Const. Dei Filius, c. iv, S
contradiction avec la vérité révélée. Le cinquième concile de Latran condamna une prétention si erronée : « Gomme le vrai, dit-il, ne contredit en rien le vrai, nous définissons que toute assertion contraire à une vérité attestée par une foi éclairée, est absolument fausse (i). »
Au xixe siècle, les rationalistes ont exalté outre mesure le pouvoir de la raison jusqu'à rejeter la révélation et la foi ; les fidéistes, au contraire, ont exalté la foi au détriment de la raison. Les uns et les autres péchaient par excès. Pie IX parlait ainsi des premiers : « Par un renversement fallacieux de la logique, ils ne cessent d'en appeler à la force et à l'excellence de la raison humaine, l'exaltent contre la sainte foi du Christ et débitent audacieusement que cette foi est contraire à la raison humaine. On ne saurait à coup sûr rien imaginer ni supposer de plus insensé, de plus impie et de plus contraire à la raison que cette assertion ; car, quoique la foi soit au-dessus de la raison, il ne peut jamais exister entre elles aucune contradiction (2). » Les fidéistes de leur côté, furent également rappelés à la vérité et à l'orthodoxie. Mais, d'autre part, sous l'influence de quelques professeurs d'Allemagne, on en était venu à soutenir que la raison peut démontrer les mystères de la foi et les expliquer beaucoup mieux que l'Eglise.
Or, c'est contre les rationalistes, qui rejettent la certitude de la révélation, et contre les fidéistes, qui rejettent la certitude de la raison, et aussi contre les semi-rationalistes, qui prétendent qu'une vérité de raison peut se trouver en opposition avec une vérité révélée, que le concile du Vatican affirme l'impossibilité d'un désaccord entre la foi et la raison.