I. Le mot Symbole
son ètymologie, sa signification.
Symbole est un terme emprunté au grec. Au sens étymologique, il signifie soit un signe, si on le fait dériver deSu^êoXov, soit un contrat ou une contribution, si on la fait venir de SujxêoX-^.
i. BIBLIOGRAPHIE : Caspari, Quellen zur Geschichte des Taufsymbols, Christiania, 1866-1875 ; Alten undneue Quellen, Christiania, 1879 ; Kirchenhistorische Anecdota, Christiania, i883 : Harnack, Das apostolische Glaubensbekenntniss, Berlin, 1892 ; article Apostolische Symbolum dans la Realencyklopddie, Leipzig, 1896; Zahn, Das apostolische Symbolum, Leipzig, 1893; Blume, Das apostolische Glaubensbekenntniss, Fribourg, 1893 ; D. Baumcr, Das apostolische Glaubensbekenntniss, Mayence, i8g3 ;
Mais, dans le sens dérivé et actuel de l'Eglise, symbole signifie collection, assemblage des principales vérités de la foi.
Nous disons : des principales vérités, et non de toutes, parce qu'il n'est qu'un résumé et qu'il existe un grand nombre d'autres vérités, qui se trouvent soit dans la Tradition, soit dans Y Ecriture Sainte. Le symbole, en effet, ne renferme que les vérités les plus essentielles, les plus fondamentales, celles dont la foi explicite et formelle est requise pour la réception du baptême. Quant aux autres, elles sont aussi objet de foi ou de croyance, dès qu'elles nous sont notifiées par l'autorité compétente en pareille matière, c'est-à-dire par l'Eglise. Ces dernières sont implicitement acceptées par le fidèle ; car, en professant dans le symbole qu'il croit à l'Eglise catholique, il se déclare par là même prêt à croire tout ce qu'enseigne l'Eglise catholique apostolique et romaine ; et, dès que ces vérités lui sont proposées, il les accepte par un acte de foi, l'Eglise étant à ses yeux l'organe infaillible de Dieu.
A l'époque des Pères, c'est-à-dire pendant les cinq
Kattenbusch, Das apostoliche Symbolum, Leipzig, 1 89/4-1 900 ; Hahn, Bibliothek der Symbol, avec un appendice d'A. Harnack, Mater ialen zur Geschichie und Erklarung des alten rômischen Symbol, Breslau, 1897; Burn, Introduction to the creeds, Londres, 1899; Mgr Batiffol, Symbole des apôtres, dans le Dictionnaire de Théologie, t. 1, col. 1GO0-167.3 ; Doesholt, Das Taufsymbol, Padcrborn, 1898; Kunze, Glaubensregel, Heilige Schrift und Taufbekenntniss, Leipzig, 1899 ; Ehrhard, Die altchrUt. Litteratur, Fribourg-cn-Brisgau, 1900 ; Sanday, Farther resewch on the history of the creed, dans The journal of theological studies, vol. m, n. 9, octobre 1901 ; Vacandard, L'origine du symbole des apôtres, dans la Revue des Questions historiques, 1899, t. xxii, p. 329 sq, avec réponse de D. Ghamard et réplique de Vacandard, ibid., 1901 ; Ermoni, Le symbole des apôtres, dans la collection Science et Religion.
DU SYMBOLE DES APOTRES 8l
premiers siècles de l'Eglise, certains auteurs ecclésiastiques ont imaginé toutes sortes d'explications pour légitimer le sens étymologique du mot symbole. C'est ainsi que Nicétas, évêque de Remesiana ou Romatiana, en Dacie (vers 4oo), appelle symbole le pacte que fait avec Dieu le chrétien, au jour de son baptême (i). Fauste, évêque de Riez, en Provence, dans la seconde moitié du ve siècle, croit, en souvenir des cotisations que faisaient entre eux les membres d'un même collège pour subvenir aux frais de leurs repas de corps, qu'on a pareillement réuni dans le symbole certaines vérités pour la nourriture et le festin des âmes (2). Rufin, prêtre d'Aquilée (345-4 10), y voit à la fois le sens de signe ou de mot de passe, de contribution ou d'apport (3). Le symbole, en effet, servait à distinguer les chrétiens des païens, des juifs et des hérétiques, et l'on sait que les partisans de la même croyance avaient un mot d'ordre ou de passe pour se reconnaître entre eux. Dans ce dernier sens, le mot symbole rappellerait le fameux Schibboleth, indiqué par Jephté dans l'Histoire Sainte pour reconnaître les siens et découvrir les Ephraïmites (4).
Quoi qu'il en soit de ces diverses interprétations, le symbole était regardé surtout comme la profession de foi nécessaire avant la réception du baptême et comme la règle de foi du chrétien.
Il y a plusieurs symboles dans l'Eglise. L'un
1. Explanatio symboli, i3; Pair, lat., t. m, col. 873. — 2. Homil. 1, dans Caspari, Anecdota, t. i, p. 3i5. — 3. Comm. in symb. ; Pair, lat., t. xxi, col. 338. — 4. Maxime de Turin, De tradlt. symboli ; Pair, lat., t. lyii, col. 433.
d'entre eux, désigné sous le nom de Symbole des Apôtres, pour le distinguer des symboles de Nicée et de saint Àthanase, n'est autre chose que le symbole en usage dans l'Eglise romaine pour la collation du baptême au ive siècle, complété sur quelques points dans les églises du rit gallican, spécialement en Gaule, que Rome adopta sous cette forme amplifiée et introduisit dans sa liturgie, ainsi qu'en témoigne Y Or do romanus du temps de saint Nicolas I (808-867), 011 il se trouve reproduit.
Cette définition, pour être comprise dans toute sa teneur, a besoin de quelques explications que nous allons donner succinctement en parlant du texte, de Y origine, de Y attribution du symbole.
1° Texte du Symbole des Apôtres.
1. Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ;