Qu'appelle-t-on imprécations
Les imprécations sont des paroles de haine ou de colère pour se souhaiter à soi-même ou au prochain la mort ou quelque autre malheur.
L'imprécation est le contraire de la bénédiction. Bé-
.nir quelqu'un, c’est lui souhaiter du bien; faire une
imprécation, c’est le maudire et ie vouer au malheur. Il arrive parfois que les imprécations sont faites :
1° Contre nous-mêmes. — Telles sont les formules de serments exécratoires : € Que je meure... que Dieu me damne... si je mens... si je ne me venge | » Si c’est avec réflexion et sérieusement que ces paroles sont dites, que pouvons-nous attendre que d'être pris au mot ct condamnés par notre propre bouche? N'est-il pas écrit que &« Dieu exaucera les imprécations des méchants » ? (Eecl., 1v, 6.)
2° Contre le prochain. — Elles sont les premiers et plus communs traits de la colère. La mort, la damnation , l'enfer, en sont les expressions les plus vulgaires et les plus coupables; si elles sont réfléchies, c’est assurément un péché mortel. Les autres imprécations
seront plus où moins graves selon le degré d'attention et l'importance du mal.
3° Contre Les êtres privés de raison. — Alors, il est vrai, l'imprécation a moins de gravité; mais elle est toujours un signe de colère ou d'impatience, et c'est aussi une ingratitude envers Dieu que de maudire ses créatures et de méconnaître les services qu'elles nous rendent. é #1
GONCLUSION PRATIQUE
Bien que souvent, dans les imprécalions, il y ait plus d'étourderie et d'impatience que de réflexion et dé mauvais vouloir, il n’est guère possible d'excuser lotalement de faute les formules imprécatoires ; elles sont toujours en opposition avec la charilé chrétienne et avec le respect qu'on se doit à soi-même. — Quant à ceux qui en auraient déjà contracté l'habitude, ils doivent faire leurs efforts pour s'en corriger, et pour cela : 1° désavouer
- sincèrement et immédiatement devant Dieu les imprécations qui
leur échappent ; et 2° les réparer par une parole de bénédiction ou une prière en faveur de ceux sur lesquels aurait pu toniber un souhait de malheur.
S IV. — Du Vœu.
Notion du vœu. — Diverses espèces de vœux. — Obligation qui résulte du vœu. — Circonstances qui exemptent de son accomplissement.