‹ Le catéchisme romainChapitre 135 sur 230 · Rom., vi, 8. — a. I Or., xv, i4i · texte numérisé non relu

Rom., vi, 8. — a. I Or., xv, i4i

tera le troisième jour (i). » Lorsque les juifs lui demandaient de prouver sa doctrine par quelque miracle, il répondait qu'aucun signe ne leur serait donné sauf celui du prophète Jonas, et que de même que Jonas avait été trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, ainsi le Fils de l'homme serait trois jours et trois nuits dans le sein de la terre (2). »

6. Nécessité de la résurrection. — « Il était nécessaire que Jésus ressuscitât pour manifester la justice de Dieu. Car il convenait que Dieu glorifiât celui qui, pour obéir à ses volontés, avait été couvert d'humiliation et d'ignominie. C'est l'enseignement de l'apôtre aux Philippiens : « 11 s'est abaissé lui-même, se faisant obéissant jusqu'à la mort, étala mort de la croix. C est pourquoi aussi Dieu Va souverainement élevé (3). »

(( C'était également nécessaire pour affermir encore la foi, sans laquelle la justification est impossible. Rien ne prouve mieux qu'il est le Fils de Dieu que sa résurrection par sa propre vertu. Jésus est ressuscité pour nourrir et soutenir notre espérance. Puisqu'il est ressuscité, nous avons tout lieu d'espérer avec certitude que nous ressusciterons nous-mêmes, les membres devant participer à la condition de leur chef. C'est la conséquence que tire l'apôtre en écrivant aux Corinthiens et aux ïhessaloniciens (4). C'est aussi ce que dit le prince des apôtres : « Béni soit Dieu, le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui selon sa grande miséricorde nous a régénérés par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts pour une vivante espérance, pour un héritage incorruptible (5). »

« La résurrection a été enfin nécessaire pour achever le mystère d<p notre salut et de notre rédemption. En mourant, Jésus nous avait délivrés de nos péchés ; mais, en ressuscitant, il nous a rendu tous les biens que le péché nous avait fait perdre. De là ce mot de l'apôtre : « Jésus- Christ a été livré pour nos offenses, et est ressuscité pour

1. Matth., xyi, 21 ; Luc, xvm, 3i, 33. — a. Maith., xn, 39. — 3. PhiL, 11, 8-9. — 4* I Cor.9 xv, 12 ; I Thcs., iv, i3. — 5. I Petr., 1, 3.

k^k LE CATÉCHISME ROMAIN

notre justification (i). » Pour que rien ne manquât au salut des hommes, il fallait donc qu'il ressuscitât, comme il avait fallu qu'il mourût. »

7! Fruits de la résurrection. — « Ce qui vient d'être dit montre les avantages que nous a procurés la résurrection. Dans ce mystère, nous reconnaissons un Dieu immortel, plein de gloire, vainqueur de la mort et du démon ; car nous ne pouvons douter que Jésus- Christ ne soit tout cela. Sa résurrection nous a mérité la nôtre, elle en est la cause efficiente et la cause exemplaire. Par un homme la mort, a dit l'apôtre, et par un homme la résurrection des morts (2). Car tout ce que Dieu a fait dans le mystère de notre rédemption, il l'a fait par le ministère et la médiation de l'humanité du Christ ; ainsi sa résurrection a été comme un instrument pour opérer la nôtre ; elle est notre modèle, parce qu'elle est la plus parfaite de toutes. De même que le corps du Christ, en ressuscitant, acquit une gloire immortelle, ainsi nos propres corps, auparavant faihles et mortels, obtiendront la gloire et l'immortalité, quand ils ressusciteront ; car, d'après l'apôtre, « nous attendons comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps si misérable, en le rendant semblable à son corps glorieux (3). »

« La même chose peut s'appliquer à l'âme, morte par le péché. La résurrection du Christ est le modèle de sa propre résurrection, d'après ces paroles : « Comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous aussi nous marchions dans une vie nouvelle. Si, en effet, nous avons été greffés sur lui, par la ressemblance de sa mort, nous le serons aussi par celle de sa résurrection... Le Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort n'a plus sur lui d'empire. Car sa mort fut une mort au péché une fois pour toutes, et sa vie est une vie pour Dieu. Ainsi vous-mêmes regardez-vous comme morts an péché et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ (4). »

(( Nous avons donc deux choses à faire pour imiter la résurrection de Jésus-Christ. D'abord, après nous être

1. Rom., iv, 25. — 2. I Cor. , xv, 21. — 3. PhiL, ni, 20-21. — 4- Rom., vi, 4-5, 9-1 1.

DOCTRINE CATHOLIQUE SUR LA RESURRECTION l\ 2 5

purifiés de nos péchés, nous devons embrasser un nouveau genre de vie, où brillent la pureté des rnœursr l'innocence, la sainteté, la modestie, la justice, la charité et l'humilité. Ensuite, il faut persévérer dans ce genre de vie, de manière à ne jamais nous écarter, avec la grâce de Dieu, de la voie de la justice.

