‹ Le catéchisme romainChapitre 124 sur 230 · I. Descente aux Enfers · texte numérisé non relu

I. Descente aux Enfers

Que Jésus soit descendu aux enfers, après sa mort et avant sa résurrection, c'est une croyance qui date de la primitive Eglise (i). Le fait de cette descente mystérieuse n'a jamais été

i. BIBLIOGRAPHIE : Saint Cyrille de Jérusalem, CaL xm et xiv ; Patr. gr., t. xxxiii, col. 769-865 ; saint Thomas, Sum. theol., III, Q lii-lvi ; Vallon, De la croyance due aux Evangiles, a9 édit., Paris, 1866 ;J. Turmel, La descente du Christ aux Enfers, Paris, igo5 ; V. Rose, Etudes sur les Evangiles, a* édit., Paris, 190a, lô chapitre : Le tombeau vide.

LA DESCEINTE AUX ENFERS 38j

révoqué en doute parmi les fidèles. Il y est fait allusion dès le 11e siècle. Saint Ignace d'Antioche dit notamment que Jésus est allé ressusciter les prophètes (i). Et saint Augustin a pu écrire à Evode em toute vérité qu'il n'y a que les infidèles qui puissent, nier un tel fait (2).

Cet article de foi ne se trouvait pas consigné dans le Symbole des Apôtres, pas plus qu'il ne le fut dans celui de Nicée et de Gonstantinople. Ce sont deux professions de foi d'origine arienne qui la mentionnent pour la première fois, au ive siècle ; et c'est Rufin qui le signale, parmi les catholiques» comme appartenant au symbole d'Aquilée. « Remarquons, dit-il, que le descendit ad inferna ne se trouve ni dans le symbole de l'Eglise romaine ni dans celui des Eglises d'Orient (3). »

C'est de ce symbole d'Aquilée, mais à une date impossible à fixer, que l'article de la descente aux enfers passa dans le symbole de saint Athanase et dans celui des Apôtres. Par la suite, on le retrouve dans le Missale gallicanum vêtus (4) et dans le Missel de Bobbio (5). Très vraisemblablement, après les réformes du temps de Charlemagne, sa mention devint permanente et uniforme. En tout cas, au commencement du xiue siècle, le ive concile de Latran (i2i5) a inséré dans sa profession de foi les mots suivants : « Le Fils de Dieu, Jésus-Christ... a souffert pour le salut du genre humain. 77 est descendu aux enfers, est ressuscité des morts, est monté aux cieux. Mais il est descendu selon son âme, il est ressuscité selon la chair, et est monté aux cieux. avec Tune et avec l'autre (6). » La descente de Jésus»

1. Magn., ix, 2; Funk, Op. Pair, apost., Tubingue, 1881,. p. 198. — a. Epist., clxiv, 3; Patr. lat.% xxxui, col. 710. — 5. In Sym.> 18 ; Patr. lat., t. xxi, col. 356. — !\. Pair. lat.9 1. jAxn, col. 349. — 5. Ibid., col. 58o. — 6. Denzinger, n. 356.

aux enfers appartient donc à la foi catholique. Sur quels textes scripturaires s'appuyaient les Pères pour justifier ce dogme, et comment l'expliquaientils? C'est ce que nous allons brièvement rappeler.

1° D'après les Pères

i° La preuve scripturaire. — Quatre textes, deux de l'Ancien Testament et deux du Nouveau, parurent pleinement justifier la descente du Sauveur aux enfers.

On lisait, dans les Psaumes, les paroles suivantes, utilisées par saint Pierre :

' « Tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts ; j Tu ne permettras pas que celui qui t'aime voie la corruption (i). »

Saint Augustin écrivait à Evode : « Que le Seigneur soit descendu aux enfers après sa mort, cela résulte de ce passage prophétique : « Quoniam non derelinques animam meam in injerno. » Prétendre le contraire serait aller contre l'emploi qu'en fait saint Pierre dans les Actes des Apôtres... Qui donc, si ce n'est un infidèle refusera de croire que le Christ est descendu aux enfers (2). »

On lisait aussi dans le prophète Osée : « Ero mors tua, 0 mors; morsus tuus ero, inferne (3). » Saint Grégoire le Grand voit l'accomplissement de cette prophétie dans la descente du Sauveur aux enfers. « Le Seigneur, dit-il, a arraché à l'enfer tous ceux qu'il a reconnus pour siens. Et cela, conformément à la parole d'Osée : « 0 mort, je serai ta mort, je serai ta morsure, ô enfer. » Mort, je serai ta mort, parce que je te supprime dans mes élus; enfer, je

.. 1. Ps.f xv, 10. — 2. Epist., clxiv, 3 ; Patr. lat.t t. xxxm, col. 710. — 3. Os.f xiii, 14.

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