DÉFINITION DU CONCILE DU VATICAN
rationnellement. Mais qui ne sait, par l'histoire des religions et de la philosophie, combien d'erreurs se sont mêlées à l'idée de Dieu, et combien sont rares ceux qui ont pu parvenir à une connaissance satisfaisante de Dieu. Aussi la constatation de ces faits sera-t-elle invoquée comme un argument pour démontrer la nécessité morale d'une révélation.
Le concile appuie sa doctrine sur ce texte de saint Paul, ponctué de la manière suivante : « Invisibilia enim ipsius, a creatura mundi, per ea quae facta sunt, intellecta, conspiciuntur (i). » La virgule, placée après intellecta, fixe authentiquement la lecture de ce verset et détermine, semble-t-il, la signification de ces mots : a creatura mundi, dans lesquels, parmi les interprètes, les uns voyaient la créature raisonnable par qui Dieu est connu, les autres celle au moyen de laquelle on connaît Dieu, d'autres encore la date depuis laquelle Dieu est connu naturellement, c'est-à-dire depuis la création. C'est ce dernier sens qui paraît le plus naturel.
Or ce verset se trouve encadré dans la preuve que donne saint Paul que la justification par l'évangile a été un don gratuit pour les gentils et pour les juifs. L'apôtre rappelle que, suivant l'enseignement de la révélation, c'est la foi en l'évangile qui sauve. Il l'établit notamment pour les gentils, en montrant qu'ils avaient besoin de cette foi, sans y avoir le moindre droit, attendu que leur idolâtrie et leurs fautes appelaient sur leur tête la colère de Dieu. u II est révélé, dit-il, que la colère de Dieu menace du ciel la souveraine impiété (l'idolâtrie) et l'injustice (les autres fautes) de ces hommes qui retiennent la vérité de Dieu cachée dans leur injustice. En effet, ce que l'on sait (naturellement) de Dieu se
x. Rom., i, 20.
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manifeste en eux (comme la loi naturelle, par exemple), vu que Dieu l'a manifesté en eux. Car depuis la création da monde, ses invisibles perfections sont vues par notre intelligence au moyen des êtres qu'il a faits) ainsi que son éternelle puissance et sa divinité. De sorte qu'ils sont inexcusables parce que, ayant connaissance de Dieu, ils ne l'ont pas glorifié ni remercié comme Dieu, mais ils se sont perdus dans leurs raisonnements, et leur cœur irréfléchi s'est rempli d'obscurité (i). » De tout ce passage, le concile n'a retenu que les mots soulignés ; et c'est là qu'il a vu un témoignage révélé en faveur de son enseignement sur la possibilité de la connaissance rationnelle de l'existence de Dieu. Mais saint Paul va plus loin ; avant et après ce verset 20, il affirme le fait que les païens ont réellement connu Dieu, et c'est précisément cette connaissance réelle, dont ils ne tenaient pratiquement aucun compte, qui les rendait « inexcusables. »