« Ces paroles de l'apôtre démontrent non seulement que la résurrection de Jésus est le modèle de la nôtre, mais encore qu'elle nous donne la force de ressusciter, et qu'elle nous communique les lumières et les forces pour persévérer dans la sainteté, la justice et l'observation des commandements de Dieu. De même, en effet, que sa mort est le modèle de la mort au péché et qu'elle nous donne la force d'y mourir réellement, ainsi sa résurrection nous donne des forces pour acquérir la justice, pour servir Dieu dans le piété et la sainteté, et pour marcher dans la voie nouvelle à laquelle nous revenons. Voilà, en effet, ce qu'il a obtenu par sa résurrection, c'est que nous puissions ressusciter avec lui à une vie nouvelle, comme auparavant nous étions avec lui morts au péché et au monde. L'apôlre nous indique les principales marques de cette résurrection spirituelle : « Si donc vous êtes ressuscites avec le Christ, recherchez les choses d'en haut, oit le Christ demeure assis à la droite de Dieu (i). » C'est la marque, en effet, que celui-là est vraiment ressuscité avec le Christ, qui ne cherche la vie, les honneurs, le repos et les richesses que là où est le Christ. Et lorsqu'il ajoute : « Affectionnez-vous aux choses d'en haut, et non à celles de la terre (2), » il indique une autre marque pour reconnaitre si vraiment nous sommes ressuscites avec le Christ. De môme que le goût indique d'ordinaire si le corps est en bonne ou en mauvaise santé, de même c'est une grande preuve qu'un homme est ressuscité avec Jésus-Christ à une vie nouvelle et spirituelle, quand il aime tout ce qui est vrai, tout ce qui est honnête, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint, et qu'il goule avec joie, au fond du cœur, les choses du ciel (3). »

1. Col., ni, 1. — 2. Col., m, 2. — 3. Cal. rom., I, art, vy xii-xxv.

1. La descente aux enfers. — « L'âme du Christ n'est point condamnée à errer jusqu'au troisième jour qu'ont désigné les oracles. Le mouvement qui l'arrache à la croix le précipite aux lieux sombres où les âmes des justes, enchaînées par la seconde mort, attendaient leur délivrance. Qui dira la profonde joie de cette foule gémissante lorsque la bienheureuse âme du Christ leur apparut, inondée des splendeurs de la divinité, et s'écria : « Me voici! La paix soit avec vous! » Tous les patriarches, depuis le vieil Adam, père de la mort, jusqu'à l'humble Joseph, qui s'est endormi sur la poitrine du père de la vie ; tous les prophètes, depuis Moïse, le législateur de l'Ancien Testament, jusqu'à Siméon, qui a chanté l'adieu de la loi près du maître de la nouvelle alliance ; tous les martyrs, depuis le doux Abel jusqu'à l'austère Jeau-Baptiste ; tous ceux qui ont cru, espéré et aimé dans l'attente du libérateur, saluent sa présence par un puissant hosanna, et s'abandonnent avec ivresse au bonheur de le posséder. L'écho de leurs transports émeut les voûtes inexorables sous lesquelles les maudits se roulent dans les flammes éternelles, et l'enfer répond aux limbes par un immense cri de désespoir. Les justes sont consolés. » Monsabré, Conf. xlviii\

2. Le témoignage de saint Paul. — « Nous avons un témoin de la plus haute valeur et du plus grand caractère, saint Paul. Saint Paul, tel que nous le connaissons par ses épîtres, est bien l'homme dont 3a parole se psut le moins récuser. C'est un homme d'action et de discussion, procédant non par l'extase, mais par la logique ; l'esprit le plus judicieux, le plus ferme, le plus droit. Assurément nul n'est plus capable de témoigner de ce qu'il a vu et entendu. Et d'abord il a vu les premiers témoins de la foi : il a vu Pierre, il a vu Jacques et, par la suite, Jean et les autres apôtres. Non seulement il les a vus, mais il a conversé et discuté avec eux toutes les matières de la foi. Un jour même, sur une question de conduite, il a résisté à Pierre et l'a rangé de son avis ; et cet incident n'est pas sans valeur pour l'autorité de sa parole. On voit que non seulement il était plein de zèle

