III. Entre la raison et la foi pas d'opposition possible
Le concile du Vatican traite trois questions très importantes : d'abord il affirme et démontre L'impossibilité d'une opposition entre la science et la foi ; ensuite il proclame les droits de l'Eglise vis-à-vis de la fausse science ; enfin il rappelle aux chrétiens les devoirs qui lui incombent en vertu de ces principes. « Bien que la foi, dit-il, soit au-dessus de la raison, il ne saurait pourtant y. avoir jamais de véritable désaccord entre la foi et la raison, attendu que le Dieu qui révèle les mystères et répand la foi en nous, est le même qui a mis la raison dans l'esprit de l'homme, et qu'il est impossible que Dieu se renie lui-même ou qu'une vérité soit jamais contraire à une autre vérité. L'apparence imaginaire d'une contradiction semblable vient surtout, ou bien de ce que les dogmes de la foi n'ont pas été compris et exposés conformément à la pensée de l'Eglise, ou bien de ce que des opinions fausses sont prises pour des conclusions de la raison. Nous déclarons donc que toute assertion contraire à une
vérité crue par une foi éclairée, est absolument fausse. » Voilà pour la première question.
« Or l'Eglise, continue le concile, qui a reçu, avec la charge apostolique d'enseigner, le commandement de garder le dépôt de la foi, tient aussi de Dieu le droit et le devoir de proscrire la fausse science, afin que nul ne soit trompé par la philosophie et la vaine sophistique. » Voilà pour la seconde question.
« C'est pourquoi tous les chrétiens fidèles ne sont pas seulement tenus de s'abstenir de défendre comme des conclusions légitimes de la science, ces opinions qu'on sait contraires à la doctrine de la foi, surtout lorsqu'elles ont été réprouvées par l'Eglise, ils sont encore absolument obligés de les regarder comme des erreurs qui se couvrent de l'apparence trompeuse de la vérité. » Voilà pour la troisième question.
Suit le canon 2 : « Anathème à qui dirait que les enseignements humains doivent être donnés avec une telle liberté, que leurs assertions pourraient être maintenues pour vraies et ne sauraient être proscrites par l'Eglise, alors même qu'elles iraient contre la doctrine révélée (i). »