorie de l’hérésie; par exemple : Fafhéisme, qui nie Dieu; le rationalisme, très voisin de l’incrédulité, qui ne veut admettre que ce que la raison découvre ou comprend ; le matérialisme, qui ne veut rien voir ni croire au delà de la matière sensible et palpable ; le scepticisme ou-doute volontaire, s’exercant sur les vérités de Foi et finissant par rejeter toute certitude.
3° L’apostasie. — C'est le péché de quelqu'un qui,
ayant fait profession de la Foi catholique, la rejette tout.
entière pour passer à l'infidélité, au judaïsme, au mahométisme, ete. Pour des chrétiens, le matérialisme, le nihilisme et ce qu'on nomme la libre pensée, sont bien une sorte d’apostasie.
136 à SECONDE PARTIE
II. Enfin, relativernent à la Foi extérieure, mentionnons comme fautes principales : +
io L'indifférence pratique. — C'est une néclirents habituelle portant à s'affranchir, sous un prétexte ou sous un autre, des devoirs religieux que la Foi commande. Elle devient aisément, pour celui qui s’y abandonne, un moyen de perdre la Foi, et, pour le prochain, un scandale.
2 Le respect humain. — Il est une lâcheté et consiste à rougir de sa Foi, à ne pas oser paraître chrétien, parce qu'on craint la critique ou les appréciations du monde.
CONCLUSION PRATIQUE
La Foi n'est pas précisément le résultat de nos efforts et de notre volonté, elle est un don de Dieu; et le premier moyen pour l’acquérir et la conserver, c'est de la demander par la prière. « Seigneur, disaient les disciples, augmentez en nous la Foi. » Toutefois elle se fortifie par l'instruction religieuse, par l’éfude du christianisme dans les livres sérieux, écrits par ceux qui connaissent la Religion.
Le chrétien doit se mettre en garde contre les mauvais livres. I existe à Rome une congrégation appelée du Saint-Office. Elle à mission d'examiner les livres et de les interdire quand iis sont dangereux, soit pour la Foi, soit pour les mœurs. D'après les règles de l'Index, revisées en 1897 par ordre de Léon XILÏ, puis par le Code de Droit canonique, il est défendu expressément de lire les livres des hérétiques traitant spécialement de matières religieuses. En contrevenant sciemment à cette défense, non seulement on commet une désobéissanée grave, mais on encourt parfois l’'excommunication réservée au Souverain Ponlife.
Il est également interdit, sous peine de péchés de lire les journa uæ et revues dont le dessein arrété estide ‘combaltre la
religion où les bonnes mœurs.
$ Il. — De l'Espérance.
L'Espérance : son double chjet. — Trois motifs de l'Espérance chrétienne, — Péchés contre l'Espérance : 4° présomption; 2 désespoir. 9. — Qu'est-ce que l'Espérance?
L'Espérance est une vertu surnaturelle par sr nous attendons de Dieu, avec une ferme confiance grâce dans ce monde et la gloire éternelle dans l'auties
Ainsi que la Foi, l'Espérance à une origine surnaturelle ; elle nous vient de Dieu et nous est donnée dans le baptème ; comme la Foi, elle a une fin surnaturelle et se propose des biens meilleurs que ceux de la terre. Comme elle aussi, elle est nécessaire au salut. Nos saintes Ecritures reviennent souvent sûr la nécessité de .mettre en Dieu notre confiance. *
Un double objet est proposé a l'Espérance chrétienne: Le premier objet, essentiel et final, c'est le Ciel, la gloire éternelle, la suprême béatitude, qui consiste dans la vision'et la jouissance de Dieu. C’est le but même de notre création.
Le second objet, ce sont les secours dont nous avons besoin pour atteindre cette fin. Un mot les résume, c'est la grâce. On concoit que Dieu, qui veut cette fin surnatureile, nous doive aussi les moyens d'y arriver. Aussi le Roi-Prophète le dit : € Dieu nous donnera la grâce et la gloire.» (Ps., rxxxur, 12.) Par conséquent nous devons espérer la lumière, la force, le secours, la persévérance et même le repentir, s’il en est besoin.
Quant aux biens temporels, ils ne sont qu'indirectement l’objet de notre espérance, c'est-à-dire que nous devons attendre de Dieu le nécessaire, qui nous est formellement promis, et en espérer les biens-utiles, mais à la condition que notre attente reste subordonnée au bon plaisir de Dieu et que ces biens ne seront pas préjudiciables à notre salut.