Sum. theol., III, Q. lu, a. 2, ad 4- — 2. Ibid., a
faisant parvenir à la gloire, et en les délivrant de la peine d'en être encore privés, bien que, dans cette douleur même, ils éprouvassent une. grande joie par l'espérance d'y arriver un jour (1).
7. La présence du Christ aux enfers n'a pu profiter qu'à ceux qui étaient unis à sa passion par la foi jointe à la charité, qui seule efface les péchés. Quant à ceux qui étaient dans Fenfer des damnés, ou bien ils n'avaient eu aucune foi dans le Christ, comme les infidèles, ou bien, s'ils avaient cru en lui, ils avaient manqué de la charité; ils n'avaient donc pu être purifiés de leurs péchés; la descente du Christ ne les a donc pas délivrés des peines qu'ils avaient mérité de souffrir (2).
8. Il faut en dire autant des enfants morts en état de péché originel. D'aucune manière ils n'avaient été tinis au Christ par la foi ou par la charité; faute de Fusage du libre arbitre, il n'avaient pas eu une foi personnelle ; et, faute de la foi de leurs parents ou de quelque sacrement de la foi, ils n'avaient pu être purifiés de leur péché d'origine. La descente du Christ n'a donc pu leur être d'aucune utilité (3).
9. Les paroles de saint Augustin à Evode ne peuvent point servir à prouver que le Sauveur ait délivré les âmes du purgatoire. La passion, lors de la descente aux enfers, n'a pas eu plus d'efficacité qu'elle n'en a aujourd'hui; c'est pourquoi ceux qui se trouvèrent alors dans l'état où sont ceux que la j ustice divine retient actuellement dans le purgatoire, n'ont pas été délivrés par le Christ, mais ceux-là seulement qui étaient déjà suffisamment purifiés ou qui avaient mérité pendant leur vie de voir finir à ce moment-là leur peine temporelle, car alors ils
1. Sum. Iheol., III, Q. lu, a. 5. — 2. Ibid,, a. 6. — 3. lbid.9 a. 7-
LA DESCENTE AUX ENFERS 3ûg
rentraient dans la condition des autres justes (i). Sur cette interprétation de saint Augustin, Bellarmin ne s'accorde pas avec saint Thomas ; Suarez, au contraire, regarde l'opinion de Bellarmin relative aux âmes du purgatoire comme peu vraisemblable, et rejette son hypothèse d'un séjour de l'âme du Christ chez les damnés comme peu probable (2). Quant à la question de savoir si Jésus n'avait pas pu délivrer de leurs tortures quelques damnés, le docteur espagnol se montre hésitant, à cause de l'opinion de certains Pères de l'Eglise, et ne conclut pas avec la fermeté de saint Thomas (3).
3° L'enseignement du Catéchisme
romain
C'est l'enseignement de l'Ange de l'Ecole que reproduit le Catéchisme romain ; il signale l'importance de cet article du symbole, indique ce qu'il faut entendre par les Enfers, quelle a été la nature
1. Sam. theol, III, Q. lu, a, 8. — 2. In. IIIam, Disp. xliv, sect. 4. — 3. Voici comment s'exprime Suarez, d'après M. Turmel : « On peut se demander si le Christ n'a pas, par un privilège spécial, arraché quelques damnés à la géhenne. Il peut sembler téméraire de se prononcer pour l'affirmative à cause de la loi générale promulguée par l'Ecriture. Cependant j'estime qu'une pareille assertion n'est ni hérétique ni erronée. La foi, en effet, ne nous défend pas de penser que la loi générale de la damnation comporte des dispenses et des privilèges. Et il est possible que saint Grégoire de Nazianze et saint Augustin aient cru à ces privilèges. Toutefois, le texte de saint Grégoire se propose plutôt de soulever une question que d'en donner la solution. Quant à saint Augustin, on peut supposer qu'il a eu en vue les âmes du purgatoire. Mais Clément d'Alexandrie s'est sûrement trompé ici. Il faudrait dire la même chose de saint Jean Damascène, n'était que le discours où il est censé enseigner la délivrance des damnés est apocryphe. » In IIIam, Disp. xliv, sect. 3.
4oO LE CATECHISME ROMAIN
de cette descente du Christ et quels en furent les fruits.
1. Importance de cet article. — « S'il importe beaucoup de connaître la gloire de la sépulture de Notre Seigneur, il importe plus encore de connaître l'éclatant triomphe remporté sur le démon vaincu et sur les enfers dépouillés. C'est ce qu'il s'agit maintenant d'expliquer en même temps que la résurrection; car, bien qu'on puisse traiter séparément ces deux questions, il convient cependant, selon l'usage et d'après l'autorité des Pères, de parler de la descente aux enfers avec la résurrection. »
2. Signification de la première partie de cet article. — « La première partie de cet article nous propose de croire que Jésus-Christ, étant mort, son âme descendit aux enfers et qu'elle y demeura aussi longtemps que son corps dans le tombeau. Nous devons donc croire que la même personne du Christ était en même temps dans les enfers et dans le tombeau. Et c'est ce qui ne doit pas étonner si l'on se rappelle ce qui a été dit tant de fois, à savoir que la divinité de Jésus n'a jamais été séparée ni de son âme ni de son corps, bien que, à ce moment-là, l'âme fût séparée du corps. »
3. Qu'entendre par les enfers ? — « Pour expliquer plus clairement cet article, le pasteur apprendra d'abord aux fidèles ce qu'il faut entendre par ce mot : Enfers. Il ne faut pas le prendre ici pour tombeau, comme quelques-uns l'ont pensé avec autant d'impiété que d'ignorance. Nous avons vu, en effet, dans l'article précédent, que Notre Seigneur a été enseveli. Or, les apôtres n'avaient aucune raison, en nous donnant la règle de foi, de répéter la même chose, surtout d'une manière plus obscure. Le nom à' Enfers signifie donc ici ces lieux cachés, où sont détenues les âmes, qui n'ont point encore obtenu la béatitude éternelle : c'est dans ce sens que les saintes Lettres l'emploient fréquemment. Nous lisons dans l'apôtre qu'au nom de Jésus tout genou fléchit, dans le ciel, sur la terre et dans les enfers] et, dans les Actes, saint Pierre