Matth., xiv, 3i. — 2. Matth.y xv, 28. — 3. Luc, rvu
— 4- Jac., 11, 17. — 5. Gai., v, 6.
croit qui est tellement persuadé d'une chose qu'il la tient pour absolument certaine sans la moindre hésitation.
5. « Et qu'on ne s'imagine pas que les connaissances de la foi soient moins certaines, parce que nous ne voyons pas les choses qu'elle nous propose de croire. Si la lumière divine, qui nous les fait connaître, n'en donne pas l'évidence, elle ne nous permet cependant pas d'en douter ; car le même Dieu qui a fait sortir la lumière des ténèbres (i), a fait briller sa lumière dans nos cœurs (2), afin que l'Evangile ne fût point caché pour nous comme pour ceux qui périssent (3).
6. « 11 suit de là que celui qui possède cette connaissance céleste de la foi n'a plus besoin d'aucune recherche curieuse. Car lorsque Dieu nous a commandé de croire, il ne nous a pas proposé de scruter ses jugements, ni d'en rechercher les raisons et les motifs ; mais il a voulu que notre foi fût immuable et que notre esprit se reposât entièrement dans la connaissance qu'elle lui donne ide la vérité éternelle. En effet, dit l'apôtre, Dieu est véritable et tout homme est menteur (4). Si donc on ne peut, sans arrogance et sans témérité, non seulement repousser ce qu'un homme sage et prudent affirme être vrai, mais encore lui demander de prouver par des raisons ou par des témoins les choses qu'il avance, quelle ne sera pas la témérité ou plutôt la folie de celui qui, entendant la voix de Dieu même, cherche encore des raisons pour croire la céleste doctrine du salut ?
« Il faut donc croire, non seulement sans aucun doute, mais encore sans rechercher aucune démonstration.
1. 11, Cor., iv, 6. — a. 11 Cor., iv, 6. — 3. u Cor., iv, 3. — 4. Rom., ni, 4*
l'enseignement du catéchisme romain 25o>
7. « Le pasteur enseignera ensuite que celui qui dit : je crois, exprimant par ces mots l'assentiment intime de son esprit, qui est l'acte intérieur de la foi, est obligé de professer hautement et de manifester avec joie devant tout le monde la foi qu'il a dans le cœur. Tous les fidèles doivent être animés de cet esprit qui a fail dire au prophète : « J'ai cru, et c'est pourquoi j'ai parlé (1). » Tous doivent imiter les apôtres, lorsqu'ils répondaient aux princes du peuple : « Sur des choses que nous avons vues et entendues, nous ne pouvons point garder le silence (2). » Tous doivent s'encourager par ces paroles de saint Paul : « Je ne rougis pas de l'Evangile, car c'est une force de salut pour tout homme qui croit (3) ; » soit par celles-ci : « C'est en croyant de cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de bouche qu'on parvient an salut (4). »
Cet enseignement du Cathéchisme romain reste précieux ; mais, en face des besoins de l'heure présente, ou plutôt à cause des prétentions soulevées par le rationalisme, des questions et des problèmes agités en sens divers, il est notoirement insuffisant. C'est pourquoi les Pères du concile du Vatican ont tenu, en le complétant, à préciser ls* nature de la foi, à indiquer les motifs de crédibilité, à déterminer le caractère surnaturel et la liberté de foi. à définir la nature et le caractère des vérités de la foi catholique, à marquer la nécessité et la discernibilité de la foi véritable et à condamner les principales erreurs sur tous ces points délicats. Ils l'ont fait avec un à propos, une mesure et une concision des plus remarquables.
1. Ps. cxv, 1. — 2. Act.t iv, 20. — 3. Rom., 1, 16. — k.Rom.,. x, 10; Catech> rom., Praef. 26; P. I, ch. i-v.
IL L'enseignement du Concile du Vatican
Avant de rapporter, sur la question de la Foi, le texte môme du concile du Vatican, il convient do citer les paroles du rapporteur de la foi, Mgr Martin, évêque de Paderborn. Rien de mieux, en effet, pour connaître la pensée, le but, les matières traitées par le concile. On saisit aussitôt le lien intime qui unit les diverses parties et les divers paragraphes de ce chapitre si substantiel dans sa brièveté.
« La Députation de la foi s'est proposée, dit le Rapporteur, d'exposer dans ce troisième chapitre la doctrine catholique sur la foi ; non pas, il faut le bien remarquer, cette doctrine complète et tout entière, comme il faudrait le faire dans un traité de la foi, mais cette doctrine réduite aux points que contredisent les erreurs modernes...
« Voici le canevas de tout le chapitre et l'enchaînement logique de ses propositions.
« La première partie du premier paragraphe relie ce chapitre au chapitre précédent qui traitait de la révélation ; car cette partie affirme qu'à la révélation qui vient de Dieu doit répondre la foi qui vient de l'homme. Notre intention n'était donc point d'expliquer dans cette première partie du chapitre tous les motifs de la foi ; il nous suffisait d'y indiquer la racine ou la raison fondamentale de l'obligation de croire à Dieu qui révèle. Nous avons placé cette racine, ou raison fondamentale, en ce que Dieu est notre premier auteur, notre créateur, le suprême seigneur de qui nous dépendons en entier avec toutes nos forces. Tel est l'objet de la première partie de ce premier paragraphe.