I. Les Formules
Le mystère de la Sainte Trinité se trouve formulé succintement dans ces paroles de Notre Seigneur à ses apôtres, avant l'ascension : « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (i). »
i . Il y a loin de cette formule si concise à celle du symbole de saint Athanase, si explicite et si détaillée, comme nous l'avons vu : « La foi catholique c'est d'adorer un seul Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'unité, sans confondre les personnes, sans séparer les substances. Car autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autr© celle de l'Esprit-Saint. Mais pour le Père, le Fils et l'Esprit-Saint, une est la divinité, égale la gloire, coéternelle
i. Matth., xxviii, 19.
la majesté. Tel le Père, tel le Fils, tel l'Esprit-Saint. Incréé est le Père, incréé est le Fils, incréé est l'Esprit- Saint. Immense est le Père, immense le Fils, immense l'Esprit-Saint. Eternel est le Père, éternel est le Fils, éternel l'Esprit-Saint ; et pourtant ce ne sont point trois éternels, mais un seul éternel ; ni trois incréés, ni trois immenses, mais un seul incréé et un seul immense. De même tout-puissant est le Père, tout-puissant est le Fils, tout-puissant est l'Esprit-Saint ; et pourtant ce ne sont pas trois tout-puissants, mais un seul tout-puissant. Ainsi Dieu est le Père, Dieu le Fils, Dieu l'Esprit-Saint ; et pourtant ce ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu... De même que la vérité chrétienne nous oblige de confesser que chaque personne, séparément, est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous défend de dire trois Dieux ou trois Seigneurs. Le Père n'a été ni fait, ni créé, ni engendré. Le Fils est du Père seul, ni fait, ni créé, mais engendré. L'Esprit-saint est du Père et du Fils, ni fait, ni créé, ni engendré, mais procédant de l'un et de l'autre. Il n'y a donc qu'un Père, et non trois Pères ; qu'un Fils, et non trois Fils, qu'un Esprit-Saint, et non trois Esprits-Saints. Et, dans cette Trinité, rien n'est plus ancien ou plus jeune, rien n'est plus grand ou plus petit, mais les trois personnes sont coéternelles et coégales entre elles. »
2. Tous les éléments essentiels du dogme de la Trinité se trouvent réunis dans le symbole de foi du xie Concile de Tolède, tenu en 675 : « Nous confessons et croyons que la sainte et ineffable Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit est essentiellement un seul Dieu d'une seule substance, d'une seule nature, d'une seule majesté et puissance. Noua professons que le Père n'est ni engendré, ni créé, mais inengendré, ne tenant de personne son origine..., que le Fils est né de la substance du Père sans commencement avant tous les siècles..., de la même substance que la Père, et c'est pourquoi on le dit consubstantiel au Père... Nous croyons également que l'Esprit-Saint, la troisième personne de la Trinité, est un seul et même Dieu avec Dieu le Père et le Fils, d'une seule et
même substance, d'une seule et même nature ; ni engendré, ni créé, mais procédant de l'un et de l'autre... Les noms des personnes marquent leurs relations récir proques, celui de Père par rapport au Fils, celui de Fils par rapport au Père, celui de Saint-Esprit par rapport à l'un et à l'autre... Nous ne professons pas trois substances comme nous professons trois personnes, mais une seule substance et trois personnes... A chacune des trois appartient une seule et indivise et égale divinité... Nous distinguons les personnes, nous ne scindons pas la divinité. Nous reconnaissons la Trinité dans la distinction des personnes, mais nous professons l'unité à cause de la nature ou delà substance... Bien qu'ils soient trois en un et un en trois, chaque personne cependant possède ses propriétés personnelles (i). »
3. Au commencement du xin6 siècle, le rve Concile de Latran de 12 15 condamne les erreurs de Joachim de Flore, de la manière suivante : « Le saint Concile approuvant, nous croyons et confessons avec Pierre Lombard qu'il existe une chose unique et suprême, incompréhensible et ineffable, qui est véritablement Père, Fils et Saint- Esprit, trois personnes ensemble et chacune d'elles à part. Et ainsi en Dieu la Trinité seulement existe, non la quaternité, parce que chacune de ces trois personnes est cette chose, c'est-à-dire la substance, l'essence ou la nature divine, qui seule est le principe de toutes choses en dehors duquel on ne peut en découvrir quelque autre. Et cette chose n'est ni génératrice, ni engendrée, ni procédante, mais elle est le Père qui engendre, et le Fils qui est engendré, et le Saint-Esprit qui procède, pour que les distinctions soient dans les personnes et l'unité dans la nature. Donc, bien que le Père soit un autre, le Fils un autre, le Saint-Esprit un autre, ils ne sont pourtant pas autre chose, mais cette chose, qui est le Père, est le Fils et le Saint-Esprit, la même chose tout-à-fait ; de sorte que, conformément à la foi orthodoxe et catholique, nous croyons qu'il sont consubstantiels. En effet, le Père, en