‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 53 sur 179 · PROFESSION DE FOI DE PIE IV 1/^J · texte numérisé non relu

PROFESSION DE FOI DE PIE IV 1/^J

sia utitur, videlicet : Credo in unum Deum Patrem omnipotentem... (Suit tout le symbole de Nicée-Constantinople) .

Apostolicas et ecclesiasticas traditiones, reliquasque ejusdem Ecclesiae observationes et constitutiones firmissime admitto et amplector.

Item sacram Scripturam juxta eum sensum, quem tenuit et tenet sancta mater Ecclesia, cujus est judicare de vero sensu et interpréta tione sacrarum Scripturarum, admitto ; nec eam unquam nisi juxta unanimem consensum Patrum accipiam et interpretabor.

Profiteor quoque septem esse vere et proprie Sacra— mentanovselegis, a Jesu-Christo Domino nostro instituta atque ad salutem humani generis, licet non omnia singuiis necessaria, silicet : Baptismum, Confîrmationem, Eucharisiiam, Paenitentiam, Exlremam Unctionem, Ordinem et Matrimonium ; illaque gratiam conferre, et ex his Baptismum, Confîrmationem et Ordinem sine sacrilegio reiterari non posse. Receptos quoque et approbatos Ecclesiae Catholicœ ri tus, in supradictorum omnium sacramentorum solemni administratione, recipio et admitto.

Omnia et singula quse de peccato briginali et de justificatione in sacrosancta Tridentina Synodo definita et declarata fuerunt amplector et recipio.

Profiteor pariter in Missa ofîerri Deo verum, proprium t\f propitiatorium sacrifîcium, pro vivis et defunctis ; atque in sanctissimo Eucharistiae Sacramento esse vere, realiter et substantialiter Corpus et Sanguinem una cum anima et divinitate Domini nostri Jesu Christi, fieriquô conversionem totius substantiœ panis in Corpus et totius substantiœ vini in Sanguinem, quam conversionenii Çatholica Ecclesia Transsubstantiationem appellat. Fateor etiam sub altéra tantum specie totum atque integrum Christum, verumque Sacramentum sumi.

Gonstanter teneo Purgatorium esse, animasque ibi detentas fidelium suffragiis juvari ; similiter et Sanctos una cum Christo régnantes venerandos atque invocandosesse ; eosque orationes Deo pro nobis offerre ; atqu& eorum reliquias esse venerandas. Firmissime assero imagines Christi ac Deiparœ semper Yirginis, nec non alio-

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rum sanctorum habendas et retinendas esse, atque eis debitum honorem ac venerationem impartiendam. Indulgentiarum eliarn potes ta tem a Christo in Ecclesia relio tam fuisse; illarumque usum christiano populo maxime salutarem esse" affirmo.

Sanctam, Catholicam et Apostolicam Romanam Ecclesiam, omnium Ecclesiarum matrem et magistram agnosco. Rornano Pontifici, beati Pétri apostolorum principis successori ac Jesu Ghristi vicario, veram obedientiam spondeo ac juro.

Caetera autem omnia a sacris canonibus et œcumenicis conciliis, ac prœcipue a sacrosancta Tridentina Synodo, et ab œcumenico concilio Yaticano tradita, definita, et declarata, prausertim de Romani Pontificis Primatu et infallibili Magisterio, indubitanter accipio atque profiteor; simulque contraria omnia, atque haereses quascumque ab Ecclesia damnatas, rejectas, et anathematizatas, ego pariter damno, rejicio et anathematizo.

Hanc veram Catholicam fidem, extra quam nemo salvus esse potest, quam in praesenti sponte profiteor et veraciter teneo, eamdem integram et inviolatam usque ad extremum vitaB spiritum, constantissime, Deo adjuvante, retinere, et confiteri, atque a meis subditis, vel illis quorum cura ad me in munere meo spectabit, teneri, doceri et praedicari, quantum in me erit, curaturum. Ego idem N. spondeo, voveo, ac juro. Sic me Deus adjuvet, et haeo sancta Dei Evangelia. »

3° Son Usage

D'après la jurisprudence canonique, sont tenus de réciter publiquement et solennellement cette profession de foi :

i. Les patriarches, les primats, les archevêques et les évêques, au premier synode provincial auquel ils assistent, sous peine d'être dénoncés à Rome, s'ils s'y refusent (i).

i. Conc. Trid, sess. xxv, cap. n, de réf.; Const. Quos apostolicis de Grégoire xiv (i 590-1 591), du i3 mars 1591.

PROFESSION DE FOI DE PIE IV ity

2. Tous ceux qui sont pourvus d'un bénéfice avec charge d'âmes, d'un canonicat ou d'une dignité dans une église cathédrale, et cela dans les deux mois après la prise de possession (i) ; ceux qui sont pourvus d'un bénéfice avec charge d'âmes doivent la faire devant l'évêque ou son vicaire général ; les chanoines et dignitaires, également devant l'évêque ou son vicaire général, et de plus devant le Chapitre, mais cette dernière suffît, si l'évêque ou son vicaire général assiste au Chapitre (2).

