Quelle est l'obligation qui résulte du vœu
Le vœu, quelle qu’en soit l'espèce, du moment où il réunit les conditions énoncées pour constituer un véri- table vœu, crée l'obligation rigoureuse d'accomplir la promesse faite à Dieu. L’honneur et la justice en font un devoir, et la loi divine le dit expressément : € Vous rendrez vos vœux au Seigneur. » (S. Mutth., v, 33.) Ce serait un péché mortel de ne pas accomplir un vœu si la matière en est grave. Ce serait une faute d’en différer l'exécution pendant un temps notable, par négligence et.sans excuse raisonnable. Rien ne nous force de faire des vœux, la sainte Écriture le reconnaît; mais
si nous nous sommes engagés par une promesse, Dieu f
ne veut point de retard'dans l'exécution.
. 38. — N'y a-t-il pas des raisons cependant qui peuvent faire cesser l'obligation du vœu?
Oui, quatre causes peuvent faire cesser l'obligation contractée par un V®u :
40 Le changement de circonstances. — Si la chose devient impossible ou mauvaise; si la personne, par suite de changement survenu dans son état ou sa fortune, se trouve n'être plus dans les mêmes conditions, l'obligation du vœu cesse pour un temps ou pour toujours, selon que l'empêchement est temporaire ou permanent.
90 L'irritation où l'annulation par l'autorité légitime. — Ainsi le père etla mère peuvent annuler un vœu fait par un enfant en bas âge; un mari, les vœux d'une épouse, s'ils étaient contraires à ses droits; un supérieur et un maître, Ceux de leurs subordonnés, en ce qui concerne leurs droits respectifs.
30 La dispense. — En vertu de la puissance ecclé-
siastique dont ils sont dépositaires, le Pape et les Évèques peuvent dispenser des vœux, quand toutefois | il y a des raisons ct pourvu que les motifs allégués soient exacts. Le vœu de chasteté Dentelle et celui d'entrer en religion sont réservés au Pape.
4 Enfin la commutation. — Elle consiste à changer l'œuvre promise en une autre bonne œuvre. Ce changement ne peut être fait que par celui qui a le pouvon d'accorder la dispense. La commutation laisse le devon d'accomplir, sinon la première obligation, au moins celle qui lui a été substituée.
GONCGLUSION PRATIQUE
Si le vœu est un acte religieux, bon en lui-même, et qui donne un plus grand mérite aux œuvres que nous accomplissons après en avoir fait à Dieu la promesse, il rend, d'autre part, coupables et criminels ceux qui le transgressent, et il peut mettre en un très grand embarras ceux qui l'ont contracté à la légère et sans réflexion. C’est pourquoi avant de faire un vœu il faut beaucoup prier, réfléchir, consulter un directeur prudent et éclairé, et ne s'engager définitivement qu'après avoir recu de lui un avis favorable. -
Si le vœu a été fait avec ces conditions de prudence et de soumission, il reste à garder scrupuleusement la parole donnée à Dieu. « Heureuse nécessité, s'écrie saint Augustin, qui nous contraint à ce qui nous est meilleur. Courage done, et persévérance ! Comptez sur le secours de Celui qui a reçu vos engagements el en réclame l'exéculion. »
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IIIe COMMANDEMENT