‹ Le catéchisme romain (volume 2)Chapitre 78 sur 179 · L'ENSEIGNEMENT DU CONCILE DU VATICAN · texte numérisé non relu

L'ENSEIGNEMENT DU CONCILE DU VATICAN

« La seconde partie du même paragraphe présente la véritable définition de la foi considérée en elle-même, et appuie cette définition sur l'autorité de saint Paul aux Hébreux. Comme nous le savons tous, la nature propre de la foi vient de son motif ou objet formel, qui est l'autorité de Dieu qui nous parle, motif qui distingue essentiellement la foi de la science naturelle. Cette définition de la foi écarte donc l'erreur capitale des rationalistes, qui rejettent la foi proprement dite, alors même qu'ils parlent de lafoi. Ils rejettent, en effet, entièrement le motif de la foi considérée en elle-même, ils suppriment l'autorité de Dieu qui révèle, et, s'ils parlent de foi religieuse, ils appellent foi une persuation née de la science naturelle ou de l'évidence intrinsèque de la vérité. Ils suppriment donc en réalité la foi proprement dite, en supprimant le motif ou l'objet formel de la foi. Cette foi proprement dite, qui s'appuie sur l'autorité de Dieu, étant rejetée par les rationalistes comme contraire à la raison, le paragraphe second enseigne que c'est à bon droit et conformément à la raison que l'on croit à la parole de Dieu, parce que celle-ci est prouvée par des signes évidents de crédibilité.

« Le second paragraphe enseigne donc que c'est conformément à la raison que l'on croit à la parole divine qui se présente avec des signes évidents de sa révélation. Ce second paragraphe écarte par conséquent une double erreur, d'une part l'erreur des rationalistes, d'autre part l'erreur de ce faux piétisme, qui en appelle exclusivement à l'expérience interne, au témoignage intérieur du Saint-Esprit, ou à la certitude immédiate. Bien que les motifs de crédibilité soient évidents par eux-mêmes et que l'assentiment de la foi soit tout à fait conforme à la raison, la foi n'en est pas moins inspirée par la

volonté, et elle demeure toujours un acte libre; de telle sorte qu'il faut pour la foi une grâce prévenante et adjuvante, et que la foi considérée en elle-même €st un don de Dieu : déclaration qui écarte une erreur d'Hermès, sur laquelle je reviendrai plus tard.

« La nature et la vraie notion de la foi étant déterminées, le paragraphe quatrième fait connaître $ objet matériel de la foi, en déclarant qu'on doit croire tout ce que Dieu a révélé et que l'Eglise nous propose de croire ; car le motif de la foi, c'est-à-dire l'autorité de Dieu qui révèle, et notre obligation de croire s'étendent à toutes les vérités dont le magistère de l'Eglise nous manifeste clairement la révélation. Cet enseignement exclut l'erreur qui restreint l'objet de la foi aux seuls articles qui sont formellement définis, et tend à réduire en quelque sorte au minimum la somme des vérités à croire.

« Après l'explication de la nature de la foi et la détermination de son objet tant formel que matériel, vient, au paragraphe cinquième, la doctrine de la nécessité de la foi et de Y obligation pour V homme de £ embrasser et d'y persévérer. Dans la seconde partie de ce cinquième paragraphe, on explique comment Dieu nous aide à remplir ce devoir de la foi par l'Eglise qu'il a instituée ; car cette Eglise est comme une révélation concrète et divine, qui nous présente les motifs de crédibilité avec les vérités à croire.

« Suivant le sixième paragraphe, à cette grande manifestation de la révélation se joint le secours do la grâce intérieure, qui excite les incrédules à croire et confirme les croyants dans la foi. Cet enseignement écarte une erreur capitale qui est très répandue ; c'est l'erreur qui attribue aux fidèles le droit de mettre la foi en doute et de suspendre leur assentiment jusqu'à ce qu'ils se soient formé une persuasion scientifique de la vérité delà foi...

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« Les canons appliquent expressément aux erreurs de notre temps la doctrine exposée dans le chapitre. Or, la première et la principale de ces erreurs consiste à dire que la raison humaine est autonome et qu'elle se suffit pleinement. C'est contre cette erreur qu'est dirigé le premier canon.

« Une autre erreur qui dérive de la première consiste à n'admettre pour vrai que ce que la raison tire d'elle-même. Le second canon est dirigé contre cette erreur ; car il distingue entre la foi et la science humaine, et il statue que l'objet formel ou motif de la foi est l'autorité de Dieu qui révèle.

« Une autre erreur consiste à désespérer de la raison, à ne lui attribuer aucune valeur, et à tout ramener à une sentimentalité vague. C'est contre cette erreur qu'est dirigé le troisième canon qui défend les droits de la raison dans la foi elle-même.

« La quatrième erreur nie la possibilité de démontrer le fait de la révélation, ou les miracles ; elle rejette donc la possibilité des miracles. Le quatrième canon est dirigé contre cette erreur.

« Le cinquième canon revendique la liberté de la /bî, et cela contre Hermès, dont on rejette une double erreur : la première c'était que la foi est produite par une démonstration scientifique et par des arguments qui nécessitent l'assentiment, de telle sorte que l'acte de foi ne serait pas libre, mais nécessaire. De cette erreur découlait la suivante, c'est que la grâce intérieure de Dieu n'est pas requise pour la foi considérée en elle-même ; car si la foi n'est pas un acte libre, mais nécessaire, il s'ensuit que la foi se produit sans le secours de la grâce divine. Cette double erreur d'Hermès est condamnée par le cinquième canon, qui affirme d'abord la liberté de la foi et ensuite la nécessité de la grâce pour la foi.

a Enfin le sixième canon écarte une autre erreur

du même Hermès, qui voulait que toute recherche théologique commençât par un doute, et même par un doute positif qui suspend véritablement l'adhésion à la religion et à la foi chrétiennes. Une erreur si énorme et si dangereuse devait être condamnée, et elle Test par le sixième canon (i). »

Il était difficile d'offrir un commentaire plus lumineux et plus autorisé du troisième chapitre de la constitution Dei Filius, et des canons qui s'y rapportent. On comprendra par là plus aisément le texte même du concile que nous allons transcrire.

i. « Puisque l'homme dépend tout entier de Dieu, comme de son créateur et seigneur, et que la raison créée est complètement subordonnée à la Vérité incréée, lorsque Dieu révèle, nous sommes tenus de lui soumettre pleinement notre intelligence et notre volonté par la foi. Or, cette foi, qui est le commencement du salut de l'homme, l'Eglise catholique professe que c'est une vertu surnaturelle, par laquelle, prévenus et aidés de la grâce de Dieu, nous croyons vraies les choses qu'il a révélées, non pas à cause de leur vérité intrinsèque perçue à la lumière naturelle de la raison, mais à cause de l'autorité de Dieu même qui révèle et qui ne saurait ni être trompé ni tromper. La foi est, en effet, au témoignage de l'apôtre, « la substance de ce que nous espérons et la conviction de ce que nous ne voyons pas (2). »

2. « Néanmoins, afin que l'hommage de notre foi fût d'accord avec la raison, aux secours intérieurs du Saint-Esprit Dieu a voulu joindre des preuves extérieures de sa révélation, savoir des faits divins et surtout des miracles et des prophéties, qui, en

1 . Voir le Document xx reproduit in extenso par Vacant, La conslitution Dei Filius, t. 11, p. 370-396. — 2. Hebr., xi, 1.

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