3. Les prélats régulièrement préposés au gouvernement des monastères, des couvents, des maisons et autres lieux qui appartiennent à des ordres religieux et militaires (3).

[\. Les Docteurs, maîtres d'école, lecteurs, professeurs d'arts libéraux et de grammaire, qu'ils soient laïques ou ecclésiastiques (/j).

5. A Rome, d'après le concile romain de 1825, et dans quelques diocèses, sont également tenus à faire cette profession de foi tous ceux qui sont pourvus d'un bénéfice quelconque, même simple ; par exemple, les vicaires généraux, les vicaires forains, les procurateurs et promoteurs du fisc épiscopal, le chancelier, les prédicateurs nouveaux, même réguliers, les nouveaux confesseurs ; ceux qui enseignent la théologie, la philosophie, le droit canon ou le droit civil, les arts libéraux, la grammaire, et ceux qui exercent la médecine et la chirurgie.

Telle quelle, cette profession de foi de Pie IV est actuellement, dans l'Eglise, la profession de foi la plus détaillée qui existe. Elle constitue un document de première importance, sommaire abrégé des principaux points de l'enseignement catholique.

1. Conc. Trid.. sess. xxiv, cap. xn de réf. — 2. Gangr. Conc., 25 janvier et 9 février 1726- — 3. Injunctam nobis, de Pie IV. — 4- In sacrosancta, de Pie IV.

Leçon IVe Immutabilité et Progrès

I, Immutabilité : 1° La révélation est complète depuis les apôtres. — 2° La règle de foi dans les premiers siècles. — 3° La doctrine de saint Vincent de Lèrins. — 4° L'enseignement du Vatican. — II. Progrès : 1° Son objet. '- 2° Ses caractères. — 3° Sa marche. — 4° Ses limites.

Un simple coup d'œil jeté sur le texte de nos symboles et de la profession de foi de Pie IV suffit pour constater la différence sensible qui existe entre eux. Les vérités, qui leur sont communes, y sont exprimées d'une manière de plus en plus claire, précise et complète ; et d'autres vérités s'y trouvent explicitement formulées. Les articles de foi, en effet, y ont subi un accroissement notable. Mais qu'est-ce à dire? L'objet de la foi ne se serait-il pas étendu, avec la marche du temps et les progrès scientifiques, dans des proportions imprévues ? Et, dans ce cas, est-ce bien l'enseignement donné aux apôtres par Jésus Christ? Ne serait-ce pas plutôt unei doctrine nouvelle, cadrant, si l'on veut, avec la foi primitive, mais surajoutée du dehors, soit à l'aide

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du travail humain, soit au moyen de révélations récentes, comme cela s'était produit depuis Adam jusqu'à Notre Seigneur ?

La question vaut la peine d'être examinée de près pour dissiper bien des équivoques dans l'esprit de nos contemporains (i) ; d'autant plus que, parmi les incrédules, s'il en est qui accusent l'Eglise d'être complètement immobilisée et comme figée dans sa foi, en dehors de tout progrès, sinon en contradiction formelle avec l'épanouissement nécessaire et constant de la raison, d'autres, au contraire, lui font le reproche d'innover en matière de doctrine et de mettre sur le compte de la révélation divine des vérités d'ordre purement humain, de telle sorte que l'enseignement catholique ne ressemblerait ni plus ni moins qu'à une doctrine, qui sans doute peut avoir pour base et pour point de départ l'enseignement apostolique, mais qui est toujours en train de se modifier, d'évoluer, de s'adapter aux progrès de la science et aux exigences de la pensée humaine, o'est-à-dire de changer.

Les uns nous reprochent de rester immobiles.

i. S. Vincent de Lérins, Commonitorium ; Patr. lai., t. l; S. Thomas, Sum. theol, JIa IIœ , Q. i, a. 7 ; Bossuet, Avertissements aux protestants ; Moehler, La symbolique, trad. franc., Paris, i853 ; Newman, Essay on the développement of Christian doctrine, trad. franc., Paris, i848 ; Franzelin, De divina traditione et Scriptara, Rome, 1870 ; 3* édit., Rome, 1882 ; Prunier, Evolution et immutabilité, Paris, 1898 ; De la Barre, La vie du dogme, Paris, 1898 ; Bainvel, Le dogme et la pensée catholiques, dans les Etudes, Paris, 1900, t. lxxxii, p. 3o sq ; Vacant, La constitution Dei Filius, Paris, 1895 ; L. de Grandmaison, L'élasticité des formules dogmatiques, dans les Etudes, 1898, t. lxxvi, p. 3£o sq ; E. Portalié, Le dogme et l'histoire, dans le Bulletin de littérature ecclésiastique, 190^ p. G2-143 ; Pcrriot, Développement du dogme catholique, dans le Dictionnaire de Jaugey, Paris, 1888 ; Didiot, Cours de théologie caUwl'que, 1891-18^2.

