Dcnzinger, n. 621. — 2. Dcnzingcr, n
2° Il va plus loin : Il démontre l'impossibilié d'un désaccord quelconque et en donne deux raisons. Déjà Pie IX avait dit : « Il ne peutjamais exister entre elles (la raison et la foi) aucune contradiction, puisque toutes deux viennent d'une seule et même source de l'immuable et éternelle vérité, de Dieu très bon et très grand (i). » Et le cinquième concile de Latran avait dit que « le vrai ne saurait contredire en rien le vrai. » Ces deux raisons, le concile du Vatican les joint ensemble. La foi, vertu surnaturelle, et la raison, don naturel, viennent également de Dieu. L'objet de la foi est la vérité révélée, l'objet de la raison la vérité naturelle. De vérité à vérité pas d'opposition possible ; cela répugne à la notion même de vérité ; cela répugne aussi à la source de toute vérité, Dieu. Dieu se contredirait, a se renierait lui-même, » si le mensonge pouvait se glisser dans ses œuvres, si les lumières de la foi se trouvaient en opposition avec les lumières de la raison. Il n'y a point de relativité dans la vérité : la vérité est absolument ce qu'elle est et ne peut pas être autre chose ; le vrai ne peut pas s'opposer au vrai. Tel est l'enseignement dogmatique.
3° Gela est vrai en droit ; est-ce également vrai en fait? Et n'y a t-il pas de véritables oppositions ou contradictions entre l'enseignement révélé et les données rationnelles ? Non, répond le concile ; ce qu'il y a parfois ce sont des apparences de contradiction, purement imaginaires, qui proviennent, ou de ce que les dogmes ne sont pas compris et exposés conformément à la pensée de l'Eglise et à l'enseignement traditionnel, ou de ce que des opinions fausses sont prises pour des conclusions certaines de la raison. Le cas n'est nullement chimérique, car
i. Denzinger,n. 1496.
trop souvent on prête à la doctrine catholique un enseignement qui n'est pas le sien, et plus souvent encore on se hâte de prendre pour des résultats définitivement acquis à la science ce qui n'est qu'une hypothèse plus ou moins séduisante, plus ou moins vraisemblable ; de là de regrettables conflits, mais qui n'ont pas de raison d'être. Une conclusion certaine, scientifiquement vraie, est chose réelle, mais assez rare ; seule, la témérité de l'esprit va jusqu'à regarder comme une certitude scientifique des hypothèses en vogue qui, dépourvues d'une autorité suffisante, ne sauraient entrer en ligne de compte avec des données positives* Opposer ces hypothèses aux vérités de la foi, c'est créer des contradictions apparentes dont la science ne saurait être rendue responsable. Et du moment qu'elles heurtent réellement l'enseignement révélé, l'Eglise déclare qu'elles ne peuvent être qu'une opinion fausse. En a-t-elle le droit ? Et son intervention, en pareil cas, ne constitue-t-elle pas une intrusion abusive dans un domaine qui n'est pas le sien ? C'est la seconde question que tranche le concile du Vatican.