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« Maudit soit celui qui n’honore pas son père et sa mère. |
(Deut., xxvir.) Que "œil qui insulte son père soit arraché par
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les corbeaux du tc-rent et devienne la pâlure des petits de.
l'aigle. (Prov., xxx, 11.) Ÿ
Puis les promesses en faveur de ceux qui sont fidèles : « Celui qui honore son père et sa mère est comme un homme qui amasse un trésor. Celui qui honore son père trouvera sa joie dans ses enfants, et il sera exaucé au jour de sa prière. » (Eccl., 1, 5.)
Enfin une vie longue sur la terre, ce qui peut s'entendre de jours prolongés, mais aussi d'une postérité heureuse et bénie, et surtout la vie éternelle en l’autre monde, telle est la récompense que Dieu lui-même garantit à ceux qui sont fidèles aux devoirs de la piété filiale.
S II. — Devoirs des Parents envers leurs Enfants.
Trois principaux devoirs : 1° affection ; 2° éducation ; 3° exemple.
AG. — Quels sont. les principaux devoirs des parents envers leurs enfants ? ae
Ces devoirs peuvent s& résumer à trois : 4° l’affection; 2° l'éducation; 3° L'exemple.
I. L'affection. — La nature elle-même a mis au fond du cœur du père et de la mèrc le sentiment de l’affec-
tion poussé jusqu'à la tendresse, Aussi pouvons-nous . remarquer que nulle part nos saints Livres ne formu-
lent l'obligation pour les parents d'aimer leurs enfants. Mais ils les doivent aimer d'une facon chrétienne, sur-
naturellement, selon la volonté de Dieu qui les leur
a donnés. Cet amour devra être sans faiblesse, c’està-dire exempt de molles complaisances pour leurs défauts: sans préférence, car souvent les prédilections sont injustes et dangereuses; sans égoisme, c'est-à-dire que les parents doivent se rappeler que leurs enfants sont à Dieu avant d’être au père et à la mère, et en con-
séquence, si Dieu .s appelle à lui par ka mort, ou par
le sacerdoce, ou par la vocation religieuse, ils doivent
Jui en faire le sacrifice avec générosité et soumission. Il. L'éducation. — Ce devoir est double, il renferme
les soins à donner au corps et ceux qu'il faut donner
à l'âme. L'éducation corporelle a pour but ce qui se rapporte à la vie matérielle et terrestre : la nourriture, le vêtement, les exigénces de la santé, l'établissement convenable des enfants selon leur condition.
L'éducation spirituelle, beaucoup plus importante, consiste à bien former l'esprit et le cœur des enfants. On forme l'esprit par une instruction en rapport avec la condition des familles, mais qui doit être, avant tout, religieuse et chrétienne. On forme le cœur et l'âme des enfants en surveillant leur conduite, en reprenant leurs défauts, en redressant leur caractère. Souvent, pour ÿ réussir, il faut la correction, dans une mesure sage et prudente sans doute, mais avec courage et fermeté, en se souvenant de cette parole de l'Esprit-Saint : « Celui qui aime son enfant ne lui épargne pas le chàtiment. » (Eccl., xxx,'5.)
III. L'exemple. — Il faut redire, avec Fénelon, « que les leçons profitent peu si les exemples viennent les démentir. » En effet, le meilleur encouragement au bien c’est l'exemple. Ainsi le comprenait Notre-Seigneur, qui commença par donner des exemples avant d’imposer des préceptes. Les parents doivent donc mettre d'accord leurs conseils et leur conduite, et veiller particulièrement à l'observance exacte des pratiques religieuses, comme sont la prière quotidienne, la sanctification du Dimanche, l’obéissance aux lois de l'abstinence, l’accomplissement du devoir pascal, etc.
CONCLUSION PRATIQUE
Les parents chrétiens feront bien de méditer cetle touchante instruction que saint Louis, roi de France, sur le point de mourir, adressait à son fils Philippe, et qu'il avait écrite de sa propre main : « Mon fils, la première chose que je te recommande, c'est d'aimer Dieu de tout ton cœur et de désirer de souffrir toutes sortes de tourments plutôt que de l'offenser mortellement. Va souvent à confesse, et choisis un confesseur habile et ferme, qui ose te*reprendre de tes fautes et te montrer tes défauts, Assisie dévotement aw service divin. Aime tout bien, hais tout mal. Sois compatissant envers les pauvres, fais-leur droit comme aux riches. Protège, aime, honore tous les gens d'Église,
Je te supplie, mon cher enfant, de te souvenir de moi et de
ma pauvre âme, et de me procurer dans tout le royaume le secours des messes, des prières et des aumônes. Je te donne toutes les bénédictions qu'un bon père peut donner àson ckerfils.»