Nous leur répondons : constatez nos progrès ; la parole divine est reçue par des intelligences humaines, mais elle y devient une vérité de mieux en mieux connue, une pensée qui vit ; nous avons une idée de la vérité révélée de plus en plus nette ; nous l'entendons, nous la connaissons, nous l'expliquons d'une manière de moins en moins imparfaite ; il y a du mouvement dans les propositions dogmatiques, qui font passer certaines vérités de l'état implicite à l'état explicite ; il y en a dans la science théologique, qui ne cesse de s'élaborer et de se perfectionner ; il y en a dans la vie catholique, qui s'épanouit pratiquement en œuvres toujours plus fécondes.

Soit, répliquent les autres ; mais alors vous violez votre principe de l'immutabilité doctrinale ; vous innovez, et votre catholicisme n'a guère plus rien qui ressemble au christianisme primitif. Nous répondons à ces derniers : notre progrès n'est pas une innovation d'importation étrangère ; il est conforme à tout principe vivant ; il suit sa propre loi, qui est une loi de vie ; il est normal.

D'autre part, il se rencontre quelques catholiques de bonne foi qui, sans tomber dans ces extrêmes, n'entendent pas d'une façon satisfaisante l'enseignement de l'Eglise sur ce point et, faute d'avoir une idée exacte de la révélation, du développement doctrinal ou de la nature des définitions dogmatiques, s'imaginent à tort que l'objet de la foi ne va sans cesse s'élargissant que par des additions opportunes ou nécessaires, dues à de nouvelles révélations divines, de sorte que si la foi du xxe siècle se trouve plus riche que la foi des premiers siècles, c'est grâce à des vérités nouvelles, étrangères à la révélation évangélique, mais légitimement notifiées par l'Eglise sous la direction du Saint-Esprit.

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Il convient donc de répondre aux uns et aux autres, car tout autre est la réalité.

1° La révélation est complète depuis les Apôtres

Sans doute, conformément à la vérité historique, l'Eglise admet qu'avant l'ère chrétienne, il y a eu un progrès réel dans la notification de la doctrine religieuse et un accroissement numérique des vérités révélées. Elle constate, en effet, que des origines du monde à l'avènement du Messie, il y a eu des révélations partielles, successives, de plus en plus développées; car Dieu n'a jamais laissé l'humanité sans lui communiquer, selon les desseins de sa providence, les vérités religieuses. Au sein même du paradis terrestre, Dieu instruisit notre premier père ; et quand Adam eût prévariqué, il lui parla encore pour lui faire entrevoir, 'dans un lointain mystérieux, le pardon, le rachat, le relèvement. Il déposa ainsi dans le cœur de l'homme un germe précieux de foi et d'espérance, qui devait se développer jusqu'à la plénitude des temps. Et de peur qu'au contact de l'idolâtrie, le souvenir n'en vînt à s'effacer ou à se corrompre, il eut soin de le raviver, de le rappeler, de l'accentuer en termes de moins en moins voilés, de plus en plus précis. Pour conserver toujours intact, toujours vivant, ce germe précieux, Dieu se choisit un peuple et, par une admirable progression, il multiplia en sa faveur, dans la suite des temps, les oracles, les prophéties, les prodiges. Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, les juges, les prophètes, furent tour à tour ses porte-paroles et concentrèrent de plus en plus les rayons lumineux sur le personnage promis, qui devait un jour réaliser les promesses divines, en devenant la lumière,

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la voie, la vérité, la vie, le centre du monde moral et religieux. Et pour que cet enseignement précieux et salutaire fût connu par d'autres que par les Juifs, Dieu prit soin de mettre son peuple choisi en contact avec tous les peuples de l'antiquité, dans une série d'événements extraordinaires, qui devaient faciliter la diffusion et la connaissance des promesses divines.

Mais, comme le fait observer avec juste raison saint Paul, Dieu, après avoir parlé si souvent et de tant de manières par ses prophètes, parla enfin par son Fils, le Verbe fait chair, venu non pour détruire la loi, mais pour l'accomplir, non pour être lui aussi un intermédiaire passager entre son Père et nous, mais pour clore la série des révélations que Dieu jugeait à propos de nous faire et pour communiquer définitivement à l'humanité, par l'Eglise, la somme des vérités nécessaires au salut.

Or, cette somme de vérités, Notre-Seigneur ne l'a pas notifiée lui-même dans son intégralité à ses apôtres ; c'est un soin qui était réservé au Saint- Esprit. S'adressant aux douze, Jésus disait : « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter à présent. Quand le Consolateur, l'Esprit de vérité, sera venu, il vous guidera dans toute la vérité (i). Il vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit (2). )) Au Saint-Esprit donc le rôle de rappeler aux apôtres tout l'enseignement de Jésus-Christ et de le parachever.

C'est pourquoi les apôtres, dépositaires officiels de cette révélation, cette fois complète et définitive, conscients de leur rôle de témoins, disent à leurs disciples: a Restez fidèles à ce que vous avez ap-

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