pour s'instruire, allant aux meilleures sources, mais que, fort de la mission qu'il avait reçue lui-même, il était incapable de rien recevoir aveuglément. Avec un pareil témoin, il n'y a point de malentendu à craindre. Or, dans les épîtres de saint Paul, on ne trouve pas seulement la doctrine évangélique, on retrouve les faits sur lesquels l'autorité de cette doctrine se fonde : Jésus fils de David et Fils de Dieu, conversant parmi les hommes, et, au moment de les quitter, leur laissant à toujours, par le plus grand des miracles, son corps rompu pour nous, son sang versé pour nous ; crucifié pour nos péchés, mort et mis au tombeau; mais aussi, le troisième jour, ressuscitant pour ne plus mourir; se faisant voir, après sa résurrection, à Pierre d'abord, puis aux onze apôtres, puis à plus de cinq cents frères, dont plusieurs étaient encore vivants, puis à Jacques et à tous les apôtres (et à Paul lui-même) ; enfin montant au ciel pour être assis à la droite de Dieu. Voilà ce que saint Paul atteste, non seulement d'après sa propre révélation, et cela suffit pour les fidèles, mais aussi d'après les apôtres qui l'ont vu et qu'il a lui-même entendus. Ce qu'il affirme vaut donc ce qu'affirmeraient ses devanciers dans l'apostolat. Mais quoi ? ce qu'il affirme, c'est ce qu'ils affirment eux-mêmes dans -celles de leurs épîtres qui ne sont contestées par personne. )) Vallon, De la croyance due à UEvangile, 2e édit., Paris, 1866, p. 82-84.

3. Ni mort apparente, ni enlèvement. — « Nous sommes en droit de demander à ceux qui nient le fait de la résurrection de sérieux efforts et de savantes recherches pour le réfuter. Eh bien ! le croiriez-vous ? L'incrédulité, dans ses critiques, n'est, nulle part, plus faible, plus piteuse, plus misérable qu'à l'encontre de ce miracle transcendant. Contre toutes les lois de la stratégie intellectuelle, la vivacité et la puissance de se$ attaques diminuent en proportion de l'importance du fait qu'il s'agit de démolir. Pas un seul argument historique, comme le remarque judicieusement un critique allemand, mais deux ou trois hypothèses puériles, que se passent, de siècle en siècle, les ennemis du christianisme, depuis

les vaines tentatives de Celse et de Porphyre. Pour les uns, la mort apparente du Christ, pour les autres, un enlèvement furtif. L'apologétique chrétienne avait beau jeu contre ces suppositions gratuites. Elle aurait pu se contenter de les mépriser ; mais, comprenant l'immense valeur du fait de la résurrection, dans l'ensemble des preuves qui établissent la divinité de Jésus-Christ, elle n'a rien négligé pour démontrer que la mort apparente et l'enlèvement furtif étaient les deux plus fortes sottises que pût imaginer l'esprit d'incrédulité, enquête d'objections. Elle a patiemment étudié la nature des supplices auxquels le Christ a été soumis, dans leurs rapports avec les résistances de la vie humaine ; elle a compté les coups, jaugé les plaies, recueilli tout le sang répandu ; elle a suivi toutes les phases de l'ensevelissement, elle a invoqué le témoignage des bourreaux eux-mêmes...; elle a interrogé le sommeil des gardes et relevé, dans la loi romaine, les pénalités auxquelles les exposait l'infidélité à leur devoir; elle amis en présence les passions humaines, pour savoir jusqu'à quel point des ravisseurs, qui commettaient un crime au profit d'une doctrine austère, pouvaient s'entendre entre eux et garder une discrétion qui ne s'est jamais démentie ; elle a audacieusement demandé aux juifs une enquête et un jugement sur ces trois crimes énormes : violation sacrilège de sépulture, bris du sceau de l'Etat, trahison de la consigne militaire, et, ne les ayant point obtenus, elle a décidé victorieusement qu'il fallait s'en tenir à l'explication si simple et si raisonnable de l'Evangile. » Monsabré, Conf. xlviii0.