- Heureux les enfants qui reçoivent de tels conseils ; plus heureux encore ceux qui recueillent de tels exemples!
$ III. — Devoirs des Inférieurs envers leurs Supérieurs.
Devoirs particuliers : 4° des élèves envers leurs maîtres; 2° des serviteurs envers leurs patrons ; 3° des sujets envers le souverain et les autorités; 4° des fidèles envers les chefs spirituels.
47. — Quels sont les devoirs des inférieurs envers leurs supérieurs ?
Ils peuvent varier selon la nature même de l'autorité
des supérieurs, et selon la condition correspondante
des inférieurs. Dans les conditions d'infériorité, nous rencontrons : 1° les élèves, qui sont dépendants de leu: s maîtres ou maîtresses ; 2° les serviteurs ou domestiques, qui ont au-dessus d'eux des maîtres ou patrons ; 3° les sujets, qui sont placés sous une autorité temporelle ou civile ; # les fidèles, qui ont au-dessus d’eux des supérieurs spirituels ou ecclésiastiques. Or, voici leurs devoirs respectifs :
I. Les élèves doivent aux maîtres, qui s'occupent de leur instruction et de leur éducation, et qui sont en cela les délégués et les reprétentants de leurs parents dans l’œuvre la plus difficile et la plus délicate, :ës mêmes sentiments et les mêmes égards qu’à leur père et à leur mère, par conséquent : le respect, puisqu'ils sont à la fois l'image de Dieu et de la famille; l'amour, fondé sur la reconnaissance pour le plus grand des bienfaits ; l'obéissance à leurs ordres légitimes et à leurs bons conseils, principalement en ce qui a rapport à l'instruction et à l'éducation; et enfin, sinon l'assistance, au moins le payement d’une dette de juste, en leur attribuant des honoraires convenables. « Jamais, dit Aristote, on ne peut rendre aux maîtres l'équivalent de leurs services. »
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IT. Les Sonore ouvriers ou domestiques, doivent | à leurs patrons ou à leurs maîtres : le respect, car. ceux-ci recoivent de Dieu leur autorité : « C’est le Seigneur que vous devez servir en les servant, » dit saint Paul (Col., xxx, 24); par conséquent, ajoute PApôtre, ils doivent regarder Dieu en leur personne, accomplir de tout cœur leur volonté, en les servant avec affection, sans les blesser par des paroles arrogantes; l'obéissance, qui est pour eux un devoir rigoureux de justice, dans le travail qui est demandé et dans la manière dé le faire; enfin la fidélité, c'est-à-dire qu'ils doivent prendre, en général, les intérêts du maître, ne leur faire tort en rien et employer consciencieusement le temps qu'ils doivent à leur service.
IT. Les sujets d’un État doivent au souverain et à ses délégués, ministres, officiers, magistrats, juges, etc. ; Hiva et le respect : car leur autorité, du moment où elle est légitime, vient de Dieu : « C'est par moi, dit-il, que règnent és rois, et que les législateurs discernent ce qui est juste. » (Eccl., x, 2.) « Le. souverain, ajoute saint Paul, est le ministre de Dieu pour le bien. » (Rom., xn1.) — Puis l'obéissance, en tout ce qui est juste et conforme aux lois de Dieu et de son Église : « Que toute âme, dit encore saint Paul, soit soumise aux puissances, Car toute puissance vient de Dieu. » (Rom., xur.) Et : « Celui qui résiste aux puis- “sances, résiste à Dieu. » (1b.) L' PROS saint Pierre va jusqu "à dire : &«‘Obéissez, alors même que les maîtres sont durs et fâcheux. » (I S. Pierre, 11, 18.) — On doit à la patrie, et par conséquent à ceux qui la gouvernent, le payement de l'impôt équitable, c'est encore saint Paul qui l'enseigne : « Payez le tribut à qui il est dû. » (Rom., xim.) On doit même, au besoin, l'impôt du sang, quand il est réclamé pour sa défense. Enfin, tout ob électeur doit à son pays, comme à sa Conscience, de voter, et de ne voter que pour des candidats qui respectent Dieu, la religion, le droit, la justice et toutes les sages et chrétiennes libertés.
