‹ Le catéchisme romainChapitre 106 sur 230 · I Cor · texte numérisé non relu

I Cor

LB CATÉCHISME. — T. II. ar

mourut véritablement et qu'il fut enseveli. Et ce n'est pas sans raison qu'on a fait de cette vérité, un article de foi séparé ; car il s'est trouvé des bommes qui ont nié qu'il fût mort en croix, et c'est pour repousser leur erreur que les apôtres ont établi ce point de doctrine, dont il est d'ailleurs impossible de douter, puisque tous les Evangélistes s'accordent à dire que Jésus rendit l'esprit. D'un autre côté, la mort de l'homme consiste dans la séparation du corps et de l'âme ; or, Jésus-Christ étant vraiment et parfaitement homme, il pouvait par là même mourir véritablement.

« Ainsi, en disant qu'il est mort, nous entendons que son âme a été séparée de son corps ; ce n'est pourtant pas à dire que sa divinité en ait été aussi séparée ; car nous croyons et nous confessons avec toute certitude que, l'âme ayant été séparée du corps, la divinité demeure unie et au corps dans le sépulcre, et à l'âme dans les enfers. Or, il convenait que le Fils de Dieu mourût, afin de briser par sa mort la puissance de celui qui a l'empire de la mort, c'est-à-dire du diable, et de délivrer ceux que la crainte de la mort retenait toute leur vie assujettis à la servitude. »

2. La mort du Christ a été volontaire. — « Mais ce qu'il y a de propre à la mort de Jésus-Christ, c'est qu'il mourut lorsqu'il résolut lui-même de mourir, et que sa mort fut l'eflet de sa volonté bien plus que de la violence et de la force étrangères. Lui-même avait non seulement ordonné sa mort, mais encore réglé le temps et le lieu où il mourrait. Il a été immolé dit Isaïe parce qu'il l'a voulu. Et Notre Seigneur, avant sa passion, dit : « Je donne ma vie pour la reprendre. Personne ne me la ravit, mais je la donne de moi-même ; j'ai le pouvoir de la donner et le pouvoir de la reprendre (i). » Pour ce qui est du temps et du lieu de sa mort, voici ce qu'il en dit, lorsque Hérode cherchait à le faire périr ; « Dites à ce renard : Je chasse les démons et guéris les malades aujourd'hui et demain, et le troisième jour j'aurai fini. Seulement, il faut que je poursuive ma route aujourd'hui, et demain, et le jour suivant; car il ne

i. Joan., x, 17-18,

convient pas qu'un prophète meure hors de Jérusalem (i). )> Ce ne fut donc ni malgré lui, ni par contrainte, mais de> plein gré qu'il s'offrit et, qu'allant au-devant de ses ennemis, il leur dit : « C'est moi. » C'est très délibérément qu'il endura tous les tourments injustes et cruels dont ils l'accablèrent. »

3. L'immense amour du Christ. — « C'est là ce qui doit nous toucher davantage, lorsque nous considérons par la pensée tout ce qu'il a souffert pour nous. Si quelqu'un, à notre occasion, avait enduré toutes sortes de douleurs^, non par son choix, mais par nécessité et par contrainte,, nous pourrions peut-être ne pas regarder cela comme unv grand bienfait de sa part. Mais si c'était pour nous et à notre place qu'il eût enduré la mort, de lui-même, et libre d'ailleurs de s'y soustraire, s'il l'avait voulu, assurément ce bienfait serait si grand qu'il serait impossible au cœur le plus reconnaissant de ressentir et d'exprimer toute la gratitude dont il serait digne. D'où l'on peutconclure l'excellence de l'amour de Jésus-Christ à notre égard, et les droits infinis qu'il s'est acquis à notre reconnaissance. »

4. La Sépulture. — « Nous confessons ensuite qu'il & été enseveli, quoique ce ne soit pas là une vérité particulière qui offre de nouvelles difficultés après ce que nou& avons dit de sa mort. Dès que nous croyons, en effets que Jésus-Christ est mort, il n'est plus difficile de nous persuader qu'il a été enseveli. Mais ce qui a fait ajouter ces mots, c'est d'abord afin d'ôter tout prétexte de nier qu'il fût réellement mort, la sépulture du corps étant une des preuves les plus sensibles delà mort ; c'est, en second lieu, afin de faire éclater davantage le miracle de sa résurrection.

« Mais ce n'est pas seulement le corps de Jésus-Christ que nous croyons avoir été enseveli, c'est un Dieu dont cet article nous propose de croire la sépulture, commis nous croyons certainement, d'après la règle de foi catholique, qu'un Dieu est mort et qu'il est né d'une Vierge. Puisque, en effet, la divinité n'a pas été séparée du corps

Page 1