XIV ENCYCLIQUE « ACERBO NIMIS
rempli qu'avec trop de négligence, ou est omis tout à fait. C'est à tort, en effet, qu'on voudrait dire, pour s'excuser, que la foi nous est donnée à titre gratuit et que chacun la reçoit dans le saint baptême. Sans doute, quiconque est baptisé dans le Christ se trouve enrichi de la foi à l'état latent ; mais cette semence divine ne lève pas et ne produit pas de grands rameaux (Marc, iv, 32) si elle est abandonnée à elle-même et à sa vertu native. Il y a dans l'homme, dès sa naissance, une faculté de comprendre ; cette faculté a toutefois besoin de la parole maternelle, sous l'excitation de laquelle elle puisse, comme on dit, passer en acte. C'est justement ce qui arrive à l'homme chrétien qui, renaissant par l'eau et l'Esprit-Saint, apporte avec lui la foi en germe. Il a cependant besoin de l'enseignement de l'Eglise, afin que cette foi puisse se nourrir, se développer et porter du fruit. C'est pourquoi PApôtre écrivait : « La foi vient de Taudition et V audition a lieu par la parole du Christ » (Rom., x, 17). Pour montrer la nécessité de l'enseignement, il ajoute : « Comment entendront-ils, si nul ne leur parle ? » (Ib., 14).
« Si, par ce qui a été exposé jusqu'ici, on peut voir quelle est l'importance de l'instruction religieuse du peuple, Nous devons faire tout notre possible pour que l'enseignement de la doctrine sacrée, l'institution la plus utile pour la gloire de Dieu et le salut des âmes (Constit. Etsi minime i3), pour Nous servir des paroles de Notre prédécesseur Benoît XIV, soit toujours florissante, ou, si on la néglige quelque part, y soit restaurée. Voulant donc, Vénérables Frères, satisfaire à ce très
SUR l'enseignement de la doctrine CHRÉTIENNE XV
grave devoir de l'apostolat suprême et faire régner partout, en une matière si importante, une même et pareille façon d'agir, Nous établissons de Notre autorité suprême, et pour tous les diocèses, les prescriptions suivantes, qui devront être étroitement exécutées et observées.
VIII. Prescriptions. — I. — « Tous les curés, et généralement tous ceux qui ont charge d'âmes, feront le catéchisme, tous les jours de dimanche et de fête de l'année, sans en excepter un seul, pendant une heure entière, aux enfants des deux sexes, sur les choses que chacun doit croire et faire pour se sauver.
; II. — « Ils devront aussi, par une retraite continue de plusieurs jours, les préparer, à des époques déterminées de l'année, à la réception des sacrements de Pénitence et de Confirmation.
III. — « De même, et avec un zèle tout spécial tous les jours de carême et, s'il le faut, après les fêtes de Pâques, ils prépareront les jeunes gens et ks jeunes filles pour qu'ils fassent saintement leur Première Communion.
IV. — « Dans toutes les paroisses, on établira canomquement une Association de la Doctrine chrétienne où les curés trouveront, là surtout où
e nombre des prêtres est faible, des auxiliaires laïques qui s'adonneront à ce ministère, tant par zèle pour la gloire de Dieu que pour gagner les indulgences attachées par le Souverain Pontife à cet acte de charité.
V. — « Dans les grandes villes, surtout en celles pu il y a des universités, lycées, collèges, on éta- .