IV. Les fidèles ont des supérieurs spirituels ou eclésiastiques, qui sont le Pape, les Évêques, les Curés, les Prétres…Tls leur doivent un respect religieux,
fondé sur le caractère sacré dont ils sont revêtus. « Nous sommes, dit saint Paul, les ambassadeurs du Christ, les coopérateurs de Dieu, les ministres de Jésus- Christ, les dispensateurs de ses mystères. » (II Corinth., vi, 4.) Le respect doit rester pour le ministre, alors même que l’homme aurait des imperfections et des défauts. — En second lieu, un amour filial et reconnaissant pour tous les bienfaits qu’ils en recoivent dans l’ordre de la grâce, depuis le berceau jusqu'à la tombe ; puis une obéissance parfaite, comme à Dieu, en tout ce qui a rapport à la religion. Enfin, les fidèles . doivent aux ministres du culte l'assistance temporelle et spirituelle : temporelle, en contribuant, suivant l'ordre établi, aux besoins matériels des prêtres et des pontifes; car, selon le mot de saint Paul, € l’ouvrier mérite son salaire, » et ceux qui servent à l'autel doivent vivre de l'autel ; ils doivent, en particulier, subvenir aux besoins du souverain Pontife, devenus plus impérieux en nos jours, depuis qu'il a été dépouillé de ses États ; enfin, l'assistance spirituelle, en aidant du secours de leurs prières les ministres de l'Église, qui sa- . crifient leur temps, leur santé et leur vie pour le bien des âmes, et qui sont si souvent payés d’ingratitude.
CONCLUSION PRATIQUE
Quelle félicité et quelle paix dans la société domestique, quelle sécurité dans l'État, et quelle beauté harmonieuse dans l'Église si tous les devoirs que nous venons de rappeler élaient fidèlement accomplis par tous les inférieurs visdà-vis de leurs supérieurs ! — Au début du Christianisme, la société païenne remarqua que les chrétiens étaient partout et toujours respectueux, obéissants, dévoués ; elle commença par admirer, puis elle s’éprit d'amour pour une religion qui commandait et obtenait de sibeaux résultats. Le respect, l'amour, l’obéissance, le dévouement, sont encore les vertus qui régénéreront l’école, le foyer domestique, notre nation française et notre société religieuse, si compromises et si ébranlées par l'esprit d'indépendance et de révolle.
8 IV. — Devoirs des Supérieurs envers leurs Inférieurs.
Devoirs particuliers : 4° des maïîtres envers leurs élèves; 2° des patrons envers leurs serviteurs; 3° des diverses autorités envers leurs sujets; 4 des chefs spirituels envers les fidèles.
AS. — Quels sont les devoirs des supérieurs envers leurs inférieurs ?
Pour les énoncer avec ordre et précision, nôus reprendrons l’ordre hiérarchique précédemment établi, et nous dirons les devoirs : 1° des maîtres dans l’enseignement; 2 des maîtres de maison, chefs d'usine ou d'atelier; 3° des dépositaires de l'autorité civile , et 4 des représentants de l'autorité religieuse.
I. Les maîtres dans l'éducation, remplaçant les parents, doivent comme ceux-ci, aux élèves qui leur sont confiés, l'affection sincère et dévouée, exempte de faiblesse et de partialité, surnaturalisée par des pensées
chrétiennes ; une éducation intellectuelle et morale,
basée sur le christianisme, mêlée tout à la fois de douceur et de fermeté ; au besoin, une correction sage et juste, et toujours le bon exemple.
II. Les maîtres et maîtresses de maison, les chefs d'usine ou d'atelier, doivent à leurs ouvriers, domestiques, employés, servantes, etc.., le salaire qui convient en toute justice : € Que la récompense du mercenaire, disait Tobie à son fils, ne reste pas un seul moment entre vos mains. » (Tob., 1v, 15.) Avec le salaire convenu, le respect de leurs droits, ils doivent aussi la nourriture nécessaire, les soins voulus dans les maladies contractées à leur service, et les secours particuliers que prescrit parfois la charité.
Dans le commandement, ils doivent employer toujours la douceur et la bonté, se souvenant de ces paroles de la sainte Écriture : « Si vous avez un domestique fidèle, chérissez-le comme votre âme, et traitez-le . gomme votre frère. » (Ecel., xxxm1, 21.) — ç«Ilnya
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Drs COMMANDEMENTS DE DIEU : 485
plus ni esclave) ni homme libre ; tous sont enfants de Dieu. » (Gal., 111, 28.)
Ils doivent ne pas oublier l'âme de ceux qui leur sont soumis, mais veiller sur leur conduite, les reprendre au besoin, leur-faciliter la pratique des devoirs religieux, et leur prêcher d'exemple.