4. Pas d'hallucination; transformation des apôtres. — a Abjects aux yeux du monde, ignorants, égoïstes, lâches et désespérés, voilà les apôtres en face du tombeau de l'homme étrange qui les a séduits. Cinquante jours après, ces mêmes hommes, debout et fiers sur les places de Jérusalem, tiennent suspendues à leurs lèvres les foules étonnées et ravies de les entendre citer et interpréter les Ecritures ; ces mêmes hommes s'oublient pour ne plus travailler qu'à la gloire de leur Maître; ces mêmes hommes demandent, avec autorité, la foi et les adorations

du peuple pour le crucifié, et les obtiennent par milliers ; ces mêmes hommes osent dire aux princes des prêtres, aux scribes et aux anciens du peuple : « Vous avez tué l'auteur de la vie ; » ces mêmes hommes se laissent battre de verges et s'en vont contents d'avoir souffert quelque chose pour le nom de Jésus ; ces mêmes hommes bravent les menaces de mort qui leur commandent le silence et parlent avec un indomptable courage ; ces mêmes hommes ouvrent leurs rangs et y reçoivent le grand Paul, le plus acharné des persécuteurs et, bientôt, le plus éloquent des convertisseurs ; ces mêmes hommes méprisent tous les biens de la terre et n'ont plus d'espérance que dans les cieux ; ces mêmes hommes se donnent le baiser de paix, et partent à la conquête de l'univers. La Grèce, l'Asie Mineure, la Scythie, la Perse, l'Inde, l'Egypte, la Gaule, l'Espagne, retentissent du bruit de leur grande voix ; Rome, centre du monde, voit dans son sein, s'établir, en maître suprême, l'ancien renégat. Enfin, ces mêmes hommes souffriront tous et mourront dans les supplices pour sceller de leur sang leur intrépide courage. Bref, les abjects sont transformés en pasteurs vénérés, les ignorants en maîtres pleins de science, les égoïstes se dévouent, les lâches et les désespérés sont devenus des héros et des saints. Que s'est-il donc passé?... La résurrection! 11 ne fallait rien moins que ce coup de soleil divin pour donner aux apôtres la science, le dévouement, l'audace, l'héroïsme, la merveilleuse puissance dont nous les voyons doués, pour expliquer la crainte et la vénération dont ils sont entourés, presque au lendemain de la catastrophe qui les avait anéantis. » r '.

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Articles VIe et VIP

Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts.

Leçon XXXIe Ascension

I. Jésus est monté aux cieux. — II. Il est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant. — III. D'où il viendra juger les vivants et les morts.

Encore ici, le Catéchisme romain résume exactement l'enseignement catholique, tel notamment qu'il a déjà été formulé, à la suite des Pères, par saint Thomas (i).

1. Selon son habitude, l'Ange de l'Ecole commence par établir la convenance de l'Ascension. La terre, dit-il, est le séjour des êtres corruptibles, tandis que le ciel est le séjour de l'incorruptibilité. Or,

1 . La question de l'Ascension sera traitée plus au long daf>a la dernière partie de cet ouvrage ; celle du jugement, soit particulier, soit général, trouvera naturellement la place au traité des lins dernières : c'est pourquoi nous nous bornerons ici à les rappeler et à transcrire simplement les passages du Catéchisme romain relatifs à ces deux articles.

l'ascension 43 1

le Christ, par sa résurrection, est entré dans la vie immortelle et incorruptible. Il convenait donc qu'il montât au ciel (i).

2. Il ne devait nullement en résulter pour lui, ni quant aux corps, ni quant à l'âme, un accroissement de gloire essentielle, mais simplement une gloire accidentelle. Il privait sans doute les fidèles du grand bienfait de sa présence visible, mais il devait leur être beaucoup plus utile pour entretenir leur foi, ranimer leur espérance et exciter leur charité ; car il va leur préparer une place, y plaider leur cause et leur envoyer le Paraclet. Jésus est au ciel : là où est la tête, là seront les membres ; là où est le trésor, là est aussi le cœur ; là où est le corps, là se rassembleront les aigles.

3. Le Christ est monté au ciel, non selon sa nature divine, puisque celle-ci ne Pavait jamais quitté, mais selon sa nature humaine, c'est-à-dire en tant qu'homme. Il y est monté par sa propre puissance ; par sa puissance divine d'abord, et aussi par la puissance de son âme glorifiée, qui meut à son gré le corps qu'elle anime (2). Dans le ciel, il occupe une place à part, au-dessus de toutes les créatures, même des créatures angéliques ; car si, par sa nature, son corps leur est inférieur, il lçs dépasse à cause de l'union hyposta tique.

4. L'ascension de Notre Seigneur est une cause de salut pour nous, non une cause méritoire, mais une cause efficiente ; par elle, il a imprimé à nos âjnes un élan vers le ciel et nous a ouvert la voie qui doit nous y conduire. Il est la tête du corps mystique de l'Eglise; nous en sommes les membres ; les membres rejoindront la tête.

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