‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 118 sur 179 · Rom., h · texte numérisé non relu

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PUISSANCE DE LA RAISON 3o,5

elle se démontre logiquement, non pas a priori, c'est-à-dire par la cause, mais a posteriori par les effets. Dieu, étant sans cause, échappe par là même à une démonstration a priori ; étant la cause des causes, son existence peut être démontrée a posteriori. Sans doute, l'effet, n'étant pas proportionné à la cause, ne saurait en donner une connaissance adéquate, parfaite ; il sert du moins et il suffit à en prouver rigoureusement l'existence. Par suite, les créatures, bien qu'impuissantes à nous faire connaître Dieu dans son essence complète, démontrent cependant son existence d'une manière irréfutable. Et ce procédé de démonstration s'impose ; car, si Dieu est le premier dans l'ordre de l'être au point de vue ontologique, il n'est pas le premier dans l'ordre de notre connaissance. Aussi la seule voie qui s'offre à nous c'est de nous élever jusqu'à lui en partant des créatures, en remontant des effets à leur cause première.

2. Nous constatons, tant par l'expérience interne que par l'expérience externe, qu'il y a des. substances et des causes : des substances, c'est-à-dire des entités qui servent de support aux divers phénomènes sensibles ; des causes, c'est-à-dire de véritables agents d'action ; d'autre part, nous possédons l'idée claire de certains principes nécessaires et absolus, par exemple, celui-ci : Le tout est plus grand que la partie. Or, parmi ces principes, se trouve le principe général de raison suffisante, qui s'applique à tous les êtres sans exception et qui se formule ainsi: Tout ce qui est a sa raison d'être en soi ou dans un autre. Ce principe, appliqué aux êtres qui naissent ou commencent d'exister pour disparaître ensuite, est proprement le principe de causalité: Tout ce qui commence a une cause. Aristote disait et saint Thomas a répété : Tout ce qui passe de la puissance à

l'acte est mû par un autre. Rien de plus exact, déplus certain. Equdvalemment on peut dire : Tout changement est produit par une cause ; tout phénomène a une cause ; rien n'arrive sans une raison suffisante.

3. C'est justement l'application de ce principe de causalité, de raison suffisante, qui permet à notre raison de conclure légitimement à l'existence de Dieu ; mais c'est aussi ce principe qu'on a essayé de battre en brèche, pour interdire à la raison le droit de conclure à l'existence de Dieu. Hume, Stuart Mill et la plupart des positivistes suppriment donc le principe de causalité et se contentent de dire : tout phénomène a un antécédent. Mais c'est là déclarer simplement qu'entre les phénomènes il n'y a pas d'autre rapport que celui de succession, sans aucun lien de causalité, et méconnaître abusivement ce rapport très particulier qui fait que tel phénomène n'existe que parce qu'il a sa raison d'être dans une cause antérieure ; la causalité implique succession, mais elle n'est pas qu'un pur phénomène antécédent, elle produit en réalité le phénomène qui suit, elle est vraiment cause, ce qui est fort différent.

4. Kant, de son côté, dans sa Critique.de la raison pure, a essayé de ruiner le principe de causalité. Il n'a voulu y voir qu'une manière habituelle de juger, tenant à la nature de notre esprit, d'ordre par conséquent purement subjectif, indiquant bien ce qui se passe en nous au point de vue intellectuel, mais ne garantissant pas le moins du monde que cela se passe de même hors de nous dans la réalité objective, et que, par suite, les phénomènes constatés aient' une cause réelle. Aussi rejette^t-il les preuves de l'existence de Dieu qui s'appuient sur ce principe de causalité. Après avoir nié que la raison pure

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