DIEU EST SIMPLE
ments qui lui sont communs avec d'autres êtres du même genre et d'éléments qui lui sont propres ; c'est la composition du genre et de la différence spécifique.
En Dieu, pas de composition matérielle : il est un esprit ; pas de composition de matière et de forme : il est un pur esprit ; pas de composition de puissance et d'acte : il est tout en acte, un acte pur ; pas de composition logique : il n'entre dans aucun genre, dans aucune espèce ; pas de composition d'essence et d'existence : il est son essence, son existence, sa vie. En Dieu l'être, la substance, l'essence et l'existence ne sont qu'une seule et même chose. Dieu, c'est la simplicité souveraine, la simplicité absolue. Et de même qu'il est sans composition d'aucune sorte, il n'entre dans la composition d'aucune créature, bien que pourtant la créature ne puisse être que par lui. Il est l'être de l'être, l'être des êtres, non par son essence, qui est incommunicable, mais par la cause exemplaire qu'il en a et par la cause efficiente qui les produit.
2. La perfection. — Un être étant plus ou moins parfait selon qu'il est plus ou moins en acte, il s'ensuit que Dieu, qui est le premier principe actif, la première cause efficiente, toujours et totalement en acte, un acte pur, est absolument parfait : il possède la perfection absolue, toutes les perfections de tous les êtres, dune manière suréminente, et toute la perfection de l'être. A ce titre, la bonté lui convient excellemment.
D'autre part, tandis que les créatures sont limitées par le nombre, par l'espace, par la durée, et sont sujettes au changement, Dieu ne saurait ni avoir ces limites ni subir ces changements : de là les attributs suivants. Point de limites en lui, quant
aux nombres : étant l'être subsistant en soi, il est Vinflni. Point de limites clans l'espace : il domine l'espace, il est' immense. Point de limites dans la durée : il domine le temps, il est éternel. Pas le moindre changement : il est immuable. Et ce Dieu d'une simplicité si absolue, d'une perfection si complète, à la fois infini, immense, éternel, immuable, est unique, est un, il est l'unique, Vun par excellence. Mais qu'est-ce à dire ? La raison est opprimée par tant de majesté ; elle ne peut que balbutier, et même, aidée par la foi, elle se heurte de tous côtés à d'insondables mystères.
3. L'immensité. — Par son immensité, Dieu domine l'espace. Il est partout, en tous lieux, non pas qu'il les occupe à la manière des corps qui excluent la présence des autres corps, puisqu'il est simple, non qu'il y remplisse le rôle de l'âme dans le corps, ceci serait du panthéisme ; mais parce qu'il fait que l'espace est ce qu'il est, parce qu'il lui donne la capacité de contenir des êtres et parce que tous les êtres qui l'occupent, c'est lui qui les a faits. Il est présent à toute créature et clans toute créature, non comme partie de son essence ou l'un de ses accidents, mais comme la cause est présente à son effet, comme l'agent est présent à son œuvre. En tout et partout par sa puissance, rien n'échappe à son pouvoir, depuis les infiniment petits qui s'abritent sous un brin d'herbe ou de mousse ou s'agitent dans une goutte de rosée jusqu'aux sphères géantes qui gravitent dans l'espace. En tout et partout par sa présence, rien n'est soustrait ou caché à ses yeux, le fond des cœurs, le secret des consciences, tout comme l'abîme insondable du firmament étoile. En tout et partout par son essence, tout ce qui est, tout ce qui vit, tout ce qui pense a sa raison